En ville avec Luana Karen Andriamamonjy
11 décembre 2021 // Downtown // 6478 vues // Nc : 143

Véritable geek, Karen Andriamamonjy est aussi une passionnée de découvertes culinaires qu’elle partage sur son blog « Kalithé ». Elle nous livre ses bons plans dans la capitale.

Votre resto favori ?
Chaque restaurant que j’apprécie possède ses spécialités, son charme, son ambiance et les avis varient selon les envies du jour. Mais si vous me demandez là, tout de suite, quels restos j’ai en tête, je pense à Cœur’o’lait à Isoraka et Sakamanga à Ampasamadinika.

Votre plat préféré ?
J’aime les sushis, le côté frais et vinaigré, les différentes combinaisons de saveurs, je suis fan.

Votre boisson fétiche ?
Le café glacé avec un nuage de lait de préférence.

Vos hobbies ?
Les jeux vidéo, depuis toute petite ! Il y a aussi le blogging à travers Kalithé, j’adore partager des recettes, des adresses qui me plaisent. Pareil pour les jeux vidéo car je suis également streameuse, c’est d’ailleurs le partage de ma passion première qui se fait du coup en direct avec ceux qui me suivent.

Un endroit pour shopper ?
Je dirai Sambalia, un endroit charmant avec de nombreux produits et ingrédients de qualité que l’on achète en vrac. Top pour ne pas gaspiller.

Les bons plans pour un apéro ou terminer la soirée ?
Les soirées et moi ça fait deux, car je suis très casanière et je les passe surtout en ligne à discuter avec des amis d’ici ou d’ailleurs. Je dirai quand même le Tamboho Suites à Ambatonakanga pour le rooftop, surtout en cette saison.

Pour les vacances ?
Mes meilleurs souvenirs restent Nosy Boraha (Sainte-Marie) où j’ai pu réaliser mon rêve de voir des baleines, puis Mahajanga et les masikita (brochettes) de Mama Nono. Et Tolagnaro (Fort-Dauphin) où je ne suis jamais allée mais on ne m’en dit que du bien.

L’événement culturel qui vous a marqué ?
Passionnée de nouvelles technologies, je pense au Novembre numérique. Il ne rassemble pas que des événements sur l’informatique car le numérique touche quantité d’autres domaines. En plus, ça fédère autant les enfants que les parents et ça permet de s’ouvrir à plein de choses.

Votre actualité ?
Avec deux amis, Dina et Steevie, on s’est lancé le défi de développer des jeux vidéo, notre passion à tous les trois. On a participé à un concours pour une incubation, le Digital Lab Africa, avec un aperçu du jeu que l’on souhaiterait sortir dans quelques années. C’est avec grand plaisir qu’on a été informés en octobre dernier que nous faisions partie des trois gagnants de notre catégorie.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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