Martini Yvenno : « Les danseurs sont souvent relégués à un rôle secondaire sur scène »
18 août 2024 // Arts de la scène // 6892 vues // Nc : 175

Originaire de Tuléar, Martini Yvenno est un danseur de breakdance qui électrise les scènes malgaches depuis quelques temps. Salué par son talent exceptionnel, il a récemment brillé en remportant la première place au concours de hip-hop de l’association SK (Streetkilla) en avril dernier. Rencontre avec cette étoile montante du breakdance !

Comment as-tu découvert le breakdance ?
À travers mon grand frère qui était déjà immergé dans la danse vers 2014. Je l’accompagnais souvent et en 2018, j’ai été véritablement captivé par le breakdance après avoir visionné un documentaire sur ce style de danse. J’ai commencé à m’y essayer timidement, et depuis, je n’ai cessé de m’améliorer et de me consacrer à cette discipline. J’ai participé à plusieurs compétitions, notamment à la deuxième édition du concours organisé par Streetkilla, où j’ai atteint la finale sans remporter la victoire. Cependant, je me suis surpassé et j’ai décroché la troisième édition du concours, qui s’est déroulée en avril dernier. Bien avant tout cela, je faisais du parkour, des échecs, du skate et du roller. J’aimais tout ce qui touchait aux sports extrêmes.

Une carrière professionnelle dans le breakdance ?
Je n’avais jamais envisagé une carrière professionnelle, c’est venu naturellement. En 2019, je suis retourné à Tuléar et j’y ai passé deux ans. Seul sans amis, je m’initiais et m’entrainais au breakdance en regardant des vidéos et en faisant des recherches. J’ai énormément appris pendant cette période, surtout durant le confinement, où je me suis documenté en profondeur sur cette discipline. Fin 2021, je suis retourné à Tana et j’ai cherché à nouer des relations avec des danseurs locaux pour m’améliorer. Ils m’ont bien accueilli et j’ai progressivement intégré le monde de la danse. En effet, être professionnel signifie beaucoup de recherche, d’entrainement constant, et chercher à se démarquer des autres danseurs. Il est également important de ne pas se limiter à une seule discipline mais de s’élargir à tous types de danses (All style). En dehors de ma pratique, je donne aussi des cours de danse aux enfants, souvent à la demande de leurs parents, que ce soit à domicile ou en salle.

Qu’en est-il des collaborations avec d’autres artistes ?
Il m’arrive parfois de recevoir des propositions pour travailler avec des chanteurs, mais je suis très sélectif à ce sujet. Beaucoup de gens ne valorisent pas réellement la danse comme un art à part entière. Souvent, les danseurs sont relégués à un rôle secondaire sur scène, comme s’ils étaient là uniquement pour embellir le spectacle. Personnellement, cela ne m’enthousiaste pas, car je crois fermement que les danseurs méritent autant de reconnaissance que les autres artistes. Presque tous les danseurs et danseuses se battent pour cela, y compris, moi. J’ai toutefois eu une expérience positive en collaborant avec Joyce Mena pour son clip « Lamako ». Son équipe et elle ont su valoriser le travail des danseurs !

Des projets à l’international ?
J’ai reçu de nombreuses invitations pour des événements à l’étranger, mais l’absence d’une fédération de breakdance à Madagascar constitue un obstacle majeur. Le breakdance est maintenant considéré comme une discipline athlétique, donc c’est un sport qui nécessite une structure appropriée, notamment pour la participation à des compétitions internationales. Heureusement, une fédération est en cours de création à Madagascar, et j’espère qu’elle sera concrétisée cette année. Pour l’avenir, j’aimerais poursuivre ma carrière à l’étranger pour me perfectionner et partager mes connaissances. J’estime avoir atteint mes objectifs à Madagascar, et je suis prêt à élargir mes horizons au-delà de la frontière nationale.

Propos recueillis par Cédric Ramandiamanana

Facebook : Yvenno Rzft
Contact : 034 20 105 23

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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