Constructions emblématiques à Tsiroanomandidy par Hajanirina RAKOTOMALALA
6 octobre 2024 // Histoire // 3611 vues // Nc : 177

Outre son architecture personnalisée, des constructions emblématiques marquent la ville de Tsiroanomandidy. Elles impressionnent et détournent le regard grâce à leur forme et l’histoire qu’elles gardent. Constitué de quelques architectures remarquables, cet article essaie de valoriser le patrimoine bâti de la ville de Tsiroanomandidy et montrer au lecteur les potentialités de la capitale de la région de Bongolava en matière de tourisme.

L’Hôtel du Manambolo à Tsiroanomandidy, 1930

LE TEMPLE DU FRIENDS FOREIGN MISSIONARY ASSOCIATION (FFMA) DE TSIROANOMANDIDY, DEVENU FIANGONAN’I JESOSY KRISTY ETO MADAGASIKARA (FJKM) ZIONA
Ayant obtenu du Premier ministre des lettres pour les gouverneurs, le 18 juin 1875, le missionnaire quaker Joseph Sewell, en destination pour Ankavandra, foule le sol de Tsiroanomandidy pour la première fois en compagnie du révérend Pickersgill et Rainiketamanga, chrétien fervent, et de 16 porteurs pour une mission de reconnaissance à Ankavandra et de renseignements géographiques pour préparer une évangélisation future dans l’Ouest sakalava.
Un temple en torchis conduit par le secrétaire du gouverneur existait à Tsiroanomandidy depuis 1875, mais on ne trouve aucune trace de celui-ci. En 1912, les collectivités des fidèles formulent une demande au gouverneur général pour remplacer l’ancien édifice de 1901, trop étroit, dont elles obtiennent l’autorisation à ouvrir un culte public sous réserve des stipulations du décret du 11 mars 1913 sur le régime des cultes, le 09 juillet 1913. Construit en 1914 sur un jardin de culture appartenant à Rakotovao, ancien gouverneur principal, et de Rainitandra commerçant, le temple FFMA de Tsiroanomandidy mesure 13 m 50 de longueur et 6 m50 de largeur, avec une hauteur de 11m 50. Il est pourvu de deux tours carrées élevées de 2m 50 abritant le clocher. Il est composé de deux portes, six fenêtres à 1m 60 ; les quatre coins du bâtiment est fait de briques cuites. Ce temple est ravagé par un incendie criminel en février 1992. La réhabilitation lui a donné son aspect actuel.

LA CATHÉDRALE NOTRE DAME DU BON REMÈDE
Le catholicisme à Tsiroanomandidy est né suite aux réunions de prières organisées par quelques familles catholiques issues de la migration. Les efforts de François Razanadravelo portent également ses fruits. Homme instruit, influent, et animé par des convictions religieuses profondes, il réunit autour de lui les quelques familles catholiques de la région puis demande l’autorisation légale qu’il obtient pour tenir des réunions de prières dans sa maison. Avec le nombre des adeptes qui grandissent, François Razanadravelo fait appel aux missionnaires catholiques les plus proches qui se trouvent à Arivonimamo. Le Père jésuite Régis Royon célèbre la première messe à Tsiroanomandidy le 16 novembre 1917.
Depuis 1935, le catholicisme, avec ses missions sociales, convainc de plus en plus d’adeptes à Tsiroanomandidy. Les conversions d’adultes augmentent d’année en année et le taux d’accroissement des catholiques baptisés est nettement supérieur à celui de l’ensemble de la population. Cela pousse les Pères à construire une église pour remplacer l’ancienne maison de prière pour recevoir plus de fidèles. En 1954, la Cathédrale est mise en chantier. L’architecte en est le père Angelo Romano arrivé à Madagascar en avril 1930. Il reproduit les thèmes architecturaux de la Renaissance Italienne et adopte le style néoclassique italien. Les fidèles ont concouru aux travaux tandis que le père Angelo Romano surveille les travaux. La Cathédrale blanche avec ses deux campaniles est inaugurée en octobre 1957. Devenue Préfecture Apostolique en 1949, la mission catholique de Tsiroanomandidy s’agrandit de deux districts : Morafenobe et Maintirano. Enfin, le Saint-Siège érige en diocèse la préfecture apostolique de Tsiroanomandidy le 11 décembre 1958.

L’Église à Tsiroanomandidy, 1959, ANTA

LES HÔTELS
Apres avoir aménagé la ville, l’administration ouvre un circuit touristique à Tsiroanomandidy et promeut la chasse et la nature pittoresque de la région. Elle a ouvert des routes et crée des lieux récréatifs (jardin public et pergola). Les touristes, exclusivement Européens, pratiquent la chasse au Mont Ambohiby situé à une vingtaine de kilomètres de la ville. Ce mont présente des atouts majeurs du fait d’être à la fois un site naturel et archéologique. Outre ses végétations diversifiées, on y trouve des bœufs sauvages et des sangliers. Dans les forêts de Tsiroanomandidy, les oiseaux sont nombreux : on peut y rencontrer des pintades, des flamands blancs, des sarcelles, des perroquets, des perruches vertes, des perdrix, des cailles et des cardinaux. Le mont Bevato, au nord, offre une vue panoramique sur Tsiroanomandiy tandis que les bords boisés de Manambolo offrent de points de vue magnifiques. De surcroit, la ville possède deux hôtels de brousse : L’Hôtel de Manambolo et Iarivo Andrefana.

L’HÔTEL DU MANAMBOLO
En 1930, l’Hôtel du Manambolo comporte 12 chambres avec table de toilettes complètes. Son architecture, s’inspirant de trano sokera anglo-merina madio ivelany, est pourvue d’une véranda soutenue par des piliers carrés. Surnommé Magasin Be, son magasin au rez-de-chaussée vend des denrées alimentaires, des fusils de chasse et des boissons alcooliques tandis que le premier étage sert de dortoir. L’Hôtel a accueilli des touristes, des colons, des fonctionnaires et des notables proches de l’administration.

L’hôtel Iarivo Andrefana, 1952-1960, Fonds Razakandrainibe

IARIVO ANDREFANA
Le bâtiment appartient au couple Razakandrainibe arrivé à Tsiroanomandidy dans les années 1920. Razakandrainibe exerce d’abord le métier de confectionneur et cultive en même temps des plantes maraichères dont sa femme assure la vente. Le commerce florissant, il tient une gargote. Avec son client qui grandit de jour en jour, il se lance dans l’hôtellerie. Il loue une maison qui se trouve à proximité du marché couvert puis l’achète car le propriétaire habite à Antananarivo. La maison est de style anglo-merina, avec un étage. Elle comporte trois salles à manger et sept dortoirs. Ses clients sont les commerçants ambulants, des vendeurs et acheteurs de bœufs venus de loin. L’Hôtel Iarivo Andrefana se démarque par sa clientèle exclusivement malgache.

LA CROIX DE LORRAINE DE TSIROANOMANDIDY
Au cours de la Deuxième Guerre Mondiale (1939-1945), la ville de Tsiroanomandidy a participé à « l’effort de guerre », c’est-à-dire, les colonies approvisionnent en ressources financières, matérielles et en armement pour la Métropole en contexte de guerre. La ville envoie une dizaine de militaires et de denrées alimentaires et ravitailla la France en riz par le biais de l’Office du Riz installé dans la région depuis 1943 et en viande frigorifiée par le biais de la SEVIMA (Société d’Exploitation de la Viande à Madagascar). A la fin de la guerre, l’administration a décidé d’ériger une stèle commémorative réhabilitée en 1946 pour rendre hommage aux soldats ayant combattu pour la Métropole. Cette stèle à double croisillon est inaugurée le 11 novembre 1948. Vue comme symbole d’espoir, cette stèle honore les militaires et témoigne de la participation de Tsiroanomandidy tant sur le plan humain qu’économique pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG - Carambole
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Modèles : Mia, Alvine, Safidy, Ken, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

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