Mializo Razanakoto (Haikintana Astronomy) « Des exoplanètes baptisées Rapeto et Trimobe »
8 avril 2021 // Assos // 5254 vues // Nc : 135

Dans un pays où seulement 30 % des Malgaches choisissent les filières scientifiques après le lycée et où plus de la moitié sont des hommes, Haikintana a pour mission de vulgariser l’astronomie auprès du plus grand nombre. Petit tour d’horizon avec la fondatrice de l’association.

Haikintana Astronomy en quelques mots ?
L’idée est née lorsqu’une équipe de jeunes passionnés se rencontrent pour la première fois à l’occasion d’une animation de planétarium mobile à Antananarivo début 2015, avec la création d’une page Facebook à la fin de cette même année. Depuis 2018, Haikintana est reconnu officiellement en tant qu’association. À travers nos activités, nous souhaitons encourager les jeunes et surtout les femmes à s’intéresser davantage aux disciplines scientifiques, essentielles au développement du pays. Nous apportons aussi des explications aux croyances et superstitions concernant les phénomènes célestes.

L’astronomie est-elle une science accessible ?
Elle suscite la curiosité de toutes les classes d’âges, mais surtout des enfants. Mais par manque de sensibilisation auprès des écoles publiques, cette science intéresse plus les enfants issus des institutions privées, françaises ou anglaises. Quant aux femmes, Madagascar compte deux astronomes professionnelles travaillant à l’étranger. En 2020, l’astrophysicienne Zara Randriamanakoto basée en Afrique du Sud a reçu le Prix Jeunes Talents Afrique Subsharienne L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, pour ses recherches sur les amas stellaires présents au sein de galaxies où l’activité de formation des étoiles est particulièrement intense. Grâce à la filière astronomie à l’université d’Antananarivo, de plus en plus de filles étudient dans ce domaine et renforcent les rangs des astro-physiciens.

Quelles sont vos activités pour promouvoir l’astronomie ?
Nous partageons régulièrement des contenus scientifiques et nous organisons des concours. Nous avons également créé un groupe HK Unit qui est une plateforme d’échange entre les passionnés sur Facebook avec plus de 650 membres actuellement. Sur le terrain, nous organisons des séances d’observations à Astro Ankadiefajoro durant les périodes propices ainsi que des conférences-débats destinés au public à Habaka Tsimbazaza. Haikintana intervient aussi dans les écoles privées et publiques pour parler d’astronomie à travers des ateliers pratiques.

L’astronomie pour sensibiliser à la protection de l’environnement ?
Depuis 2017, Haikintana participe à la Journée mondiale des astéroïdes (International Asteroid Day). Le programme de la journée s’organise autour de la sensibilisation de la population sur les impacts néfastes des tombés d’astéroïdes sur le territoire. Mais nous utilions aussi l’enseignement de l’astronomie pour  sensibiliser la population à la fragilité de notre planète et à la protection de l’environnement. En mars 2019, Haikintana a participé à la grande marche pour les forêts, à l'occasion du Earth Hour et a planté des arbres durant la célébration des trente ans de l’image Pale Blue Dot (en 1990, la sonde Voyager 1 transmettait l’image lointaine de la Terre comme un « point bleu pâle » dans le système solaire – NDLR)

Le projet Nameexoworlds ?
C’est un projet de l’Union internationale astronomique (UIA) dans le cadre de la célébration de son centenaire en 2019 sur le thème Under One Sky  (Sous un même ciel). Nameexoworlds permet à chaque pays de donner un nom à une exoplanète et son étoile. Ces noms doivent être issus d'un concours national où le public propose des noms et voter ensuite pour ceux qui lui plaisent le plus. Le concours a été ouvert à tous les pays membres de l’UIA dont Madagascar depuis 2019. L’objectif est de célébrer l’unité et la fraternité en tant que « citoyens du cosmos », sans barrière culturel et géographique. Par la suite, les noms Rapeto et Trimobe ont été retenu et se trouvent désormais dans le glossaire des exoplanètes.   

Le futur ?
Pour les prochaines années, Haikintana travaille sur la pérennisation de ses activités à Madagascar et projette de se développer  dans les régions. Nous collaborons également avec des associations à l’étranger pour l’appui de nos projets et la construction prochaine d’un observatoire.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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