Escalier 89 : A quatre pas d’ici
13 septembre 2026 // Sortir // 74 vues // Nc : 200

À Ambondrona, il faut monter 89 marches pour trouver l'une des adresses les plus attachantes de la capitale. Le restaurant Escalier 89 joue la carte du refuge perché — on y vient pour manger, mais aussi pour rester. Livres qui traînent, jeux de société qui attendent, ambiance décontractée qui ne pousse personne vers la sortie.

Le nom, d'abord, mérite son histoire. À l'origine, Nomenjanahary Santatra Donata et son père avaient baptisé le projet « Coco Jumbo ». Puis deux touristes, lors de la finalisation, ont compté les marches et lâché l'évidence — le restaurant se trouvait exactement à la 89e. Donata a recompté d'un côté, son père de l'autre. Verdict confirmé, nom trouvé. « Ça racontait aussi l'histoire du lieu », raconte la propriétaire avec un sourire. Ce qui s'est construit ensuite l'a été à l'instinct — pas de grande expérience dans la restauration, mais une passion solide et l'envie de créer quelque chose qui leur appartient vraiment. Le résultat est une adresse qui oscille entre petite cantine familiale et repaire américain, sans vraiment choisir — et c'est précisément ce qui lui donne du caractère.

Le thé-cola au baobab, ramené de Majunga, est l'une des signatures maison — une spécialité parmi les premières proposées dans le coin, affirme l'équipe. Les burgers, eux, occupent le terrain avec une belle désinvolture — huit recettes au compteur, dont quatre signatures imaginées par Donata et son père. Double Down au fromage pané, Crispy Chicken, Beefcolada, burger zébu aux légumes grillés ou version avocat — le burger n'a visiblement pas reçu le mémo lui demandant de rester classique. « C'est nous qui avons tout créé, nous sommes autodidactes », assume-t-elle. Brochettes, pakopako et rhum arrangé maison complètent la carte. Les boissons démarrent à 2 000 ariary, les plats entre 4 000 et 25 000 ariary.

La salle d'une cinquantaine de places accueille aussi anniversaires et petits événements, avec un service traiteur sur réservation. Les horaires courent du lundi au samedi, de 9h à 20h — mais si des clients sont encore là, Donata reste. « S'il y a encore des clients, je reste toujours. »

La suite pourrait grimper encore — une adresse dédiée au rhum arrangé, des animations dominicales, peut-être du stand-up ou de l'acoustique. Pour les lives du vendredi, elle reste prudente — la musique oui, mais sans transformer l'escalier en festival de décibels. À la 89e marche, manifestement, l'idée n'est pas de redescendre tout de suite.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0384292931
Facebook : Restaurant escalier 89
Photos : Andry Randrianarisoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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