Gasy Stand Uppers : On va bien rigoler !
4 juillet 2022 // Arts de la scène // 7024 vues // Nc : 150

Les scènes de stand-up commencent à se multiplier dans la capitale grâce, entre autres, au Gasy Stand Uppers. Un collectif représentant la nouvelle vague des humoristes malgaches. Histoire d’humour ?

Jeunes, créatifs, talentueux, ils sont prêts à en découdre pour redonner ses titres de noblesse au rire. C’est à travers le stand-up qu’ils ont décidé d’apporter de la joie en ces temps un peu moroses. Par définition, le stand-up se pratique en solo avec un comédien qui fait face à son public sans décor ni accessoires. Apparu en France à la fin du XIXᵉ siècle (Feydeau lui-même s’y essaie dès 1885), le genre a été remis au goût du jour ces dernières décennies. Le collectif Gasy Stand Uppers a, quant à lui, été créé en avril 2021 par Raytra Belawick, Aina Maharavo et Mamy Ralijaona. « Notre but est de promouvoir le stand-up à Madagascar. Nous sommes près de 22 membres, mais nous travaillons aussi avec d’autres humoristes en dehors du collectif comme Zina Rabeadoro ou le Mad Comedy Club, sans oublier les piliers de l’humour malgache que sont  Gothlieb et Barhone », explique Raytra Belawick.

Le collectif participe ou organise de nombreuses scènes ouvertes autour du rire comme Men in Blagues, Soka’fehy, Slumou’rap, Madagascar Underground Comedy Club, Rires Délires… « Nous collaborons beaucoup avec les centres culturels, les bars et les universités. Nous voulons donner la place à une autre forme d’humour et laisser s’exprimer la jeune génération. » Un vrai choc culturel, car le public malgache a été biberonné aux imitations, aux humoristes qui se déguisent ou se travestissent, alors que le stand-up est tout le contraire ! Juste un humoriste qui ne fait rire qu’avec des textes, sans artifices ou presque. « Il y a le stand-up simple mais aussi le stand-up alternatif où l’humoriste utilise un accessoire, par exemple des instruments de musique. Ce qui réunit les deux, ce sont les techniques de l’humour, car faire rire ça ne s’improvise pas ! » C’est même tout un art à prendre très au sérieux si on veut s’améliorer. « Nous écrivons beaucoup et nous testons nos textes auprès d’autres potes pour les améliorer au fur et à mesure. Nous regardons aussi des podcasts. »

Dans le collectif chacun a personnalité, sa façon de raconter ses histoires, sa façon d’être drôle. Raytra Bekawicky penche pour l’humour noir, pas encore très bien perçu par le public mais il ne désespère pas. Aina Maharavo utilise plutôt le biais de l’humour pour faire passer des messages comme soutenir le « vita malagasy » (Fait à Madagascar). Orima Sarobidy est plus à l’aise dans l’improvisation et Sissi, une des filles du collectif, toujours directe dans ses propos. Faire rire est un métier,mais aussi une thérapie. Ce n’est pas Aina Maharavo qui dira le contraire. Le jeune humoriste a fait du rire un remède contre la dépression. « Dans mes textes, je parle de moi, de ce qui m’énerve, de ce qui m’entoure… bref, je me soigne. Mais il faut se battre pour espérer en vivre et s’imposer dans ce milieu. » Les Gasy Stand Uppers bouillonnent de projets. « Nous travaillons avec le Lycée français de Tananarive pour des stand-up en français et nous préparons déjà la deuxième édition du festival du rire Jôkôsy qui se tiendra en novembre. » Et ça c’est pas une vanne !


Aina Zo Raberanto

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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