Compagnie Ako : Pièce à conviction
18 janvier 2026 // Arts de la scène // 1514 vues // Nc : 192

En novembre dernier, à l’IFM Analakely, la compagnie Ako a présenté Tsimbalivaly, une comédie musicale en trois actes écrite et mise en scène par Miora Anjaratianarivony. Un spectacle dense, vivant, qui rappelle que – malgré un contexte difficile – le théâtre malgache continue d’inventer, de chercher, et surtout, de jouer.

Pas qu’une simple représentation de plus dans l’agenda culturel. La pièce Tsimbalivaly de la compagnie Ako se positionne comme une prise de parole. Sur scène, des corps en mouvement, de la musique, des dialogues qui glissent du rire à la gravité. En coulisses, les comédiens s’acharnent à faire exister le théâtre contemporain dans un pays où cet art n’occupe plus la place qu’il avait autrefois. C’est de cette obstination qu’est née La Compagnie Ako. À sa tête, Miora Anjaratianarivony, auteure et metteuse en scène, formée très tôt auprès de Mbato Ravaloson. « Il voulait former des comédiens, mais aussi des personnes capables de diriger. C’est là que j’ai appris les bases, le sens du collectif, la rigueur », raconte-t-elle. Elle affine ensuite son regard auprès de figures comme Tropy Jeannette et la compagnie Miangaly Théâtre. « Les observer m’a appris la présence scénique, le rythme, la manière de tenir un public », confie l’artiste.
Chez Ako, écrire et être metteur en scène sont deux choses indissociables. Miora est auteur sur la plupart des spectacles mais elle adapte également des pièces comme Vakivakim-piainana ou Rabeniomby et Ravolahanta.

Les créations s’amorcent souvent au cours des répétitions. « Chacun peut proposer. Si ça sert le message, on garde. Sinon, on avance », dévoile Miora. Le théâtre qu’elle défend se défait volontairement du classique. Spectacle à géométrie variable, avec croisement de formes, espaces mobiles, improvisations… un véritable terrain d’expérimentation. « La technologie peut être un plus, mais elle n’est jamais indispensable. Même sans argent, un spectacle peut marcher. La scène reste un espace profondément humain », martèle la metteuse en scène.

Cependant, les spectateurs se font plus rares. Le théâtre, qui doit supporter la concurrence d’autres loisirs plus visibles, a du mal à attirer. « Il y a un vrai manque de communication. Beaucoup ne savent même pas qu’il y a des représentations », remarque Miora. Le théâtre n’a pas la côte au sein des médias non plus. Pour autant, Ako persévère. En effet, les thèmes abordés – amour, souffrance, liberté de choix – sont toujours d’actualité. Une création autour des contes est déjà en cours de confection pour janvier 2026, preuve que la compagnie perçoit le théâtre comme une matière vivante, en perpétuel dialogue avec la société. Sans être tendance, le théâtre malgache survive. Et avec des compagnies comme Ako, il démontre qu’il n’a pas encore tout dit — et des publics à toucher, même au compte-goutte.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0348819106
Facebook : Compagnie Ako

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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