Geoscar : Des maux aux mots
3 septembre 2023 // Musique // 18365 vues // Nc : 164

Rappeur du moment, Nomenjanahary Anicet aka Geoscar ose avouer ses états d'âme dans les sons et les textes. Cet originaire de Manakara défait les tabous sur la dépression à Madagascar par des lyrics tout aussi motivants que frappants. Rappeur depuis 2015, il prévoit de sortir prochainement son prochain album « Atlas », un produit qui est passé par bien des tumultes.

« Tairo mandroso fa tsy olana », (Allez, on avance) parce qu'il n'y a rien d'insurmontable. Geoscar fait parler de lui par cette phrase atypique tirée de son tube « Tsy ho lasan'ny rivotra ». À plus de 200.000 vues sur les réseaux et 181.000 sur YouTube, Geoscar explose les classements et devient le rappeur du moment. Le morceau est pourtant la suite d'un moment sombre. «  Je l'ai écrit en une nuit, à un moment où je me sentais vraiment déprimé. Ce texte, je l'ai écrit pour moi pour me donner de la motivation » confie le jeune rappeur. Une écoute au morceau, et l'on entend « Alefa Geoscar », expression qui n'est pas arrivée par hasard. « C'est une phrase que je voulais me dire, mais à laquelle d'autres personnes se sont identifiées. Au final, c'est devenu Alefa tout le monde ! » De tous ses textes, le maître-mot reste la motivation - dans le travail ou les études : une ode pour faire face aux combats sans fins livrés par le mal-être.

« Tsy ho lasan'ny rivotra » n'est que la mise en bouche d'un album sur la motivation. Atlas est le nom désigné par le rappeur pour son opus. « J'ai choisi ce nom en référence à celui qui a été condamné à porter le poids du monde (Atlas, titan de la mythologie grecque). Pour moi, cette sensation existe bel et bien. » L'album ne s'est pas fait en un jour : cuisiné depuis décembre 2022, le rappeur a dû faire face à des problèmes techniques qui l'ont poussé à réenregistrer une grande partie. Le rappeur continue sur sa lancée, et l'album est prévu sortir dans les mois à venir, avec toujours, des textes basés sur la motivation. « J'écris très peu de textes sur l'amour. Ce que je veux, c'est parler de ces choses que personne n'ose exprimer, des événements de la vie que d'autres artistes laissent souvent passer sous silence. » L'album Atlas sera bientôt disponible sur les plateformes d'écoute, pour tous et particulièrement, ceux qui cherchent dans les mots et la musique un peu force pour avancer.

Rappeur depuis 2015, Geoscar emmerge de son quartier d'Avaratr'Ankatso pour se produire un peu partout : d'Antananarivo à Antsirabe, et Fianarantsoa. Dirigé par Jiolambups, l'artiste a grandi en écoutant du rap. « Mon cousin me faisait écouter du rap comme Raboussa, Shao Boana, ou encore Big Jim Dah. Je commençais déjà à écrire, sans me rendre compte que plus tard, je choisirais ce genre de musique. » Pour l'artiste, s'exprimer est plus facile par le rap. « C'est le meilleur outil pour faire passer un message long en un temps court : un quatre-mesure en rap équivaut à toute une chanson pour les autres genres. » Dans son évolution, Geoscar est à son cinquième album après son EP en janvier 2023, Opération Cake, qu'il a utilisé pour payer ses études à l'Université. À 23 ans, Geoscar est rappeur, membre du label Kolontsaina Mainty, et étudiant à l'Université d'Antananarivo. Face à la vie, l'artiste porte son message : « On peut déprimer, mais pas laisser tomber. » Le rappeur porte en lui et à son public l'espoir que les rêves seront atteints, et ce, au moment opportun ; il n'y a qu'à tenir bon.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir