Rindra Rambeloson : Une vie à en faire toute un film
16 octobre 2024 // Cinéma // 7518 vues // Nc : 177

Batardes. C’est une histoire d’évasion, de sororité, un retour vers les lieux où a grandi Rindra Rambeloson. Ce réalisateur a décidé, pour plus d’une raison, de créer un road-movie de 23 minutes sur la route nationale une. Un court-métrage qu’il a travaillé lui-même, et présenté au public d’Antananarivo en septembre dernier, au Cinepax Ambodivona, et bientôt, au public international dans trois festivals.

Le film commence sur une musique de Rolf : il s’ouvre sur Rova, une personne douce et attachante, et sa peinture. Son interprète confie son lien avec le personnage : « Je me suis inspirée de… Stéphanie Razakaratrimo (elle-même), et il y a, bien sûr, des souvenirs que je tire de mon vécu. Il paraît que plus un acteur grandit, plus il a de choses à raconter. » Sortante de l’Ecole Agence Artistique EKAA, avec Onisata Andria, et de Nirihasina Rakotoarimalala, elles incarnent, à trois, le rôle de sœurs : trois personnalités, trois histoires, qui se retrouvent, le temps d’un voyage sur la route d’Ampefy. Mais d’un road-movie à une histoire de famille, rien, dans les Batardes, ne tombe dans le hasard. « J’ai commencé à l’écrire lors d’un voyage en passant par Ampefy. Je me suis dit « un jour, je ferai un film ici », et l’idée la plus évidente était un road-movie. Il y a également ce rêve d’enfant, l’envie de faire un film à Imerintsiatosika, là où j’ai grandi. Et donc pourquoi ne pas relier ces deux endroits – Imerintsiatosika et Ampefy – dans un même film ? » explique Rindra Rambeloson, le scénariste et réalisateur.

L’émotion, le paysage, la musique et des détails qui n’échappent pas, Batardes est un road-movie, comme on aime les voir, mais qui, dès qu’on connaît ses intentions, ne peut que toucher. « J’ai vu dans une interview quelque part sur Internet que les trois premiers films d’un scénariste ou d’un réalisateur tournent principalement autour de leur vie. Batardes s’inspire plus ou moins de mon vécu : nous sommes quatre frères dans la famille, et il nous est arrivé, bien souvent, de nous bagarrer. Mais une fois réunis, on a découvert qu’on pouvait faire de grandes choses ensemble : et c’est là même le sujet du film, un quiproquo entre frères où soit on laisse les conflits nous déchirer, soit on retisse les liens, et là, plus rien ne peut les détruire. » C’est une histoire de rédemption, de résilience, de rupture, et de réunion. Batardes est un travail de huit mois, à l’écriture, à la production, et à la post-production.

C’est un scénario six fois réécrit, accompagné par le coproducteur, Franco Clerc. Un temps et des efforts rehaussés par les différentes nominations aux festivals internationaux. C’est vrai, Batardes commence tout juste sa course à l’international. En Angleterre, avec Lift Global Network, en Afrique du Sud avec le Frame Short Film, et en Californie avec le Silicon Valley Festival : le court-métrage n’est qu’à ses débuts. « Pourquoi ces festivals ? J’ai reçu des retours sur certains festivals en Afrique, où sans appui, il était difficile d’y être sélectionné. C’est toujours plus rassurant de savoir que le film sera sélectionné pour ce qu’il est, et non pour les contacts en interne. » Une portée à l’international auquel Rindra Rambeloson rajoute : « C’est aussi, en quelque sorte, une façon de promouvoir Madagascar et de faire une archive de cette belle route nationale, avant qu’elle ne s’abîme à son tour. »

Mais pour un réalisateur qui a longtemps été directeur de la photographie, le film est resté une belle expérience. Rindra Rambeloson a toujours ce petit penchant pour la technique : « Il y a des jours où je ne me sens bien que quand je tiens la caméra : l’avantage d’être avec une équipe avec laquelle j’ai toujours été proche – le Meetika Studio – c’est que nous avons plus ou moins la même vision des choses. » Et parfois, si le décor et la lumière ne correspondent pas, on finit par en créer, pour mieux correspondre à son regard. Et derrière tout cela, les inspirations du réalisateur sont tout aussi grandes : « Dans les valeurs que je défends : j’ai cette envie de partager pour un public normal, un public malgache, tout en se développant pour correspondre aux normes internationales. » Le réalisateur est déjà en phase d’écriture de son prochain film, cette fois un long-métrage qui développera un des folklores malgaches. Encore dans les nuages, Rindra Rambeloson mène son film, son pays, son histoire et son terrain de jeu en étant enfant, aux yeux des experts internationaux.

Rova Andriantsileferintsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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