Ramjasy : Rap conscient
1 mai 2022 // Musique // 15658 vues // Nc : 148

Une musique et des textes qui interpellent mais surtout qui donnent de l’espoir. C’est ce que le groupe Ramjasy veut montrer à travers leur premier album Toateny qui devra sortir pour ce début du mois de mai. Les six membres proposent un rap conscient entre jazz, soul et musique traditionnelle malagche.

Le groupe se distingue par son éclectisme mais dont le cœur reste le rap. Des textes engagés qui livrent une vision plutôt positive de la société actuelle. Des textes écrits par Toavina Rafanomezantsoa qui a fait du rap, des rimes et de la poésie son arme de prédilection pour éveiller les consciences. Il commence à écrire en 2014 et sort un premier album trois ans plus tard mais malheureusement, n’a pas trouvé écho auprès du public.
En 2018, il fait la rencontre du Sandy Rajaofetra qui lui propose une tournée avec deux autres rappeurs déjà connus, Epistolier et Eklyps. « C’est à ce moment-là que j’ai su ce que je voulais vraiment faire, du rap mais avec de vrais musiciens et ne pas faire appel à des beatmakers. » Il se lance donc dans l’aventure, d’abord avec Tahiry Andriamanoro, batteur, chanteur et arrangeur. Ensuite, la formation se complète avec Rasafidy à la valiha, Boka Rahaj à la guitare, Angelo Santatriniaina à la basse, Bil Rakotomalala, également à la basse.
« D’habitude, les rappeurs font des featuring entre eux. Cette fois-ci, nous voulons plutôt faire des collaborations entre musiciens pour donner plus de matière à notre travail. Par exemple, sur certaines chansons, comme Fanantenana tsy maty (L’espoir n’est pas mort), nous avons fait à appel au saxophoniste Kevin Mirija. » Grâce à ce mélange, le groupe offre une palette de sons et de mots dans chaque morceau. On retrouve parfois du jazz, de la soul, des rythmes malgaches sans en faire trop, toujours dans la justesse et l’équilibre. Le rap de Toavina s’écoute facilement pour ceux ou celles qui ont du mal avec ce genre musical. Une voix posée, sans agressivité. « Nous voulons garder la simplicité pour transmettre nos messages parce qu’on veut cibler un public large. Je pense que nous avons quand même réussi. Nous avons fait la première partie de The Dizzy Brains à la Teinturerie. Le public, très rock, était sceptique en nous voyant sur scène. Mais finalement, le public était ravi de notre prestation et surtout de notre musique. »
Le groupe s’est constitué un public majoritairement jeune, sensible à leurs messages. Toavina parle de la réalité, de l’environnement, des droits de l’Homme, des responsabilités des jeunes et surtout de l’espoir. « On entend souvent les gens dirent « Tsisy fika intsony ty Madagasikara ity (Il n’y a plus d’espoir pour Madagascar). Nous voulons prouver que c’est faux ! Je discute beaucoup avec de jeunes, qui eux, gardent espoir et font le maximum pour faire bouger les choses. Nous, nous le faisons à travers notre musique. » Et c’est dans un album de 15 titres intitulé « Toateny » que Ramjasy veut raconter cet espoir et leur histoire. « En plus des chansons, nous avons tourné une sorte de documentaire qui raconte notre parcours et la réalisation de cet album. C’est aussi important que les gens sachent qu’il y tout un travail derrière, c’est un réel investissement. » L’album sortira ce 2 mai.


Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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