Itokiana Andrianasolo : RC Inside
28 juillet 2023 // Loisirs & J’ai essayé // 6401 vues // Nc : 162

Les voitures miniatures gagnent du terrain à Madagascar. Ces petites machines sous licences attirent plus d'un, et deviennent le nouveau loisir des grands. Le RC Inside regroupe, depuis 2018, les passionnés des voitures radiocommandées. De petits groupes à nationaux, les amateurs trouvent toujours le moyen de se retrouver autour d'un circuit improvisé. Itokiana Andrianasolo, membre et co-fondateur du groupe, nous partage sa passion.

Le RC, qu'est-ce que c'est ?
RC pour radiocommandé, ce sont les voitures miniatures guidées par une commande à distance. Il y a deux catégories de RC : les "toys" ou ces petits véhicules qu'on trouve dans les magasins de jouets, et "hobby". Le RC Hobby regroupe de vraies voitures - avec tous ses équipements - mais en petite taille. Il y a du ⅕, de la taille d'une table, du 1/9 et du 1/10, plus petite. De cette même catégorie, il y existe plusieurs types : le RC rally, drift, touring sur un circuit ou une piste, et crawler pour les circuits à obstacle du style "off-road". Il n'y a pas que les voitures : le RC, c'est aussi les avions, les motos, les bateaux ou les camions. Toutes les composantes des voitures RC sont sous licences : ils proviennent des grandes industries constructrices de voitures. Chaque partie y est placée soigneusement, car il s'agit en fait de petites répliques de vraies voitures.

Comment ça marche ?
Le RC est collé à un émetteur directement relié à son transmetteur. Les voitures fonctionnent avec de l'électricité, et la recharge est réglable selon la nécessité et l'autonomie recherchée. L'électricité part d'une petite boîte contrôleur de vitesse (Electronic Speed Controller), qui la répartit dans toutes les parties de la voiture. Le moteur fonctionne par nombre de tours, et varie selon la vitesse recherchée : plus elle est rapide, plus le tour-moteur est élevé ; mais pour les plus simples, ou pour le crawler, le nombre de tours est plus petit. Il n'y a pas de pré-requis pour se lancer dans ce nouveau loisir, pas de connaissances nécessaires ; nous sommes tous partis de débutants.

Pour ceux qui souhaitent s'y essayer, je dirais qu'il faudrait un budget de 1 million Ariary. Le prix cause une certaine réticence, surtout parce les pièces sont importées, les rendant assez coûteux. Une fois dedans, le RC ne requiert pas de grands soins, à part un petit graissage de temps à autre.

Vous organisez aussi des rencontres…
Oui, chez RC Inside, nous avons déjà organisé un championnat national d'une quarantaine de participants. Nous choisissons l'endroit et le circuit : un circuit normal dure jusqu'à une minute trente, et cela se répète sur plusieurs manches. Au final, celui qui gagne le plus de points - qui a fait le minimum de temps possible - gagne. Le règlement du rally ne change pas de celui des grandes voitures. Nous organisons aussi des petites rencontres entre nous pour se partager les conseils, se détendre entre amis. Dans ces cas, nous allons dans les parcs comme à Tsimbazaza ou à Ambohidratrimo pour un circuit rempli du crawler. Je dirais que le choix du lieu est un grand défi pour le RC : nous n'avons pas d'endroits fixes pour nous réunir, et les lieux publics nécessitent qu'on arrange le circuit de manière à installer le public sans nuire aux autres visiteurs.

Quels sont vos aspirations pour le RC ?
Il y a un groupe à plus de 10.000 membres sur Facebook : Gasy RC. Ma plus grande aspiration pour le moment, c'est que chaque membre de ce groupe possède au moins une voiture RC. Dans le RC Inside, nous discutons souvent de rencontres nationales. Ce juillet, par exemple, est marqué par une manche rally. De mon côté, j'espère que chaque personne intéressée ou passionnée découvre ce loisir par leur propre voiture, et que tous ces amateurs se réunissent pour qu'ensemble, on puisse faire avancer le monde du RC à Madagascar.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Lire

28 mai 2026

Rija Ramanantoanina : « L'œuvre de toute une vie »

Ce dimanche 31 mai, à 15 heures, l'amphithéâtre du Centre de Conférence International d'Ivato accueillera un événement inédit dans l'histoire de la mu...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - LeManana guitariste - Mai 2026 - NC 196

Découvrez LeManana guitariste dans le no comment® NC 196 – mai 2026
LeManana puise ses racines dans le beko du Sud de Madagascar pour mieux les mêler aux rythmes d'Afrique et du monde. Quinze ans après ses débuts sur scène, sa world music a déjà traversé les cinq continents. Rencontre avec un artiste qui n’a pas fini de faire voyager la musique malgache.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir