Miary Zo - Elle est là, mais…
20 janvier 2026 // Media & Add-0n // 75 vues // Nc : 192

Tekken aime se présenter comme une saga mondiale : Russes, Brésiliens, Chinois… et maintenant Malgaches. Sur la jaquette, la diversité est là. Mais dès qu’on regarde les personnages en détail, une question revient. Est-ce qu’on représente vraiment des gens, ou juste des clichés avec un drapeau collé dessus ? Avant de lever les torches, on prend ici l’exemple de Tekken, mais la critique pourrait être appliquée à nombre de jeux, comics, films et tout ce que vous voulez. Pour rappel, un personnage français du manga Prince of Tennis est un prince qui s’appelle Prince. Donc, “Prince Prince”…

Diversité carte postale
Prenez Victor Chevalier, nouveau Français de Tekken 8. Amiral légendaire, costume taillé sur mesure, accent chic, Tour Eiffel en fond, katana high-tech et nom qui semble généré par une IA avec un prompt du genre “Donne un nom qui fasse French knight”. Il est stylé, oui. Mais qu’a-t-il de vraiment français, au-delà de l’esthétique carte postale ? On pourrait presque lui changer le passeport sans que personne ne s’en rende compte. C’est tout le paradoxe de Tekken, à savoir une galerie de nations, mais souvent des identités réduites à quelques symboles faciles. On colle un décor, un accent, un drapeau, et on considère que la représentation est réglée.

Même corps, différents pays
Le problème est encore plus flagrant côté personnages féminins. Depuis des années, Tekken recycle quasiment le même corps, une taille fine, de longues jambes, des formes mises en avant, une peau lisse et zéro marque de vie. On change la coupe de cheveux, la tenue, le pays d’origine, de légers twists sur le faciès et c’est reparti. Tout ceci donne l’impression que les combattantes sont interchangeables, simples variations d’un modèle unique. La diversité se joue alors surtout sur la couleur de peau et quelques accessoires locaux.

Miary Zo, les limites de la symbolique
L’arrivée de Miary Zo, première Malgache de la licence, résume parfaitement ce paradoxe. Sur le papier, c’est historique. Langue malgache, inspirations du moraingy, décor de baobabs, lémuriens qui l’accompagnent. Pour les joueurs malgaches, voir enfin leur pays à l’écran a quelque chose de puissant. Mais la critique pointe un malaise. Miary Zo est une énième “waifu Tekken”. Corps standardisé, poses hyper sexualisées, folklore réduit à quelques symboles exotiques. On sent qu’on a voulu cocher la case “diversité” sans trop bousculer les codes marketing habituels.

Représenter un pays ou une culture, ce n’est pas juste changer la couleur de peau, ajouter deux animaux mignons et une musique “locale”. Voir son drapeau ne suffit plus. Aujourd’hui le souhait, c’est de se reconnaître, se sentir représentés. À Bandai Namco maintenant de décider si la prochaine génération de combattants sera juste plus “colorée”, ou enfin plus humaine.

Eymeric Radilofe

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Quand l'art prend racine dans le vivant

Lire

14 janvier 2026

Exposition : Quand l'art prend racine dans le vivant

Dendrophile s'inscrit dans la continuité d'Antson'ny tontolo miaina, projet initié en 2023 par la curatrice indépendante Ihoby Rabarijohn, qui relie a...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Interview - Naly Ravalitera - Janvier 2026 - NC 192

Découvrez 𝐍𝐚𝐥𝐲 𝐑𝐚𝐯𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞𝐫𝐚, fabricant de baby-foot, dans le 𝐧𝐨 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭® NC 192 - janvier 2026
À Ambatolampy, 𝐍𝐚𝐥𝐲 𝐑𝐚𝐯𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞𝐫𝐚 perpétue un savoir-faire familial devenu rare. Artisan fabricant de baby-foot au sein de l’Atelier Ideal NL Pro, il raconte comment, depuis 2010, il façonne ces tables de jeu à la main, entre transmission, contraintes du métier et ambitions d’ouverture au-delà des frontières malgaches.

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir