Ngiah Tax Olo Fotsy : Rappeur à l'état pur
10 juin 2023 // Musique // 9738 vues // Nc : 161

Juslain Totolava, plus connu sous le nom de Ngiah Tax Olo Fotsy, est originaire de la région Antsinanana (Diégo Suarez) dans le nord de l’île. Il figure parmi les icônes du rap, reconnu aujourd’hui sur la scène nationale et internationale.

De prime abord, son nom pourrait passer pour de l’ironie. Comment s’appeler Olo fotsy qui signifie « homme blanc » alors que sa couleur de peau est noire ? Ngiah Tax s’explique dessus. « Le nom est assez philosophique, car pour les Malgaches, c’est l’âme qui fait l’homme et la couleur blanche signifie la pureté.  Ngiah Tax Olo Fotsy veut donc signifier Tax l’homme pur. » Un état d’esprit qui se reflète dans ses chansons. Si, pour percer dans le rap game, les rappeurs n’hésitent pas s’inventer une vie, Juslain préfère rester « real », soit, être lui-même.

Si cet artiste connait un grand succès de nos jours, ce n’est pas un hasard. « Depuis mon enfance, j’ai toujours été bercé par la musique. Mes parents écoutaient énormément les légendes de la musique malagasy tels que Jaojoby, Ejema, Mily Clément. Durant ma jeunesse à Sambava, il y avait également un groupe dans mon quartier qui était composé de grands noms du rap comme Lousfah, Menamaso, Jah Cool, Tony Beljah. J’étais fasciné par ce qu’ils faisaient, de plus, j’adorais le style et le rythme. À cette époque, je savais déjà que j’allais en faire mon métier ». La plaque tournante de sa carrière s’est produite à l’université de Toamasina. « En 2009, je suis tombé sur un groupe d’amis qui étaient dans le rap. Leur crew (collectif) s’appelait Ampsy-Dyh. Je les accompagnais régulièrement au studio alors j’ai commencé à m’essayer à la trap, l’égo trip ainsi qu’au drill. Heureusement, j’ai continué sur cette voie et ça a lancé ma carrière qui, aujourd’hui, dure depuis 7 ans ». Pour la minute histoire, la trap est un courant musical qui a émergé du DirtySouth des Etats-Unis au début des années 2000. Quant au drill, il s’agit d’un sous-genre musical du hip-hop lancé par des rappeurs et producteurs de South Side, Chicago vers l’année 2010.

Le rappeur malgache a commencé à faire parler de lui en 2014 avec son titre « Sôra nôfotro ». Il a ensuite explosé les écrans avec son célèbre hit « Azafady » sorti en 2017, une chanson d’amour dans lequel l’homme demande pardon à sa femme. Cette initiative a largement été plébiscitée, car elle sort du contexte machiste et misogyne qui règne dans la société malagasy. « Ce titre m’a propulsé devant la scène nationale. Je suis même parti en France pour la première fois afin de réaliser son clip. Avant ça, je ne récoltais que des succès d’estime. » À savoir que la réalisation et la production du clip d’« Azafady » ont été confiées à l’équipe de Maitre Gims.

Toutefois, Ngiah Tax déplore le fait de n’être qu’un rappeur au sein de la Grande Ile. Selon lui, le rap ne paye pas assez à Madagascar. « Vivre d’une carrière de rap est assez compliqué à Madagascar. Il faut bien payer les factures et assurer une rentrée d’argent quotidienne, c’est pourquoi je me suis tourné vers les rythmes tropicaux comme le salegy, le gomalahy … Pour autant, je n’oublie pas mes racines de rappeur. Si quelqu’un avait le malheur de me clasher, je lui ferais mordre la poussière » déclare-t-il en riant.

Pour l’écriture de ses textes, Ngiah Tax s’inspire généralement de ce qu’il voit dans la société. Il y a, entre autres, la beauté de l’amour et ses lots de déception, les problèmes récurrents de la jeunesse malagasy, l’inspiration issue de l’euphorie des soirées et des fêtes qu’il anime. « Je suis quelqu’un qui voyage beaucoup. Il y a énormément de choses à raconter et la musique est le meilleur moyen pour transmettre les émotions. » Avec toute la notoriété autour de lui, le jeune homme réussit à garder les pieds sur terre et vivre une vie normale. « La célébrité me pousse vers l’humilité. Sans le soutien du public, je ne serai pas là où j’en suis actuellement. En vérité, je préfère la sympathie des gens par rapport au succès. » En exclusivité pour no comment®, il confie qu’il y a un projet sur les rails. Des artistes telles que Tence Mena y figurera en featuring. En ce qui concerne la clé du succès pour percer dans la musique, il nous donne quelques conseils. « La passion et patience. Donnez le meilleur de vous plutôt que de constamment chercher la célébrité. En fait, la célébrité, c'est comme une ruche. On ne peut pas forcer les abeilles à aller à un tel ou tel endroit. Elles choisissent elles-mêmes où elles voudront s’installer et produire le miel ».

Propos recueillis par  Girard Ravelomanantsoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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