KebaBe : Turquies dans l’assiette
11 octobre 2025 // Gastronomie // 5924 vues // Nc : 189

Depuis fin juillet, KebaBe (kebab + be) Ankorondrano s’ajoute à la longue liste des fast-foods de la capitale qui proposent déjà du kebab. Mais, à la différence des autres, l’enseigne revendique servir du « vrai et authentique kebab turc ». Transposé des trottoirs d’Istanbul vers un fast-food d’un quartier des affaires à Antananarivo, ce kebab est présenté par la cofondatrice Solene Yazgan comme un gage d’authenticité culturelle, lui permettant de se démarquer de ses concurrents locaux.

Dürüm kebab (galette fine enroulée autour de viande grillée, de légumes et de sauces), İskender kebab (viande de döner tranchée servie sur du pain pita grillé, nappée de sauce tomate et de beurre fondu, accompagnée de yaourt et de légumes), köfte (boulettes de viande) : les plats vedettes du menu portent bien des noms turcs, mais sont cuisinés à 100 % avec du zébu et des produits malgaches. Ce qui vient réellement de Türkiye, ce sont les cuisiniers, la broche à kebab fonctionnant au gaz, et le rituel de marinade qui dure trois à quatre jours. Le décor prolonge lui aussi cette mise en scène : un drapeau turc posé sur le comptoir, des photos pittoresques de la Türkiye accrochées aux murs, et de la musique turque diffusée certains après-midis. « Il y a aussi des Turcs qui viennent, ça parle turc, on se croirait vraiment en Türkiye », précise la cofondatrice.

Pour goûter à cet ailleurs, il faut compter en moyenne 23 000 ariary pour un plat et 4 000 pour une boisson, qu’il s’agisse de l’ayran (yaourt salé), du thé turc ou de sodas produits localement par STAR. « C’est conçu comme un fast-food où les gens viennent surtout récupérer leur déjeuner à emporter », souligne Solene Yazgan. Sur place, les usages sont variés : des familles s’attablent pour partager un repas, à la manière malgache, pendant que des jeunes photographient leur dürüm ou leur köfte avant de les poster sur les réseaux sociaux, transformant ce simple fast-food en un signe de distinction. « On a beaucoup de monde, car les gens sont curieux », ajoute-t-elle. Ce n’est pas encore un véritable succès, mais plutôt un essai, porté par cette curiosité pour l’authenticité affichée : un plat populaire et quotidien en Türkiye devient ici une expérience exotique. Si l’aventure fast-food se confirme, l’ouverture d’un restaurant avec une carte plus variée est déjà envisagée.

Mpihary Razafindrabezandrina

Facebook : Kebabe Tana

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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