Missah : Retour en solo
2 mars 2021 // Musique // 16689 vues // Nc : 134

Visage familier de la scène rock locale, Misa (désormais orthographiée Missah) opère son grand retour en solo. Ses fans ont pu en avoir un aperçu en octobre dernier avec la sortie du single « Tsy kwa » (pas de souci). Une approche murie pour une musique plus consensuelle, qui s’en plaindrait ?

Pour les aficionados du rock de la capitale, Missah est tout sauf nouvelle. Entre la fin des années 2000 et le milieu de la décennie qui vient de s’achever, le groupe One dont elle était la principale parolière et vocaliste s’est souvent fait remarquer, en bien cela va sans dire. Malheureusement, jamais assez pour sortir de la confidentialité imposée par l’underground et ses passionnés toujours un peu dans l’exclusive. Pour autant, la belle n’entend pas larguer ses fans historiques, puisque son dernier single, accessible sur la plateforme Bandcamp, est la reprise réarrangée d’un titre de l’époque One. On y retrouve la voix feutrée de Missah jouant de contraste avec des guitares tantôt saturées, tantôt paisibles, le tout ponctué de riffs enflammés. « Ça donne au morceau des accents plus pop qu’avant », reconnaît-elle, tout en assumant que tout ce qu’elle écrit est empreint de sa personnalité et de son histoire. La preuve, d’autres titres de One seront repris.

Mais pourquoi ce retour après toutes ces années d’absence ? « J’ai été amenée à voyager loin de la capitale pour mon boulot, idem pour mes potes de One qui ont été pris dans plein d’obligations qui ne nous permettaient plus de continuer ». Mais aujourd’hui le but est un peu différent d’il y a dix ans : au simple plaisir de jouer vient se greffer la volonté d’apporter des conseils salutaires à ceux qui sont appelés à reprendre le flambeau. En rappelant notamment que la route du rock n’est pas que jonchée d’amour et de bière fraîche, qu’il y a un « certain nombre de conneries à éviter ». « Anna’s song » s’attarde ainsi sur la pratique de l’automutilation. « Des jeunes font ça pour tenter de répondre à un environnement de plus en plus toxique humainement, et mais ça devient une sale habitude et parfois une vraie addiction.  J’essaie de leur montrer que cette pratique ne fait que les éloigner de ce qu’ils réclament ».

Musicalement, Missah puise dans sa mythologie rock personnelle avec aussi bien Alanis Morissette, Natalie Imbruglia ou KT Tunstall, chez les dames, que Led Zepp ou Ozzy chez les mecs. Un tel éclectisme n’est pas toujours facile à mettre en boîte, mais la jeune femme ne désespère pas de trouver un jour la recette magique « Définir ce que je joue est compliqué. À l’époque de One, on faisait partie des groupes qui se faisaient huer, car trop différents, trop décalés. On nous traitait de snobs et en plus on avait fait le choix de chanter en anglais, c’est dire ! » En attendant, son album, dont la grande majorité des titres est prête, devrait voir le jour pour 2022 au plus tard.


Propos recueillis par Eva Rasamison

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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