Moon’s : Accro au crochet
2 octobre 2024 // Mode & Design // 7564 vues // Nc : 177

Avec sa pelote, et son crochet, Moon’s déverse beaucoup de son amour dans chacune de ses bijoux. Moon’s est la marque de Luna Richie, femme passionnée du fait mains, qui crée, elle-même, des boucles d’oreilles, des colliers, et des vêtements, à l’image de ses pairs, en accord avec la culture de son pays, Madagascar. De la capitale, la créatrice opère, depuis 2022, pour apporter cette brillance au style, comme elle seule sait le dire sur ses réseaux « Let’s Shine your Style » !

Une histoire de bijoux et de crochet ?
Au début, je n’avais pas dans l’idée de faire du crochet : c’est un talent que j’ai hérité et développé avec ma défunte grand-mère. J’ai été la seule à être vraiment douée pour cela, parmi ces petits enfants, et j’ai décidé de conserver cette passion qu’elle avait. La marque Moon’s est née en 2021, et après une année d’observation, j’ai commencé à être active dans mes créations en 2022. Je trouve que les bijoux faits mains ont quelque chose de différent, d’autant qu’ils mettent en avant une matière peu commune : ce n’est ni du raphia, ni du fer, mais de la pelote. Ma grand-mère, à son décès, est la première personne pour qui j’ai confectionné mes premières paires de boucles d’oreilles, de couleur marron et beige, la couleur de Moon’s, inspiré de tout ce qu’elle a aimé : je les ai posés sur elle avant qu’elle ne parte, et j’ai vu qu’elles lui allaient. Le déclic est arrivé à ce moment, et j’en ai profité pour, d’une certaine manière, demander sa bénédiction. J’ai commencé par les bijoux en crochet pour aller, petit à petit, vers la création de vêtements.

Photos Moon's

Comment se passe le processus de création ?
Auparavant, je dessinais. Plus tard, j’ai réalisé que c’était une perte de temps : je préfère directement réaliser, et voir comment assembler. De base, je crée les bijoux seule, et une paire – si l’on prend exemple sur la collection Flowers – peut prendre 15 minutes, et une vingtaine pour une journée. En tant que création, il y a toujours des défis : si le modèle auquel j’ai pensé n’en ressort pas, il y a toujours des risques de perte du temps et de la matière première, d’autant que le travail requiert de la délicatesse et beaucoup d’amour. C’est, pour moi, l’essence de l’artisanat : livrer la création et tout l’amour qu’on peut donner à travers les produits, et cela se voit, quand on y a mis du cœur. Je m’inspire surtout de mes observations au quotidien pour créer des prototypes, et c’est à partir de cela que je peux voir ce qu’il y a changé, ou pas. Étant également dans le milieu de la mode, je regarde souvent les catalogues et défilés de mode, et je m’inspire des couleurs de vêtements. La difficulté étant que je suis assez strict sur la qualité de ma matière première : je peux personnaliser des bijoux, mais toujours en m’assurant de la qualité du produit et de ma pelote.

Comment décrirez-vous votre marque ?
En trois mots, Moon’s, c’est : élégance, brillance et originalité. Le slogan de la marque est « Let’s shine your style » (faisons briller votre style), c’est-à-dire que nos bijoux cherchent à ramener une tout autre allure à celles qui les portent. C’est une marque pour toutes les femmes : il y en a pour les petites filles, les jeunes femmes et les plus âgées, mais également pour ceux qui n’ont pas de piercings. En trois ans, Moon’s a déjà sorti trois collections, dont les plus récentes, « Gasigasy » et « Flowers », celle-ci est devenue le top un et la plus appréciée de Moon’s. Un des objectifs de Moon’s est également de mettre en valeur la culture malgache. Je trouve qu’elle se perd peu à peu, et la mettre en avant est une des principales motivations de la marque. Et comme je l’ai dit, l’idée est de valoriser toutes les femmes : prochainement, je prévois de travailler avec une association de femmes sourdes-muettes, les former et leur proposer d’être des modèles photo pour la marque Moon’s. Une idée que je véhicule à travers la marque et chaque publication, est que toutes les femmes sont victorieuses, quoi qu’il arrive, quoi qu’elles fassent.

Parlez-nous de l’événement Korondra Mikea…
En septembre, une levée de fonds a été organisée à l’Hôtel de Ville d’Antananarivo. Un événement où toutes les ventes de Moon’s vont vers une caisse pour aider les Mikea, en collaboration avec de grands stylistes malgaches comme Soatia, Mianjaika Créa et Fanala. Pourquoi les Mikea ? Toujours dans cette lancée de mettre notre culture en valeur, l’idée est de faire connaître cette communauté, dont l’environnement et la culture se retrouvent en danger. On les considère comme des hommes sauvages, et pourtant, ils ont une culture qui leur est vraiment spécifique. C’est une exposition que nous avons faite avec Thierry Cron, et le peuple Mikea. C’est ce qui porte la marque Moon’s, et l’idée d’être poussée, non pas par les contraintes, mais par les rêves.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : Moon’s
Contact : 034 08 200 57 (Luna Richie)

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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