Bière au riz rouge, le vrai goût malgache !
5 mai 2022 // Diaspora // 2417 vues // Nc : 148

Jeune entrepreneur installé à Paris, Ratia Rabemananoro s’est lancé dans la création d’Apango Beer, une bière artisanale à base de riz rouge de Madagascar. Une mousse qui fait sensation (avec modération, bien sûr) !

À Madagascar, il s’est inscrit à l’École supérieure de métiers et des arts plastiques (Emap) pour finalement intégrer une école d’architecture à Paris. Après l’obtention de son diplôme d’architecte en 2008, il s’oriente dans un parcours professionnel dans le design et le graphisme. « Mon objectif premier n’était pas forcément de devenir architecte, mais de pratiquer un métier créatif. » En 2019, Ratia Rabemananoro créé son propre studio créatif et accompagne les marques dans la réalisation de leur identité graphique, de la communication visuelle au packaging. Il collabore alors avec une brasserie artisanale qui souhaitait de nouvelles étiquettes pour sa gamme de bières. « Pour être honnête, à ce moment-là je n’y connaissais pas grand-chose en bière et encore moins en bière artisanale. Et c’est en effectuant des recherches et en m’intéressant aux processus de fabrication, en découvrant la diversité de styles de bières, au-delà du simple qualificatif de couleur blonde, blanche, brune, que je me suis passionné. »

En 2020, il lance sa propre marque Apango Beer, une bière artisanale à base de riz rouge de Madagascar. Selon lui, contrairement aux bières industrielles, les bières artisanales se distinguent par leur créativité dans les recettes et la diversité au niveau des styles, les plus populaires étant les bières très houblonnées de type IPA (India Pale Ale), NEIPA (New England India Pale Ale), DIPA (Double India Pale Ale)… Aux États-Unis et en Asie, les bières artisanales à base de céréales comme le seigle, le sarrasin ou le riz font fureur. « Le riz fait partie de la culture gastronomique malgache et je voulais créer une recette de bière qui me ressemble avec un ingrédient inédit et savoureux. J’ai choisi de remplacer une partie du malt d’orge par des grains de riz rouge de Madagascar afin d’apporter de la douceur et des saveurs florales en fin de bouche. J’ai choisi le nom d’Apango, un clin d’œil au ranon-ampango (jus de riz) et aussi parce que le nom sonnait exotique et international. »

Cultivé dans la région d’Alaotra Mangoro, le riz est ensuite importé en France pour la production et brassé en région bordelaise. En créant Apango Beer, Ratia propose des recettes originales comme la Rice Amber Ale, une bière ambrée au riz rouge, au goût caramélisé et saveurs exotiques, ; la Mafana IPA, une bière de style IPA au riz rouge, infusée aux fleurs de brèdes mafana ou anamalaho, saveurs d’agrumes avec une sensation de fraîcheur en fin de bouche ; ou encore la Red Rice Ale, une bière dorée au riz rouge, douce, aux saveurs florales et exotiques. Cette dernière a d’ailleurs reçu deux prix en 2021 :  la Médaille d’argent au Concours international de Lyon dans la catégorie Meilleure bière de style Pale Ale et la Médaille d’argent au France Bière Challenge dans la catégorie Bière de blé et autres céréales.

« En France, le marché de la bière artisanale connaît un essor sans précédent et commence à grignoter les parts de marché des grands groupes industrielles qui monopolisaient les rayons des grandes surfaces et les comptoirs des cafés, hôtels, restaurants. Cet essor s’explique par une évolution des comportements : aujourd’hui, on consomme bio, on favorise  les circuits courts, on privilégie la qualité et la traçabilité des ingrédients. Bref, on boit moins, mais mieux ! » Deux ans après sa création, Apango Beer est apprécié par les consommateurs notamment de la diaspora malgache, mais aussi par les amateurs de bières artisanales et  exotiques. « Le produit plaît pour son originalité et pour sa douceur. Nous sommes distribués dans près d’une quarantaine de points de vente, restaurants et magasins en France et en Belgique. Nous projetons de multiplier par dix le nombre de revendeurs en France d’ici 2023. Nous pourrons ainsi envisager d’ouvrir notre propre brasserie en France et pourquoi pas à Madagascar, avec un outil de production qui nous permettrait de devenir le leader de la bière artisanale aux saveurs exotiques. » Un jeune qui ne brasse pas du vent !


Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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