Jinx : Pas là pour jouer
21 janvier 2026 // Loisirs & J’ai essayé // 32 vues // Nc : 192

Championne féminine de Tekken 8 aux Islands Esports Champions à Maurice, Jinx n’a que 14 ans. Joueuse depuis un an à peine, Shilo Chan « Jinx » Raveloson dispute là son tout premier tournoi international. Un premier round sérieux, observé de près depuis sa salle de jeux à Antananarivo.

Passionnée ? Le mot est faible. Jinx a commencé à jouer à 13 ans, à la maison, manette en main, enchaînant les parties de Tekken 7 avec son père. Puis, un jour, ce dernier lui ouvre une porte à laquelle elle n’avait jamais pensé : les tournois. Elle le convainc de l’emmener dans une salle de jeux. Là, elle rencontre d’autres joueurs, tous aussi investis. Coup du timing parfait : Tekken 8 vient tout juste de sortir. Jinx apprend les bases, les mécaniques, les réflexes. « Mon but n’était pas vraiment de devenir joueuse pro ou d’être super forte. Je voulais juste jouer et m’améliorer », confie-t-elle. Un an plus tard, le jeu l’emmène jusqu’à Maurice, face à des adversaires internationaux qu’elle n’aurait jamais imaginé affronter.

Les Islands Esports Champions marquent un tournant. Jinx y rencontre, pour la première fois, des joueuses venues d’ailleurs, échange, observe, apprend. La victoire, elle, arrive presque sans bruit. Déjà, à Madagascar, elle s’était hissée dans le top 5 du Moor1ng 2024. L’année précédente, pour son tout premier tournoi, elle terminait dans le top 11.

Au FightHER 3, tournoi féminin, elle entrait dans le top 7. Entre tout cela, Jinx jongle avec une autre réalité : les devoirs, les examens, les cahiers. « J’ai un planning. Je joue surtout les week-ends et parfois en semaine. Si je finis de réviser et qu’il me reste un peu de temps, je fais 30 minutes de pratique », chuchotte-t-elle. Pas besoin d’heures interminables devant l’écran : elle progresse aussi en regardant des vidéos, en analysant, manette en main.

La sous-estimer aurait été une erreur. Et personne ne l’a fait. Jinx aime autant l’ambiance que la compétition. « C’est comme un match de foot : c’est serré, ça titille. Et surtout, j’aime la sensation de battre quelqu’un de plus fort », s’émerveille la jeune fille. Ni son âge ni le fait d’être une fille n’ont freiné son élan. Le soutien de la communauté et de sa famille est bien réel. « Tekken est un jeu difficile, parfois un peu déprimant. Mais quand on maîtrise certaines exécutions, on peut faire des choses incroyables. Et ça, c’est une vraie fierté », lance la joueuse. Quand elle ne s’entraîne pas, Jinx change d’univers : Zelda sur Twitch ou Clash of Clans sur mobile. Après cette première victoire internationale, elle retourne à ses cahiers, un sourire discret aux lèvres, avec un rêve déjà bien ancré : travailler un jour dans l’univers du jeu vidéo, comme organisatrice. En attendant, Jinx fights.

Rova Andriantsileferintsoa

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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