Compagnie Ako : Pièce à conviction
18 janvier 2026 // Arts de la scène // 34 vues // Nc : 192

En novembre dernier, à l’IFM Analakely, la compagnie Ako a présenté Tsimbalivaly, une comédie musicale en trois actes écrite et mise en scène par Miora Anjaratianarivony. Un spectacle dense, vivant, qui rappelle que – malgré un contexte difficile – le théâtre malgache continue d’inventer, de chercher, et surtout, de jouer.

Pas qu’une simple représentation de plus dans l’agenda culturel. La pièce Tsimbalivaly de la compagnie Ako se positionne comme une prise de parole. Sur scène, des corps en mouvement, de la musique, des dialogues qui glissent du rire à la gravité. En coulisses, les comédiens s’acharnent à faire exister le théâtre contemporain dans un pays où cet art n’occupe plus la place qu’il avait autrefois. C’est de cette obstination qu’est née La Compagnie Ako. À sa tête, Miora Anjaratianarivony, auteure et metteuse en scène, formée très tôt auprès de Mbato Ravaloson. « Il voulait former des comédiens, mais aussi des personnes capables de diriger. C’est là que j’ai appris les bases, le sens du collectif, la rigueur », raconte-t-elle. Elle affine ensuite son regard auprès de figures comme Tropy Jeannette et la compagnie Miangaly Théâtre. « Les observer m’a appris la présence scénique, le rythme, la manière de tenir un public », confie l’artiste.
Chez Ako, écrire et être metteur en scène sont deux choses indissociables. Miora est auteur sur la plupart des spectacles mais elle adapte également des pièces comme Vakivakim-piainana ou Rabeniomby et Ravolahanta.

Les créations s’amorcent souvent au cours des répétitions. « Chacun peut proposer. Si ça sert le message, on garde. Sinon, on avance », dévoile Miora. Le théâtre qu’elle défend se défait volontairement du classique. Spectacle à géométrie variable, avec croisement de formes, espaces mobiles, improvisations… un véritable terrain d’expérimentation. « La technologie peut être un plus, mais elle n’est jamais indispensable. Même sans argent, un spectacle peut marcher. La scène reste un espace profondément humain », martèle la metteuse en scène.

Cependant, les spectateurs se font plus rares. Le théâtre, qui doit supporter la concurrence d’autres loisirs plus visibles, a du mal à attirer. « Il y a un vrai manque de communication. Beaucoup ne savent même pas qu’il y a des représentations », remarque Miora. Le théâtre n’a pas la côte au sein des médias non plus. Pour autant, Ako persévère. En effet, les thèmes abordés – amour, souffrance, liberté de choix – sont toujours d’actualité. Une création autour des contes est déjà en cours de confection pour janvier 2026, preuve que la compagnie perçoit le théâtre comme une matière vivante, en perpétuel dialogue avec la société. Sans être tendance, le théâtre malgache survive. Et avec des compagnies comme Ako, il démontre qu’il n’a pas encore tout dit — et des publics à toucher, même au compte-goutte.

Lucas Rahajaniaina

Contact : 0348819106
Facebook : Compagnie Ako

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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