Traceur Gasy : Ça va sauter !
9 février 2021 // Loisirs & J’ai essayé // 6224 vues // Nc : 133

Tout le monde connaît le film français « Yamakasi » où l’on voit de jeunes urbains sauter, escalader des murs et des immeubles. Aujourd’hui, c’est à Tana que ça se passe et nos traceurs locaux, adeptes du parkour, n’ont vraiment peur de rien. De vrais casse-cou !

Escalades, sauts, roulades… autant de figures que maîtrise le traceur, celui ou celle qui pratique le parkour, une discipline créée par le français David Belle en 1990. Également appelé « art du déplacement », le parkour est une discipline sportive acrobatique qui consiste à franchir des obstacles urbains (murs, escaliers, toitures) par des mouvements rapides et sans l'aide de matériel. C’est dans les années 2000 que la discipline a commencé à faire parler d’elle, notamment grâce au film « Yamakasi » d’Ariel Zeitoun. On parle aussi de free-running (ou course libre) quand les mouvements sont davantage basés sur la grâce, l’esthétique et la fluidité.

À Madagascar, le parkour comme le freerunning ont trouvé leurs adeptes à travers les Traceur Gasy, une association créée en 2017 composée de 32 garçons et filles, âgés de 8 à 24 ans, pratiquant au cœur même de la capitale. « Nous sommes des passionnés, avec pour certains une expérience du parkour de plus de 9 ans.Il y a parmi nous des athlètes professionnels qui participent à des spectacles, des cascades, des films et des spots publicitaires », explique Faliniaina Antonio, un des membres fondateurs, qui dirige l’association.

Les Traceur Gasy se retrouvent dans les jardins, les parcs ou même dans les rues pour s’entraîner et réaliser les figures de base du parkour : le saut de fond, le saut du paresseux qui consiste à franchir un obstacle en prenant appui sur une seule main, l’« under bar » qui consiste à passer sous une barre en s’y agrippant… D’autres figures sont beaucoup plus difficiles comme le « backflip » où le traceur saute dans les airs et tourne une ou plusieurs fois ; le « kong vault » (ou saut de chat) consistant à plonger en avant et à se réceptionner sur les deux  mains avec passage des jambes entre les bras. Des figurent qui permettent d’intégrer le parkour dans les sports extrêmes. « C’est surtout le public qui a peur en nous regardant ; nous on n’est pas des kamikazes, on respecte un certain nombre de règles de sécurité. »

En plus des entraînements, les Traceur Gasy animent des ateliers dans les écoles et participent à toutes sortes d’événements culturels, voire des tournages de films… « Comme tous les sports, le parkour permet de créer des liens d’amitié et de fraternité.  Un sport qui ne repose pas sur l’idée de compétition. L’idée est plutôt de se réapproprier son corps, de développer un esprit de dépassement et de maîtrise de soi, en stimulant sa créativité. » Une activité qui n’est pas réservée aux garçons, qu’on se le dise, les copines ! Pour initier davantage de jeunes, les Traceur Gasy veulent mettre en place une salle de parkour et de free-running à Antananarivo, et faire le tour de l’île pour offrir des stages en collaboration avec les Alliances françaises. Et pourquoi pas s’imposer un jour à l’international ? Chaud devant !


Propos recueillis par Aina Zo raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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