Amad Zayad Tombovelo : « Mettre en place une académie axée sur l'écriture en langue du Nord »
22 septembre 2024 // Littérature // 6226 vues // Nc : 176

Amad Tombovelo Zayad est un écrivain dramaturge malgache originaire d’Antsiranana. Réputé pour ses œuvres telles que « Valizy mena » (Valise rouge) et « Tantaram-piainana » (Histoires de vie), il explore les dimensions culturelles et linguistiques de Madagascar à travers ses écrits. Actuellement, il vit et travaille à Marseille, tout en continuant à promouvoir la langue et la culture du Nord de Madagascar.

Des œuvres en dialecte du Nord ?
Ce qui m'a motivé à écrire en langue du Nord, c'est le constat qu'il y a peu de livres de poésies et de contes dans cette langue. Mon but est d'encourager les enfants à lire, et je pense que c'est plus facile si les livres sont rédigés dans leur langue quotidienne. La transmission des idées et des messages est plus efficace dans la langue maternelle. J'ai commencé à écrire au lycée, où j’ai créé plusieurs pièces de théâtre telles que « Zakan'i majaja », « Tia hiampita » et « Tandrema Sida », mises en scène à l'Alliance Française d'Antsiranana. En 2014, j'ai publié mon premier recueil de poèmes et de contes en langue du Nord intitulé « Tononkalom-paritra : Valin-taratasin'i Valizy Mena. » L'intérêt croissant pour mes écrits sur Internet, notamment sur Facebook, m'a poussé à publier un livre. Après avoir remporté le concours poésie et contes du groupe Facebook « Ino vaovao ??? » deux années consécutives, la demande pour mon livre a considérablement augmenté.

Favoriser le développement de la langue du Nord ?
Mon deuxième livre, « Tantaram-piainana » (2016), est une collection de poèmes et de contes en langue du Nord ainsi que de récits fictifs. Mon troisième livre, « Tso-drano » (2019), comprend également des poèmes, contes et fiction. Dans mes livres, il n’y a pas de message précis. Ils mélangent plutôt des éléments de la vie quotidienne et ma vision de la vie dans toute sa diversité. Ce que je trouve le plus important, c'est la protection des droits, notamment ceux des femmes. Lors de mes présentations à l'Alliance Française et à l'université d'Antsiranana, les enfants étaient très heureux de voir qu'il existe des livres en langue du Nord. Leur enthousiasme a été tel qu'il y a eu des acclamations dans l'amphithéâtre lorsque j'ai lu certaines de mes œuvres. Je crois qu'il serait opportun de mettre en place une académie axée sur l'écriture en langue du Nord, dans le but d'élaborer des directives claires pour les écrivains et de favoriser le développement de cette langue.

Votre actualité ?
Je continuerai à publier de nouveaux livres et à promouvoir l'art du Nord de toutes les manières possibles, y compris par la création de bandes dessinées et de dessins animés. En 2019, j'ai déjà publié une bande dessinée animée de l'un de mes contes. Tous mes livres sont disponibles à l'achat sur le site amazon.fr, ainsi qu'à Diego à la Banja (Maison de la culture).

Propos recueillis par Cédric Ramandiamanana

Facebook : Amad Zayad

FETIN'I NINDRY

Fetiny iniany, ke izy falifaly
Nan̈ano metimety, nan̈ôva taly
hatramin'ny salovan̈a ndreky kisaly
nisoloany irô lamba findesin̈y baly

An̈ivondrô zanaka tsy vôly mandrômbo
izy efa karaha anjely an̈atin'ny rôbo
ilay söra tsara, mazava trôko
navoa fin̈ifin̈y, navoa ôrokôroko

Ranomaso nandroatra mila ho very
maren̈y irô kilonga jiaby mifen̈y
tsy vôly mihira, man̈ano tsianjery
« tsisy tsaratsara mihoatra i neny »

Nandeha tônotôno, nasaka gana
fa izy tsy nambela hitana tolan̈a
Ahidin̈y rano izay tiany higian̈a
fa fetiny iniany, izy ampiadan̈ina

Irô ajaja nitsangana, nampiakatra vera
nisy araiky nivolan̈a, tsy nitaveravera
nangata-pitahian̈a ho an'i zanak'i Eva
ilay nahitan̈a masoandro, naviandrô ho meva :

«Ô Zan̈ahary tompon'ny lan̈itry fito,
arôva fahin̈any mba ho ela hahito
fa izy io olombelon̈o ten̈a tsy tindry
ho ela velon̈o anie anao nindry »

Dayaz 31/05/2015

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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