Mami Bastà : Du chant aux champs
14 novembre 2025 // Que sont-ils devenus ? // 2130 vues // Nc : 190

Porte-fanion du tandonaka, ce rythme typique du Vakinankaratra, Mami Bastà n’est plus à présenter. Dernier membre du célèbre groupe des années 90, Rémy, le guitariste-chanteur, auteur-compositeur-interprète, a fait récemment l’objet d’un film documentaire retraçant sa vie et son actualité.

Retour aux sources. C’est ce qui pourrait qualifier la trajectoire qu’a prise Mami Bastà, ce guitariste-chanteur connu pour ses morceaux « Voasary mandarina », « Mila vonjy ny gasilahy » ou encore « Mariazin’olon-tiana ».

Il a amené le tandonaka, ce style musical originaire du Vakinankaratra, sur les cinq continents. Mais malgré un agenda qui promet des concerts internationaux et nationaux, l’artiste a choisi de revenir à ce qu’il qualifie d’essentiel. « Je suis un artiste paysan. Ou plutôt un paysan artiste », dit-il, avec son rire naïf. Depuis sa maison à Antsirabe, le chanteur s’est relancé dans l’élevage de poules pondeuses, de zébus et de vaches laitières, d’oies et de cochons. « Joindre l’utile à l’agréable », balance-t-il.

Cette décision de revenir à l’essentiel est due à de multiples facteurs, notamment les événements difficiles qu’il a traversés, et le fait qu’il soit le dernier de son groupe encore de ce monde. « Mais ça ne signifie pas que je ne crée plus ou que je déserte la scène. Au contraire, cette retraite au milieu des animaux et des champs m’a permis d’écrire de nouveaux morceaux », signale l’auteur-compositeur. Il donne – de temps à autres – des concerts, au pays ou à l’étranger. À son absence, c’est son épouse qui s’occupe de la ferme.

Pour lui, tout le monde devrait être paysan, ne serait-ce qu’à mi-temps. Mais pour lui, c’est la vie d’artiste qu’il fait – dorénavant – à mi-temps. « Depuis le début de ma carrière solo en 2000 jusqu’à récemment, j’ai fait maintes fois le tour de Madagascar et plusieurs fois le tour du monde. Maintenant, je m’investis dans les tours de mes champs et les enclos de mes animaux », lance-t-il avec un éclat de rire.

Mami Bastà, aujourd’hui sexagénaire, a commencé à chanter à tout juste cinq ans. En 1977, il crée sa première chanson « Foaran’ny Belazao ». En 1982, il intègre le groupe Rémy, aux grands tubes comme « Rafianarana », « Fitia somongamonga » ou « Porofom-pitia ». En 2000, il quitte le groupe pour se lancer dans une carrière solo sous le nom de Mami Bastà. Et alors qu’il a un peu plus de temps pour rester chez lui, Mami Bastà est sur un nouveau projet artistique. Travaillant avec Dama, du groupe Mahaleo, il mène des travaux de recherche et écrit un livre sur les musiques de la Grande-île, notamment leurs similarités avec le tandonaka du Vakinankaratra. C’est normal pour un artiste chevronné de laisser de tels ouvrages pour la postérité. Faire du local-global ?

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Mami Bastà
Contact : +261 32 21 418 23 (WhatsApp)

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Lire

9 mars 2026

Tantely Rakotoarivelo : Rahely en lumière

Tantely Rakotoarivelo rend hommage à sa grand-mère avec une collection portant son nom. « Les personnes bienveillantes, dit-il, restent immortels dans...

Edito
no comment - Conte de fake

Lire le magazine

Conte de fake

Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

No comment Tv

Interview - ILLICIT SOUL - Février 2026 - NC 193

Découvrez ILLICIT SOUL, groupe de musique, dans le no comment® NC 193 - février 2026.
Depuis 2024, Meji, Fat Killah, HMan, trois producteurs de musique, font tourner Illicit Soul comme on ferait tourner un vinyle rare. Un crew avec le flair pour dénicher les talents malgaches, une idée forte, presque clandestine, et un concept sans équivalent. Un goût de Rhum Vanille, corsé mais maîtrisé.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir