Fanambin’i Rijakely : Chronique d’un rêve rural
3 juin 2025 // Littérature // 8059 vues // Nc : 185

Bien connu sous le pseudo Riri par les lecteurs de tabloïdes, Rindra Razafindrabe publie aujourd’hui sa bande dessinée. Intitulée Fanambin’i Rijakely (les défis de Rijakely), cet opus, sorti aux éditions Hay Tsingory, est le fruit d’une collaboration avec Landry Bonvallet. Ça raconte les périples d’un garçon qui veut suivre le « tananarivian way of life ».

« Fanambin’i Rijakely. » C’est l’histoire d’un rêve ?
Riri : On va en venir (rire). Ce premier épisode ne parle pas encore de rêves, mais de garçons de la campagne qui veulent venir dans la capitale. Je qualifie ce premier opus – puisqu’il s’agit du premier d’une longue série – de « préliminaire. » Je raconte dedans la vie dure et le combat auxquels ces jeunes font face. D’où le titre de cet épisode, Antanimiady. Nous avons observé et enquêté sur les raisons qui les emmènent à vouloir migrer à Antananarivo.
Landry Bonvallet : Mais il s’agit surtout de réalité, un genre de guide culturel et social. Le livre raconte ce rêve d’un monde fabuleux, d’Eldorado. Les trois personnages, Rijakely, Menja ainsi que Patrick, l’antithèse du personnage principal, viennent sur Tana. Riri relate dans ses dessins comment ces jeunes campagnards découvrent et affrontent la capitale malgache et la vie quotidienne dans cette mégalopole cosmopolite et multiculturelle. Au cours de leur périple, ils vont faire des rencontres : avec des gens sympathiques et accompagnateurs, mais également des personnes malintentionnées qui rendront leur vie plus difficile.

Une bande dessinée avec un objectif précis ?
L.B. : Ce premier épisode est pour tester comment le public réagit à un tel livre. De format de poche, qui peut être lu où que l’on soit, ce bouquin est né du constat qu’il manque une littérature malgache à Madagascar. Le prix du livre, à seulement 3 000 ariary – accessible à toutes les bourses – entre dans cette optique. Nous voulons soutenir la jeunesse et contribuer à la transmission du savoir. Nous croyons que c’est le premier pas vers le développement du pays.

Certes, nous sommes au tout début de cette quête, mais nous sommes confiants. Riri, Hay Tsingory et moi-même sommes…

Comment se porte la B.D. malgache ?
Riri : Les éditeurs ne se bousculent pas. Il faut le dire. J’ai publié des livres en autoédition. Et je continuerai à en sortir. J’ai encore plusieurs projets dans mon tiroir. Le second volet de Fanambin’i Rijakely, bientôt dans les bacs, figure dans cette liste. La bande dessinée, c’est toute ma vie. Je suis dessinateur de presse depuis 2009, fais des dessins satiriques à vocation politique, sociale ou purement humoristique. Dessiner est plus qu’une simple passion. C’est pour ça que j’ai cofondé en 2009 Tantsary, l’association de bédéistes et de dessinateurs de presse. On voulait créer une bibliothèque de B.D. gasy. Malheureusement, ça reste encore au stade de projet.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Contact : +261 38 84 816 74/ +261 32 54 075 66
haytsingory@zohomail.com

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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