L’E-sport malgache dans la cour des grands
8 juillet 2021 // Media & Add-0n // 9752 vues // Nc : 138

L’e-sport connaît un élan de popularité chez nous,  sque ce soit au niveau des partenariats ou de l’ampleur des manifestations, notamment dans les compétitions panafricaines. Une chose est sûre, va y avoir du sport !

Avec la profusion de compétitions et l’arrivée de nouveaux acteurs, le rayonnement vidéoludique de Madagascar à travers l’Afrique continue d’impressionner. En témoigne l’importance donnée à des événements continentaux comme l’Orange Esport Experience (OEE). Attention, ce n’est pas que l’OEE passait inaperçue jusque-là, mais on constate une évolution de cette série de compétitions panafricaine avec, entre autres, l’ajout de League of Legends, le jeu compétitif le plus populaire au monde, dont l’une des barrières d’entrée était la qualité des infrastructures africaines, à savoir la connexion à internet obligatoire. Car oui, l’évolution de l’e-sport passe aussi par une démocratisation des outils permettant d’y accéder.

L’Open Tour France, qui est la compétition française professionnelle et reconnue de League of Legends, a déposé des critères de sélection afin d’intégrer la compétition. Parmi eux, le fait d’avoir un niveau de jeu minimum qui se traduit par un rang Diamant dans le système de classement du jeu. En effet, n’importe quel joueur de League of Legends peut faire des matchs de classement, le « ladder », comme on l’appelle, étant divisé en neuf divisions : Fer, Bronze, Argent, Or, Platine, Diamant, Maître, Grand Maître, et Challenger. La mise en place de ce minima permet aux organisateurs de garantir un certain niveau de jeu, et par extension des spectacles de qualité avec l’émulation pour chacun de se retrouver à la place des professionnels. En d’autres termes, plus c’est dur, plus la volonté est grande.

Retour à Madagascar, plus précisément sur l’un des derniers tournois de grande envergure que nous avons vu, les qualifications à l’OEE sur League of Legends. Si nous jouons avant tout pour le plaisir, il n’est pas sans rappeler que l’équipe qui remporte la compétition représente Madagascar en Afrique. Et si un grand pouvoir implique de grandes responsabilités, il est du devoir des communautés organisatrices de garantir que les potentiels représentants aient, non seulement l’opportunité de porter avec fierté les couleurs malgaches, mais aussi que le public derrière eux soit fier de leurs performances sur la scène panafricaine.

Question : à part remporter le tournoi, sur quel critère une équipe est-elle légitime à représenter un pays ? Des équipes formées uniquement de joueurs dont le rang maximal ne dépasse pas l’Argent peuvent-elle prétendre à la scène professionnelle par seule passion du jeu ? Nous ne jugeons pas ici la compétence de joueurs, mais posons un questionnement sur ce que doivent être ce qu’on appellera demain les « e-athlètes malgaches ». Et les frontières qui doivent être construites et dépassées pour avoir le droit d’accéder au cercle fermé de l’élite mondiale.


Propos recueillis par Eymeric Radilofe

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Lire

28 mai 2026

Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Ce dimanche 31 mai, à 15 heures, l'amphithéâtre du Centre de Conférence International d'Ivato accueillera un événement inédit dans l'histoire de la mu...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - LeManana guitariste - Mai 2026 - NC 196

Découvrez LeManana guitariste dans le no comment® NC 196 – mai 2026
LeManana puise ses racines dans le beko du Sud de Madagascar pour mieux les mêler aux rythmes d'Afrique et du monde. Quinze ans après ses débuts sur scène, sa world music a déjà traversé les cinq continents. Rencontre avec un artiste qui n’a pas fini de faire voyager la musique malgache.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir