Vatofantsika : Monopoly à la sauce gasy
2 septembre 2026 // Arts Plastiques // 21 vues // Nc : 200

Et si un simple plateau pouvait raconter Madagascar autrement ? Vatofantsika n'est pas une copie du Monopoly — c'est autre chose, quelque chose de plus ancré, de plus gasy. Derrière les dés et les pions, Rabetsimarofy Andriantsoavina a construit un jeu de société qui amuse, transmet et célèbre les richesses de la Grande Île.

« Je voulais créer un jeu qui soit vraiment malgache, pas seulement un jeu inspiré de l'étranger », lance-t-il dès le début. Le point de départ est clair — se distinguer du Monopoly classique, qui repose sur l'immobilier, les terrains et les hôtels. Ici, le plateau raconte les terres, les produits et les régions productrices de Madagascar. Le jeu est né lors d'une formation au Orange Digital Center, où Rabetsimarofy apprend le design et la création graphique. D'abord un simple croquis au crayon, Vatofantsika devient après plusieurs tests et ajustements un vrai jeu de société — plateau en contreplaqué, cartes, banque, règles précises. Et le plateau lui-même est une entrée en matière, puisqu'il se présente sous forme de puzzle à assembler avant de jouer. Les joueurs sont déjà dans le jeu avant même de lancer les dés.

Sur le parcours, on traverse les richesses exportées par Madagascar — vanille, cacao, litchi, café, girofle, vin — dans leurs régions productrices respectives. Les ports jalonnent le plateau comme des balises. « Le port représente l'ouverture vers le monde, car ce sont ces endroits qui permettent aux produits malgaches d'être exportés », explique le créateur. La monnaie utilisée est l'ariary — et l'objectif est d'être le premier joueur à atteindre un million. Chaque pion représente une espèce endémique — maki, tortue, caméléon, ankoay — accompagnée de symboles traditionnels comme l'aloalo ou l'amponga. « Je voulais que chaque élément rappelle Madagascar », précise Rabetsimarofy.

Vatofantsika ne se limite pas à la stratégie financière. Des cartes culturelles ponctuent la partie — compléter un proverbe malgache, reconnaître une ville, répondre à un défi sur le patrimoine. Une couche d'apprentissage glissée dans le plaisir du jeu, sans que ça ne ressemble à un cours. Pensé pour quatre joueurs à partir de la classe de 8e, le jeu reste aujourd'hui un prototype avancé — la production à grande échelle nécessite encore des investissements pour le packaging et la fabrication des pions. Mais l'ambition est posée — collaborer avec des écoles et des entreprises, et créer à terme une marque spécialisée dans les jeux malgaches. Une partie où le but n'est pas seulement de gagner, mais de mieux connaître le pays qu'on croit déjà connaître.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0346198080/0377867953
Photos Andry Randrianarisoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

Lire

26 août 2026

Golden Rose : La beauté à la turque charme Tana

La cosmétique turque a trouvé son ambassadrice à Madagascar. Golden Rose Style and Beauty vient de rouvrir dans un espace repensé, plus vaste et plus...

Edito
no comment - Tout feu, tout jeune

Lire le magazine

Tout feu, tout jeune

Le 12 août, on célèbre la Journée mondiale de la jeunesse. À Madagascar, cette journée a de quoi occuper un stade entier — les moins de 25 ans représentent plus de 60% de la population. Autrement dit, les jeunes ne sont pas l'avenir de Madagascar. Ils sont déjà le présent, et ils ont l'air pressés. Dans l'entrepreneuriat, ils sont de plus en plus nombreux à se lancer, à créer, à risquer — souvent sans filet, souvent sans aide, mais toujours avec cette énergie un peu folle qui fait qu'on se demande s'ils dorment vraiment la nuit. En culture, les nouvelles sont encore meilleures. Aina Rasamoelina vient de décrocher le Prix RFI Instrumental Afrique. Miangaly Elia rafle le Prix Paritana 2026. Madagascar rayonne, et ce sont des mains jeunes qui tiennent la torche. Alors oui, on pourrait s'arrêter là, applaudir et rentrer chez soi satisfait. Mais ce serait passer à côté d'une chose essentielle. La fougue, ça brûle fort — et parfois, ça brûle vite. Une flamme sans direction peut éclairer autant qu'elle peut consumer. C'est là que les aînés entrent en scène — pas pour reprendre le gouvernail, mais pour montrer où sont les récifs. Les jeunes ont la force, les vieux ont l'expérience, comme on dit. Ce n'est pas un combat de générations — c'est une question d'équipage. Partagez vos réussites, mais aussi vos échecs. Surtout vos échecs, d'ailleurs — ils enseignent mieux que n'importe quel manuel. À Madagascar, la barque avance. Il faut juste s'assurer que tout le monde rame dans le même sens.

No comment Tv

Interview - L’Architecture du Goût - Août 2026 - NC 199

Découvrez L’Architecture du Goût, dans le no comment® NC 199 – août 2026.
À Antananarivo, deux univers créatifs se sont rencontrés autour d'une question simple : et si l'objet qui accompagne le repas transformait l'expérience même du goût ? L'Architecture du Goût, née de la collaboration entre le Studio ARRA et Kr.Atelier, propose une réponse aussi sensorielle que visuelle. Rencontre avec Ando Ramanantsoa et Kiady Ratovoson, les deux artistes qui redéfinissent l'art de la table.

Focus

Sookany Trophy

Sookany Trophy, du 17 au 19 juillet à Antsiranana

no comment - Sookany Trophy

Voir