Vatofantsika : Monopoly à la sauce gasy
2 septembre 2026 // Arts Plastiques // 897 vues // Nc : 200

Et si un simple plateau pouvait raconter Madagascar autrement ? Vatofantsika n'est pas une copie du Monopoly — c'est autre chose, quelque chose de plus ancré, de plus gasy. Derrière les dés et les pions, Rabetsimarofy Andriantsoavina a construit un jeu de société qui amuse, transmet et célèbre les richesses de la Grande Île.

« Je voulais créer un jeu qui soit vraiment malgache, pas seulement un jeu inspiré de l'étranger », lance-t-il dès le début. Le point de départ est clair — se distinguer du Monopoly classique, qui repose sur l'immobilier, les terrains et les hôtels. Ici, le plateau raconte les terres, les produits et les régions productrices de Madagascar. Le jeu est né lors d'une formation au Orange Digital Center, où Rabetsimarofy apprend le design et la création graphique. D'abord un simple croquis au crayon, Vatofantsika devient après plusieurs tests et ajustements un vrai jeu de société — plateau en contreplaqué, cartes, banque, règles précises. Et le plateau lui-même est une entrée en matière, puisqu'il se présente sous forme de puzzle à assembler avant de jouer. Les joueurs sont déjà dans le jeu avant même de lancer les dés.

Sur le parcours, on traverse les richesses exportées par Madagascar — vanille, cacao, litchi, café, girofle, vin — dans leurs régions productrices respectives. Les ports jalonnent le plateau comme des balises. « Le port représente l'ouverture vers le monde, car ce sont ces endroits qui permettent aux produits malgaches d'être exportés », explique le créateur. La monnaie utilisée est l'ariary — et l'objectif est d'être le premier joueur à atteindre un million. Chaque pion représente une espèce endémique — maki, tortue, caméléon, ankoay — accompagnée de symboles traditionnels comme l'aloalo ou l'amponga. « Je voulais que chaque élément rappelle Madagascar », précise Rabetsimarofy.

Vatofantsika ne se limite pas à la stratégie financière. Des cartes culturelles ponctuent la partie — compléter un proverbe malgache, reconnaître une ville, répondre à un défi sur le patrimoine. Une couche d'apprentissage glissée dans le plaisir du jeu, sans que ça ne ressemble à un cours. Pensé pour quatre joueurs à partir de la classe de 8e, le jeu reste aujourd'hui un prototype avancé — la production à grande échelle nécessite encore des investissements pour le packaging et la fabrication des pions. Mais l'ambition est posée — collaborer avec des écoles et des entreprises, et créer à terme une marque spécialisée dans les jeux malgaches. Une partie où le but n'est pas seulement de gagner, mais de mieux connaître le pays qu'on croit déjà connaître.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0346198080/0377867953
Photos Andry Randrianarisoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Fin de saison

Lire le magazine

Fin de saison

Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Jazz@Tohatohabato

15e édition du festival Jazz@Tohatohabato, à Antananarivo du 5 au 9 août dernier
© Jazz@Tohatohabato

no comment - Jazz@Tohatohabato

Voir