Tress'or Compagnie : De la cuisine aux étagères
2 avril 2026 // Déco // 2082 vues // Nc : 195

À Sambava, Lova Hajamanana tresse la vanille depuis plus d'une dizaine d'années. Des bateaux, des femmes, des oiseaux, des tortues — toujours aussi parfumés. Une matière noble, un savoir-faire singulier, et une façon inattendue de raconter Madagascar.

Un bateau. Une femme. Un avion. La vanille prend toutes les formes possibles, avec pour seule limite l'imagination de l'artisan. Toujours parfumée, texturée, fidèle à sa couleur d'origine — cette teinte brun-noir profonde qu'on reconnaît entre mille — la vanille tressée de Lova Hajamanana commence par un geste simple : choisir. Des gousses de bonne qualité, sélectionnées et traitées à la main. « Nous utilisons des techniques spécifiques pour assouplir la vanille afin qu'elle devienne plus flexible sans l'endommager », explique l'artisan. Parce que la matière, ici, ne pardonne pas l'approximation. « La vanille est délicate, elle doit être manipulée avec soin pour conserver son parfum, sa couleur et sa forme », rajoute-t-il. L'idée vient de loin.

Lova Hajamanana s'est inspiré de ses observations dans les régions productrices de la zone SAVA, là où la vanille est une affaire sérieuse — économiquement, culturellement, identitairement. De l'observation à la création, il y a eu des essais, des tresses ratées, des formes abandonnées. Et puis des réussites. De la petite voiture à l'avion, chaque pièce est, selon l'artisan lui-même, un défi artistique et technique, certaines plus complexes que d'autres. On le croit volontiers.

Créer des objets de décoration avec une épice, l’idée est farfelue. Pas pour Lova. De tous les produits malgaches, la vanille reste celui qui fait résonner le nom de la Grande Île à l'échelle mondiale. « En la travaillant sous forme artistique, nous voulons montrer qu'elle n'est pas seulement une épice, mais une matière noble capable de devenir une œuvre d'art et un symbole du savoir-faire malgache », martèle-t-il. Les créations — originales ou personnalisées — font le tour de l'île et du monde, souvenirs ou cadeaux qui emportent avec eux un parfum de région SAVA.

La conservation demande quelques précautions : à l'abri de l'humidité et de la lumière directe, dans des emballages hermétiques pour prolonger le parfum. « Comme toute activité artisanale liée à une matière naturelle, nous faisons face à des défis, notamment la disponibilité et la qualité de la vanille », regrette Lova Hajamanana, qui continue d'adapter son art, et prévoit de former de nouvelles personnes pour transmettre ce savoir-faire. Une épice qui enchante les plats. Et maintenant les étagères.

Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Tress’or Madagascar
Contact : +261 34 30 796 96

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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