Fab’s Brownz : Fabulous dans le rap
12 avril 2025 // Musique // 14097 vues // Nc : 183

Animé de mots, Fabiano Ranoelison baigne dans le rap depuis 2017. Aujourd’hui, à 25 ans, cet originaire de Mahajanga délivre des histoires à travers ses morceaux et son prochain album « Bronze Is The New Gold ». Un projet qu’il écrit, toujours en restant fidèle à ce qu’il aime et à ce qu’il est. Parano ou pas, sa route est longue et parsemée de succès comme sa nomination aux RDJ Mozika 2024.

Qui est Fab’s Brownz ?
Fab’s est un acronyme pour Fabulous et Brownz vient du bronze en métallurgie. J’écrivais déjà à l’âge de 15 ans, mais ce n’est qu’en 2017 que j’ai commencé à prendre le rap au sérieux, où j’ai été appelé pour participer au Trap Gasy Show. J’ai moi-même été bercé dans le jazz de par mon père et dans le gospel de par ma mère. C’est pour cela que mes morceaux ont ce côté un peu mélodique. Malgré mes paroles qui ont un caractère assez cru, direct, parfois agressif, auquel j’ajoute de la nonchalance, je n’oublie pas le côté textuel parce que de base, j’aime écrire tout ce que je vois et tout ce que je ressens. Mon rap est inspiré des US, mais toujours avec une petite touche malgache. Je fais de la « Plug music » : un sous-genre du rap un peu modernisé et planant. Je me définis par cela comme avant-gardiste. À côté, je suis également le directeur artistique du collectif VoayGang et un « music producer ».

Du storytelling à travers la musique ?
Je raconte des histoires. Par exemple, dans le clip du morceau Lejoma, je parle d’un bandit à Mahajanga. J’aime faire du « name-dropping », j’aime lire des livres et des journaux et Lejoma est une histoire vraie. Mais comme c’est du rap et donc du divertissement, j’y ai mis un peu de ma sauce. Le visuel correspond est à notre ère et contient des messages que je laisse au public le plaisir d’apprécier. Vu que j’ai ce côté musical et que j’aime fusionner, j’y ai ajouté un peu de gospel. Dans mes morceaux, je m’inspire aussi de la mythologie malgache : Darafify, le tire avec Ratsilahy, par exemple, se réfère à cela, mais aussi à un géant du Morengy, un art martial malgache. Sinon, j’aime la musique malgache comme le Antsan’ny Tromba et c’est pour cela que j’essaye de l’incorporer dans mes sons. J’apprécie particulièrement la musique de Maman’i Tsôlôlô — que j’ai découvert l’année dernière — et avec qui j’espère collaborer. Même si nos genres sont différents, je trouverai bien un moyen de nous réunir.

Un nouvel album à venir ?
Mon album « Bronze Is The New Gold » est prévu pour ce mois d’avril. C’est inspiré de la série Orange is the New Black. Il trace ma carrière musicale, mais il y a aussi un peu d’humilité dans l’idée du cuivre comme nouvel or. Il y a 16 titres dans l’album, dont des collaborations avec Basta Lion, avec sept gars du VoayGang et plus. J’ai essayé de garder mon style et mes idées en l’allégeant et en mettant en avant ce que je voulais raconter. Cette année, je prévois de faire le maximum de live de visuels possibles. J’ai aussi pour objectif de faire un jour un live acoustique dans un style de cabaret sauvage. Mais chaque chose en son temps ! Pour moi, tout est parti d’un rêve, et c’est pour cela que je dis autour de moi qu’il faut oser rêver, mais les rêves ne se réalisent qu’avec de l’action et beaucoup de travail derrière. Je me souviens qu’avant, j’allais à des cérémonies RDJ Mozika et je me mettais à la place du public en me disant qu’un jour, je serai parmi les faiseurs de musique. Pour certains, c’est peut-être une petite étape, mais pour moi et mon équipe, c’est un grand trophée.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Fab’s Brownz
Numéro : +261 32 81 636 12

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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