Feon'Ala : Le son de tes tontons
13 juin 2026 // Musique // 7321 vues // Nc : 197

Cinquante ans de scène, quatre générations de chanteuses, quelques longues pauses — et des tubes que les ados d'aujourd'hui chantent encore sans savoir d'où ils viennent. Feon'Ala n'est pas un groupe qui revient. C'est un groupe qui n'est jamais vraiment parti.

Photos fournies par Feon’ala

Betina. Hôsin'i Gasikara. Il suffit d'en fredonner les premières mesures dans une réunion de famille pour voir les quadragénaires se redresser sur leur chaise. Certains classiques ont ce pouvoir étrange — traverser les décennies sans prendre une ride, s'incruster dans la mémoire collective comme si la radio ne les avait jamais arrêtés. Feon'Ala, c'est ça. Une bande-son qui dure. L'histoire commence en 1975. Charles Maurin Poty fonde le groupe avec une vision claire : des harmonies vocales impeccables, des chorégraphies qui marquent les esprits, une présence scénique qui capte et retient. Jackie, puis Cynthia dans les années 2000 — chaque époque a eu sa voix, sa couleur, son rapport au répertoire. Le groupe a connu des stand-by, certains de plusieurs années. Mais il a toujours su reprendre son souffle.

Aujourd'hui, c'est Misa — fille du fondateur — et Nasandratra qui tiennent le flambeau. Héritière littérale autant qu'artistique, Misa a grandi dans le groupe avant même d'en faire partie : « Mon père l'a fondé et ma mère faisait partie des premières chanteuses. J'ai grandi dedans depuis toute petite », se souvient-elle.

Pour Nasandratra, l'attachement est venu après. « Je ne connaissais pas Feon'Ala à la base, mais je suis très attachée aux chansons aujourd'hui. Ce qui m'inspire, ce sont les chorégraphies, leur façon d'entrer sur scène — elles savent faire monter l'attente du public. Phénoménal », s’exclame cette dernière.

Le chantier est double. D'un côté, revisiter les classiques — les « arranger », comme dit Misa, pour les rendre compatibles avec les plateformes actuelles sans les trahir. De l'autre, créer du neuf, en s'inspirant des textes du père. « Mon père, Daddy — notre ingénieur du son — et moi travaillons ensemble. Chacun a ses idées, on essaie plein de choses et on garde ce qui match », explique la fille de Poty. Le fil rouge, lui, ne change pas : l'amour sous toutes ses formes. « S'aimer soi-même, prendre soin de soi, de son avenir, mais aussi de l'environnement et de la vie en général », précis-t-elle. Un album de dix titres est en préparation — classiques revisités et créations inédites mélangés. Des concerts sont prévus à Madagascar et en France. Et en point d'orgue : une grande célébration des cinquante ans de carrière de Charles Maurin Poty, réunissant artistes historiques et nouvelles têtes. Le fondateur sortira lui-même un album solo, avec les musiques qui l'ont fait connaître avant Feon'Ala. Les fans de longue date, eux, sont déjà là. « Ça leur rappelle leur jeunesse, on sent leur engouement », glisse Misa. Reste à conquérir les autres — ceux qui ne connaissent pas encore, ou qui croyaient connaître.

Lucas Rahajaniaina

Contact facebook : Feon’ala

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