Anso : L’Afrique, c’est chic !
13 septembre 2022 // Mode & Design // 5532 vues // Nc : 152

Installée au Cap, en Afrique du Sud, Anne-Sophie Randriamahanina dit Anso a choisi de travailler dans la mode. Funky et engagées, ses créations s’inscrivent dans la « slow fashion », une approche éthique et respectueuse de l’environnement à contre-courant de l’industrie du vêtement.

Des briquets vides, des ouvre-boîtes, des opercules de canettes… tout est réutilisable dans l’Amazing World of Anso, référence au monde incroyable de Gumball, dessin animé dont elle est fan et qui lui a inspiré sa marque. « Mes créations sont inspirées de la culture pop. J’aime les univers débridés et plein de couleurs, comme dans les dessins animés. » Chez Anso, on recycle mais dans le fun et la bonne humeur. Son bonheur, chiner sur les marchés ou dans les brocantes pour récupérer des bijoux cassés ou abandonnés. « Je pense qu’on peut tout recycler et tirer des trésors de tout. » Et Madagascar n’est jamais loin de son imaginaire. Ayant grandi à Tana, elle a une attirance particulière pour le travail des artistes et artisans locaux. Chez eux, le recyclage et l’utilisation de matériaux naturels est comme une seconde nature. Elle-même n’hésite pas à intégrer les pierres semi-précieuses de l’île dans ses créations pour réaliser des pièces uniques. « J’aime faire les choses à ma façon, mélanger les genres, les tailles, les matériaux. La création, c’est ma façon à moi d’arriver au beau et de le rendre accessible. »

Anso a d’abord commencé par la création de bijoux. Parmi ses pièces phares, des boucles d’oreilles en opercules de canettes ou réalisées à partir de briquets, baptisées Fire Up Earrings, les Candy Charm Necks, des colliers et bracelets en perles recyclées ou encore les Stoners Rings, des bagues en pierres fines. Mais au fil des années, elle sent le besoin d’élargir ses créations et de suivre ses envies. Elle décide alors de créer des vêtements très colorés, les Upcycled Tops, à partir de chutes de tissus ramassées ou chinées. Le choix du recyclage s’est vite imposé à elle, car elle a eu tôt fait de comprendre le côté voraceet destructeur de toute production industrielle. D’où sa réponse, la slow fashion ou comment faire de la mode sans chercher à piller l’environnement ni à faire travailler des petites mains sous-payées, parfois des enfants, dans des ateliers sordides.

Après avoir obtenu son diplôme destyliste à Paris, elle quitte la France, en 2016, pour de nouveaux horizons. « L’idée de partir à l’autre bout du monde était moins effrayant que de rester à Paris dans un environnement qui ne me convenait pas », avoue-t-elle. Elle s’envole pour l’Afrique du Sud qu’elle choisit pour le potentiel artistique de sa jeunesse. Elle dépose ses valises au Cap pour parfaire son anglais et finalement créer sa propre marque. « Il y avait d’autres destinations qui m’intéressaient. L’Italie, par exemple, pour apprendre le travail du cuir, ou la Nouvelle-Zélande pour m’initier à la permaculture, à l’agriculture durable. Mais après réflexions, et compte tenu de l’état de mes économies, je me suis dit que l’Afrique du Sud était un meilleur choix. » Et ce mois-ci, elle prévoit un retour aux sources, à savoir son premier séjour à Madagascar après cinq ans d’absence. « J’en profiterai pour faire le plein de matières premières, notamment les pierres semi-précieuses, mais aussi pour faire des rencontres avec des artistes et avancer des projets. J’aime l’idée de grandir et de me transformer. »


Aina Zo Raberanto

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Exposition : Quand l'art prend racine dans le vivant

Lire

14 janvier 2026

Exposition : Quand l'art prend racine dans le vivant

Dendrophile s'inscrit dans la continuité d'Antson'ny tontolo miaina, projet initié en 2023 par la curatrice indépendante Ihoby Rabarijohn, qui relie a...

Edito
no comment - Bonne… continuation

Lire le magazine

Bonne… continuation

Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

No comment Tv

Making of shooting mode – Décembre 2025 – NC 191

Retrouvez le making of shooting mode du 𝗻𝗼 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁® magazine, édition décembre 2025 - NC 191
Prise de vue : Ambatobe Résidence 
Collaborations : Kostami - Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - Akomba Garment MG
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Addie, Kenny, Mitia, Natacha, Onitiana, Manoa, Santien, Mampionona
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

African Series Of Poker

African Series Of Poker, en décembre à l’Hôtel Carlton à Anosy

no comment - African Series Of Poker

Voir