Miary Zo - Elle est là, mais…
20 janvier 2026 // Media & Add-0n // 1685 vues // Nc : 192

Tekken aime se présenter comme une saga mondiale : Russes, Brésiliens, Chinois… et maintenant Malgaches. Sur la jaquette, la diversité est là. Mais dès qu’on regarde les personnages en détail, une question revient. Est-ce qu’on représente vraiment des gens, ou juste des clichés avec un drapeau collé dessus ? Avant de lever les torches, on prend ici l’exemple de Tekken, mais la critique pourrait être appliquée à nombre de jeux, comics, films et tout ce que vous voulez. Pour rappel, un personnage français du manga Prince of Tennis est un prince qui s’appelle Prince. Donc, “Prince Prince”…

Diversité carte postale
Prenez Victor Chevalier, nouveau Français de Tekken 8. Amiral légendaire, costume taillé sur mesure, accent chic, Tour Eiffel en fond, katana high-tech et nom qui semble généré par une IA avec un prompt du genre “Donne un nom qui fasse French knight”. Il est stylé, oui. Mais qu’a-t-il de vraiment français, au-delà de l’esthétique carte postale ? On pourrait presque lui changer le passeport sans que personne ne s’en rende compte. C’est tout le paradoxe de Tekken, à savoir une galerie de nations, mais souvent des identités réduites à quelques symboles faciles. On colle un décor, un accent, un drapeau, et on considère que la représentation est réglée.

Même corps, différents pays
Le problème est encore plus flagrant côté personnages féminins. Depuis des années, Tekken recycle quasiment le même corps, une taille fine, de longues jambes, des formes mises en avant, une peau lisse et zéro marque de vie. On change la coupe de cheveux, la tenue, le pays d’origine, de légers twists sur le faciès et c’est reparti. Tout ceci donne l’impression que les combattantes sont interchangeables, simples variations d’un modèle unique. La diversité se joue alors surtout sur la couleur de peau et quelques accessoires locaux.

Miary Zo, les limites de la symbolique
L’arrivée de Miary Zo, première Malgache de la licence, résume parfaitement ce paradoxe. Sur le papier, c’est historique. Langue malgache, inspirations du moraingy, décor de baobabs, lémuriens qui l’accompagnent. Pour les joueurs malgaches, voir enfin leur pays à l’écran a quelque chose de puissant. Mais la critique pointe un malaise. Miary Zo est une énième “waifu Tekken”. Corps standardisé, poses hyper sexualisées, folklore réduit à quelques symboles exotiques. On sent qu’on a voulu cocher la case “diversité” sans trop bousculer les codes marketing habituels.

Représenter un pays ou une culture, ce n’est pas juste changer la couleur de peau, ajouter deux animaux mignons et une musique “locale”. Voir son drapeau ne suffit plus. Aujourd’hui le souhait, c’est de se reconnaître, se sentir représentés. À Bandai Namco maintenant de décider si la prochaine génération de combattants sera juste plus “colorée”, ou enfin plus humaine.

Eymeric Radilofe

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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