Mitady ny tsy fantatra : Chercher suffit
25 février 2026 // Arts de la scène // 43 vues // Nc : 193

Premier recueil, premières vertiges. Avec Mitady ny tsy fantatra, Orad délaisse la scène slam pour une poésie plus intime, où l’amour, la solitude et l’attente se frottent à l’inconnu, sans promesse de réponse.

Aux mille attentes et questionnements face à l’amour et à la solitude, Rado Ravalison, connu sous le pseudo Orad au slam, publie en novembre 2025 son premier recueil de poèmes.

Une plume spontanée, couchée entre 2021 et 2024. À 26 ans, en sait-il assez de la vie pour en parler ? Oui. En vers, malgré lui, il incarne ce vingtenaire en quête de réponses. Sur quoi ? Personne ne sait vraiment. Mitady ny tsy fantatra. Le livre rassemble 72 poèmes en malgache, répartis sur 90 pages et six parties. La couverture, dominée par un ciel bleu nocturne, montre un homme tenant une lampe minuscule, éclairant à peine ses pas. Une métaphore limpide. « C’est en lisant un écrivain autrichien, Rainer Maria Rilke, que j’ai pu avoir des questionnements quotidiens que j’ai mis sur papier », confie Rado Ravalison. Dans ses textes, la nature revient souvent, et surtout le soleil : sa chaleur, ou le froid brutal de son absence.

On découvre ici une autre facette d’Orad. Le slameur aux textes imagés, au storytelling maîtrisé et parfois ponctué de plot twists, laisse place à Rado Ravalison, plus nu, presque brut. « C’est un petit journal intime, mais pas dans le sens où je vais le cacher », précise-t-il. Il parle d’amour, oui, mais un amour diffus, jamais clairement nommé. Pour qui ? Pour quoi ?

Les premières pages sont portées par une écriture libre, jeune, presque amusée. Les symboles d’un espoir amoureux encore intact. Puis, peu à peu, le ton se densifie. L’amour, censé réchauffer, devient source de douleur. À la troisième partie, Miana-kendry, le poète bascule dans l’obscurité. Il est seul, Irery (p.66), abandonné par ses rêves. Cette solitude, devenue révolte face aux attentes, le pousse à s’arrêter, à reprendre souffle. Rado Ravalison revient sans cesse aux rêves, au lendemain comparé à un soleil qui tarde à se lever. Son amour ne lui a jamais dit « oui ». Il s’y accroche pourtant, comme un arbre à ses racines, malgré les Rivotra (p.53). Mitady ny tsy fantatra ne promet aucune solution. Il offre mieux : une présence. Une compagnie précieuse quand tout paraît intenable, inatteignable.

Rova Andriantsileferintsoa

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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