Rado Kely : Ca roule !
26 janvier 2026 // Que sont-ils devenus ? // 1111 vues // Nc : 192

On le croyait cloué au sol faute de moyens, mais Rado Kely a encore trouvé une rampe pour s’élancer. Direction l’Afrique du Sud, cœur battant et board affûtée.

Un autre rêve réalisé. En novembre, le rider gasy, Rado Kely s’est envolé pour l’Afrique du Sud. Board sous le bras, détermination en bandoulière, il s’est parti pour participer à l’Ultimate X, l’un des plus grands rendez-vous du skate africain. Une aventure rendue possible grâce à un réseau de soutien solide : « J’ai pu y aller avec l’aide du Skateboarding Malagasy Educational Group (SMEG), Legalizeo, Custom 261, Follow Skate Shop 261, et Gnefy Skateboard », explique-t-il. On sent, dans sa voix, la reconnaissance de celui qui sait que rien ne se fait seul.

Ce voyage aurait dû être une étape intermédiaire vers un rêve encore plus ambitieux : le World Skate Tour, au Japon. Pas une compétition comme les autres, mais un rendez-vous de sélection olympique, là où se façonnent les espoirs de Paris 2028 et au-delà. Et Rado n’allait pas y aller en touriste. « J’ai reçu une Wild Card, une invitation spéciale », dit-il, presque surpris lui-même. Une reconnaissance rare, qui confirme une chose : sur une rampe, ce jeune homme n’est plus « Kely » (petit) que de nom.

Mais derrière les projecteurs du skate mondial se cache une réalité que beaucoup connaissent trop bien : l’argent, lui, ne suit pas toujours. Faute de moyens financiers, le Japon restera pour l’instant en suspens. « Une blessure, peut-être, mais pas une défaite. « Mais je n’abandonne pas », ne se laisse-t-il pas abattre. Et la manière dont il avance laisse entendre qu’il n’est pas du genre à laisser une porte fermée trop longtemps.

Dans son quotidien, Rado porte une autre casquette — celle de président du SMEG. « Un titre, mais surtout un engagement », souligne le garçon. En plus d’être athlète, Rado est également mentor, passeur de relais, grand frère de toute une génération de riders qui débarquent, hésitants ou surexcités, sur les trottoirs d’Antananarivo. Deux d’entre eux ont même pu participer au Christian Skaters Africa grâce à lui. « C’est surtout pour eux que je me bats. Je veux qu’ils aient des objectifs, qu’ils puissent viser l’international », souligne-t-il. Son rêve dépasse le simple fait de faire voler une planche. Il veut structurer le skate malgache, créer des clubs, une fédération, un jour même une école ou un skate park. Priant que tout ira bien, comme sur des roulettes.

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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