À Andranobevava, là où commence la RN3, un détail attire l’attention des habitués : on peut désormais manger la saucisse de Talatan’i Volonondry sans faire les vingt kilomètres de route. Le RN3 Sausage House s’est installé là, presque comme un raccourci assumé. Une réponse simple à une habitude bien ancrée : prendre la route juste pour une grillade.


Cette idée est venue de ce constat. Beaucoup de gens faisaient le déplacement juste pour ça. « On s’est dit qu’on pourrait apporter cette spécialité ici, à Antananarivo », raconte Hasii Andriantsoava, chef cuisinier et cofondateur. Avec Tsiorimalala Onjaniaina Rakotoarisoa et Miora Ratovoson, il a créé un lieu qui respecte le produit tout en l’ajustant à ce nouvel environnement. L’endroit reste simple et ouvert. Les tables sont espacées, on sent l’odeur des grillades, et un terrain de foot est tout près. On s’y installe sans formalité. « Après avoir joué ou couru, les gens viennent manger, discuter, rester un moment », précise Hasii. Cet endroit fait un peu comme une prolongation de la route elle-même.
Au centre de l’assiette, on retrouve la saucisse de Talatan’ny Volonondry, bien connue et facilement identifiable. Mais chez RN3 Sausage House, elle est un peu modifiée. « À Maurice, je mangeais souvent des saucisses après le travail. J’ai voulu recréer cette expérience avec un produit local », explique Hasii. C’est une idée simple, sans prétention, mais qui guide le menu. Ce qui change vraiment, c’est surtout dans les sauces. Il y a passé du temps, faisant plusieurs essais. « J’ai beaucoup testé », dit-il simplement. Son séjour en Chine lui a ouvert à de nouvelles combinaisons et à différents équilibres. À son retour, il a adapté ces influences aux goûts du coin. Il propose des accompagnements variés, parfois surprenants, mais pensés pour compléter la saucisse, pas la couvrir.
La carte reste accessible. Pain-saucisse, grillades, quelques plats d’inspiration asiatique. Les prix oscillent entre 5 000 et 70 000 ariary. « Rien d’ostentatoire », souligne Hassi Andriatsoava. L’objectif n’est pas de réinventer la cuisine, mais de proposer une alternative cohérente à une pratique déjà existante. Puis, presque naturellement, le lieu dépasse la simple restauration. Le week-end, la musique live s’installe. Les enfants occupent les espaces de jeu, les groupes prolongent la soirée. « On voulait un endroit simple, mais où les gens peuvent rester », explique Tsiorimalala Onjaniaina Rakotoarisoa. Une manière de fixer ce qui, autrefois, nécessitait un déplacement. Un rooftop est en projet, capable d’accueillir davantage de monde. Rien de spectaculaire, mais une suite logique. À Andranobevava, la RN3 commence. Et, désormais, le détour vers Volonondry n’est plus systématique.
Lucas Rahajaniaina
Facebook : RN3 Sausage house
Photos : Andry Randrianarisoa