Sa voix traverse les langues, fouille les silences et nomme ce que beaucoup préfèrent taire. Révélée par le slam, Mahefasoa Nacha fait de la scène un lieu de combat et de transmission. Championne nationale de cet art poétique, elle s’impose comme l’une des voix qui comptent dans le paysage culturel malgache.


Dès les premiers mots, le flow s’installe. Une verve tendue, précise, des vers qui cognent et racontent les tristes réalités qui gangrènent le pays. Mahefasoa Nacha slame en français, glisse d’un dialecte malgache à l’autre, fait vibrer la langue comme une matière vivante. Dans la salle, le silence se fait dense, presque religieux. Puis les applaudissements éclatent. Sa parole a touché juste. Ce soir-là, en décembre dernier à l’Institut français de Madagascar, la slameuse est sacrée championne nationale de la 16ᵉ édition du Slam National. Une consécration, mais surtout une étape. Car sur scène, Mahefasoa Nacha – connue sous le nom d’artiste Ma Fia – ne se contente pas de réciter des textes. Auteure, elle devient aussi actrice, créatrice, chercheuse de sens, toujours en quête de nouvelles manières de faire vibrer la parole. « Quand je pratique le slam, c’est comme si je priais », confie-t-elle.
Dès les premiers mots, le flow s’installe. Une verve tendue, précise, des vers qui cognent et racontent les tristes réalités qui gangrènent le pays. Mahefasoa Nacha slame en français, glisse d’un dialecte malgache à l’autre, fait vibrer la langue comme une matière vivante. Dans la salle, le silence se fait dense, presque religieux. Puis les applaudissements éclatent. Sa parole a touché juste. Ce soir-là, en décembre dernier à l’Institut français de Madagascar, la slameuse est sacrée championne nationale de la 16ᵉ édition du Slam National. Une consécration, mais surtout une étape. Car sur scène, Mahefasoa Nacha – connue sous le nom d’artiste Ma Fia – ne se contente pas de réciter des textes. Auteure, elle devient aussi actrice, créatrice, chercheuse de sens, toujours en quête de nouvelles manières de faire vibrer la parole. « Quand je pratique le slam, c’est comme si je priais », confie-t-elle.
Au Slam National, Mahefasoa Nacha ne choisit jamais la facilité. Mafia locale, mères célibataires, dérives politiques : ses textes frappent là où ça fait mal. « Il m’est difficile de ne pas parler de corruption, parce que la situation a dépassé les limites », affirme-t-elle. Favoritisme, injustice administrative, normalisation des abus : son slam dénonce un système que beaucoup subissent, mais que peu osent nommer. Représenter la région Boeny n’était pas anodin. « Je devais assurer pour bien porter le nom de ma région », reconnaît-elle. Le public l’a portée, la scène l’a consacrée. Désormais, sa voix veille, et porte, bien au-delà des planches.
Lucas Rahajaniaina
Contact téléphone et Whatshapp 0327101798
Mail : mafiaslameuse401@gmail.com