Psy-kôzy Madagascar : Kôzy vrai
11 janvier 2026 // Assos // 1335 vues // Nc : 192

Quelles sont les chances que vous soyez atteint de trouble mental ? Personne ne le sait à l’avance. Depuis 2021, l’association Psy-kôzy Madagascar s’est donné pour mission d’ouvrir la discussion, de lever les silences et de combattre les stigmatisations. Sa présidente, Cathia Mamison, étudiante en psychologie sociale et interculturelle, livre les détails.

Comment abordez-vous la santé mentale ?
Notre objectif est avant tout de sensibiliser et d’informer, afin d’agir en amont. Aujourd’hui, l’association intervient dans les écoles, les hôpitaux, mais aussi à travers une cellule d’écoute pour prévenir. La réalité à Madagascar montre que les soins médicaux seuls ne suffisent pas. Au-delà du traitement, il faut penser à la réinsertion sociale, car la stabilité psychique passe aussi par des conditions de vie décentes. Sur le long terme, nous envisageons la création d’un centre ressource de réhabilitation psychosociale. Il réunira des professionnels de plusieurs disciplines, travaillant à la fois avec les patients et leurs familles, dans le cadre clinique et hospitalier. Il s’agira aussi de remédiation cognitive, car les troubles laissent des séquelles sur la mémoire, le sommeil ou la capacité de décision. La réinsertion professionnelle et une cellule d’écoute feront également partie du dispositif. Ce projet prendra du temps, mais nos membres se forment déjà au centre de réhabilitation psychosociale de Lyon. Cette année encore, nous célébrons les cinq ans de l’association.

Mais qu’est-ce que la santé mentale ?
Nous nous appuyons sur la définition de l’Organisation mondiale de la santé : un « état de bien-être » qui permet à une personne de réaliser son potentiel, de faire face au stress quotidien, de travailler de manière productive et de contribuer à sa communauté. Contrairement aux idées reçues, la santé mentale ne se résume pas à l’absence de trouble. Se sentir bloqué, « sans issue », peut déjà être un facteur de vulnérabilité psychique. Le terme adala (fou/folle) renforce cette stigmatisation, comme si le corps et l’esprit étaient séparés. Or ils sont intimement liés. La « folie » reste une représentation sociale, et la seule réponse durable, c’est la sensibilisation, même si cela prend du temps.

Quel environnement serait idéal pour un patient ?
Un environnement de soin complet, incluant la famille, le milieu professionnel et l’entourage. Cela passe par des suivis psychiatriques, psychologiques et neuropsychologiques, mais aussi par une approche sociale et personnelle. La culture, l’éducation et même les choix budgétaires influencent fortement la santé mentale. Aujourd’hui, la situation est préoccupante : nous sommes passés d’environ 23 psychiatres en 2023 à seulement 11 pour toute l’île. Face à cela, Psy-kôzy veut apporter écoute, réconfort et accompagnement. Nous sommes une trentaine de membres et restons accessibles via nos appels sur les réseaux sociaux.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook: Association Psy-kôzy Madagascar
Contact: associationpsykozy@gmail.com / +261 34 95 825 98 (WhatsApp)

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
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