Kiady Rakotondramanana : Manger en stéréo
3 juillet 2025 // Influenceur du mois // 7016 vues // Nc : 186

Kiady Rakotondramanana se filme en train de manger bruyamment, le visage maquillé. Des restaurants le paient pour ça. Ses followers, l’eau à la bouche, se détendent devant ses vidéos. Le pionnier du mukbang ASMR à Madagascar a fait une entrée remarquée en mêlant sa passion pour la bouffe et la beauté.

Tous les téléphones en mode silencieux. Les portes closes. Pas un grincement au sol. Voilà l’atmosphère nécessaire pour tourner ses vidéos. « On interrompt tout si un chien aboie, si une voiture klaxonne ou si un marchand de koba passe et crie. Le silence doit être total », insiste-t-il. C’est que tout repose sur les sons. Son travail consiste à se filmer en train d’avaler plusieurs plats, captant les slurps, les crunches, les cracs… Bref, une symphonie de la mastication. Une expérience sensorielle censée détendre l’audience.

À chaque tournage, Kiady engloutit jusqu’à cinq plats, souvent concoctés par des restaurants réputés. « C’est grâce à la génétique si je ne grossis pas », lance-t-il, hilare. Le micro est calé au plus près de la bouche. Ce n’est pas juste une dégustation, précise-t-il, c’est un contenu destiné à éveiller les sens, à relaxer. Avant ça, il faisait des tutos maquillage.

Le mukbang, né en Corée du Sud au début des années 2010, a d’abord consisté à manger de très grosses portions face à une caméra, en interaction avec le public. Puis l’ASMR s’en est mêlé, ajoutant une dimension sonore : les bruits de mastication, amplifiés, sont devenus les véritables stars. Entre performance, rituel social et trip sensoriel, le format a conquis la planète.

Kiady s’y est mis en 2024. À Madagascar, les avis sont partagés. Montrer autant de nourriture dans un pays où la malnutrition reste une réalité dérange encore. Il le reconnaît, tout en regrettant les malentendus autour d’un concept qu’il est pourtant le premier à défendre ici. Heureusement, les restaurateurs, eux, adorent. Il leur apporte de la visibilité et glisse au passage quelques messages pub pour des cosmétiques. Il maquille, il mange, il vend. Et ses rouges à lèvres qui tiennent, même après cinq plats, intriguent. « Les deux niches se nourrissent », glisse-t-il avec un sourire.

Mpihary Razafindrabezandrina

Instagram : kiadyrakotondramananamua
Facebook : Kiady Rakotondramanana
Tik Tok : Kiadyrakoto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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