Cheffe Antsa du Sabakaly Restaurant
6 juin 2021 // Gastronomie // 5586 vues // Nc : 137

Situé à Faravohitra dans une maison familiale, le Sabakely est spécialisé dans la cuisine traditionnelle avec une touche noble et savoureuse. Les plats sont servis dans un décor qui rappelle Antananarivo de l’ancien temps. Aux fourneaux, la cheffe Antsa apporte sa touche de modernité.

La cheffe Antsa a d’abord commencé en tant que serveuse du temps où Sabakely s’appelait encore « Sabatelo » en 2012. Ensuite, elle est devenue commis. « À l’époque, je suivais rigoureusement ce que le chef faisait. Et au fil du temps, j’ai développé une passion pour la cuisine mais aussi parce que j’aime manger. » Elle apprend très vite et finit par surpasser son maître. Convaincu de son talent, le chef lui passe le flambeau avec l’aval des propriétaires des lieux.

Présentez-nous votre style ?
Nos plats sont principalement traditionnels inspirés de ce que nous mangeons les jours de fêtes, mais réactualisés par une touche contemporaine. Une fois en bouche, nous avons l’impression de retrouver les saveurs de la cuisine que nous faisaient nos grands-mères.

Quels sont vos produits de prédilection ?
La vanille et le combava. Ce sont les produits incontournables de Madagascar. Ils relèvent subtilement le goût de nos plats.

Quels sont les ingrédients récurrents dans vos plats ?
Des notes d’épices notamment indiennes comme le massala et le carri. Mais aussi les herbes et les feuilles que nous trouvons en abondance au marché du Tantsaha (marché des agriculteurs). Et surtout, ne jamais oublier l’ail et le gingembre, la meilleure façon de sublimer un plat malgache.

Le plat qui vous rend coucou ?
Sans hésiter, le poulet au coco à la vanille.

Votre boisson préférée ?
C’est assez compliqué de choisir parmi toutes les boissons que nous proposons, toutes à base de produits naturels, frais et locaux. Mais s’il faut en choisir une, c’est le smoothie Détox composé de persil, d’ananas et de citron.

À quelle fréquence modifiez-vous votre carte ?
Nous changeons la carte tous les ans en gardant les incontournables, bien entendu.

Comment vous y prenez-vous pour créer un plat ?
Nous faisons beaucoup d’essais, d’abord dans la famille puis en demandant l’avis de nos clients et par brainstorming avec les cuisinières. Avec toujours un clin d’œil à la tradition malgache, notre fil conducteur.

Quelle est votre actualité ? 
Très bientôt, Sabakely sera disponible sur les plateformes de livraison et nous pourrons alors livrer dans tous Tana ! En attendant, nous livrons déjà dans les quartiers environnant de Faravohitra.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

Propositions gourmandes par Cheffe Antsa du Sabakaly Restaurant

Bouquet de légumes
Henondry sy Akondro lahy (Viande d’agneau et banane plantain)
Crevettes à la sauce combava
Gâteau manioc

Recettes du mois

Varanga de viande de zébu

Ingrédients
750 g de bœuf coupé en gros morceaux
1 c. à soupe de sel
2 gousses d’ail émincées
1 oignon moyen haché
30 cl d’eau 1 c. à soupe d’huile (facultatif)

Préparation
Découper la viande et mettre les morceaux dans une casserole. Recouvrir d’eau. Saler et laisser cuire à feu moyen jusqu’à évaporation de l’eau. Pendant ce temps, éplucher et émincer les oignons, réduire l’ail en purée. Sortir la viande de la casserole. L’effilocher en enlevant une par une les fibres de la viande cuite.

Remettre la casserole sur le feu et chauffer l’huile. Faire suer les oignons dans la casserole, ajouter l’ail. Refaire cuire la viande effilochée avec les oignons et l’ail. Assaisonner selon le goût. Laisser cuire 5-10 minutes en remuant de temps en temps. Servir chaud avec du riz rouge et du rougail, sans oublier le « ro mazava ».

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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