Razafindrakoto Fidel : Soudé à la tradition
29 juillet 2026 // Métiers & Petits Métiers // 1815 vues // Nc : 198

Au PK 42 de la RN1, entre Antananarivo et Itasy, les étincelles jaillissent derrière un petit atelier ouvert sur la route. Razafindrakoto Fidel y façonne des charrettes métalliques et des équipements agricoles destinés aux campagnes malgaches. Héritier d'un savoir-faire familial, il perpétue un métier discret mais essentiel.

À Itasy, région de vastes rizières et de dynamisme rural, la charrette reste bien plus qu'un moyen de transport — elle accompagne les récoltes, relie les villages aux champs. Longtemps fabriquée en bois, elle se réinvente ici sous une forme métallique. Tubes d'acier, pneumatiques recyclés, plaques soudées : chaque pièce est pensée pour durer. « Nous avons voulu proposer quelque chose de plus résistant que les modèles en bois », explique Fidel en observant une ossature en cours d'assemblage. Le métal tient mieux face à l'humidité et aux intempéries — un avantage décisif dans des zones où les équipements sont soumis à rude épreuve. Chaque charrette demande environ une semaine de travail. Découpe, soudure, assemblage, peinture : rien ne s'improvise. « Une erreur de dimension peut compliquer tout le reste », souligne-t-il avec un sourire mesuré.

Cette activité est aussi une histoire de transmission. Son grand-père fabriquait déjà des équipements agricoles. Son oncle a conçu une machine de battage du riz encore utilisée dans plusieurs régions du pays. Fidel, lui, a poursuivi l'aventure à sa manière, après plusieurs années dans les ouvrages métalliques. Les défis ne manquent pas : les matériaux doivent être achetés à Antananarivo, faute d'approvisionnement local, et le financement reste le principal frein au développement. Malgré tout, les commandes arrivent — de Bongolava, de Maintirano, d'autres régions agricoles. Une charrette complète se vend autour de 5,2 millions d'ariary, une machine de battage à environ 250 000 ariary. L'atelier produit entre trois et quatre charrettes par mois. « Notre objectif est de développer l'atelier et d'acquérir davantage d'équipements pour produire plus », confie-t-il avec conviction. Au bord de la RN1, Fidel ne fabrique pas seulement des charrettes. Il donne au métal la forme d'un outil de travail, de mobilité et d'avenir.

Lucas Rahajaniaina

Contact téléphone : 0335927447
Photos Andriaparany Ranaivozanany

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