Mahefa Reboza : Du minimaliste à l’international
16 novembre 2023 // In & Out // 2105 vues // Nc : 166

À deux ans d’existence, le cabinet Mahefa Reboza Architecture and Workshop, dirigé par Mahefa Reboza, remporte le prestigieux prix d’Africa and Arabia Property Award dans la catégorie « Single Residence. » Avec une attention particulière aux détails, le cabinet d’architecture de neuf experts différents s’est démarqué en septembre dernier sur les 200 pays du secteur, par son projet de pied-à-terre à Nosy Faly près de Nosy Be. « Le projet sélectionné est une « petite » résidence avec un living-room, un bureau, et quatre chambres indépendantes, qu’on a créé à Nosy Faly » explique Mahefa Reboza. Présent dans l’Île depuis août 2021, le cabinet part d’idées minimalistes et contemporaines pour créer. L’architecte, après des études en Algérie, un an professionnel à Dakar, et six ans en Afrique du Sud, a décidé de revenir pour s’occuper de sa société à Madagascar.

Les ambitions de Mahefa Reboza Architecture and Workshop bravent les défis du milieu. « Notre vision est d’avoir une empreinte sur l’océan Indien dans les 10 ans à venir. Recevoir le prix a été une reconnaissance que la méthode marche ». Parti d’une pré-sélection internationale, le projet de résidence a connu un vrai tremplin après son prix, et pour la boîte qui prévoit des projets d’autant plus ambitieux. « Nous sommes en train de travailler sur un site sur lequel on voit toute la ville d’Antananarivo, de Ivato à Iavoloha. Mais c’est une énorme responsabilité de créer un projet qui est visible de toute la ville, et qui voit toute la ville. » L’expert espère retrouver des concours d’architecture au niveau national, mais le défi reste dans l’idée de se faire connaître et d’éclairer sur la valeur de la profession. Le cabinet est en lice pour créer une structure exclusivement dédiée au design intérieur, projet que Mahefa Reboza renforce par ses aspirations pour l’architecture au pays. « La qualité exige un professionnalisme, et créé de la valeur, pour fonder un patrimoine aux générations futures. » Dans les multiples défis que subit l’architecture à Madagascar, l’architecte renforce que miser sur la qualité est de tout un intérêt.

Propos recueillis par   Rova Andriantsileferintsoa

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Le 20 mars, journée mondiale du conte, devrait être férié pour l’imaginaire. Rien que ça. Car il fut un temps — pas si lointain — où Madagascar vibrait au rythme des angano, ces récits qui, le mercredi après-midi, clouaient les enfants devant la radio ou la télévision. On n’avait pas école. On avait mieux : Trimobe, Rapeto, Ranoro. Dans les années 80, 90, et même au début des années 2000, toutes les stations ou presque avaient leur programme dédié. C’était un rendez-vous sacré. Les grandmères rassemblaient les petits-enfants autour du foyer, le soir, et les mots devenaient braises. Trimobe, ogre insatiable mais régulièrement dupé par un gamin — ou une fillette paraplégique — apprenait l’humilité à coups de ruse. Rapeto, géant malgache, déplaçait des montagnes sans tractopelle. Ranoro, sirène des eaux profondes, murmurait à l’oreille des rêveurs.Aujourd’hui ? Ces figures glissent doucement vers l’ombre. Illustres inconnus d’une génération qui connaît mieux les superhéros importés que les ogres du terroir. Les écrans n’ont pas cessé de raconter des histoires — loin de là — mais elles viennent souvent d’ailleurs, calibrées, doublées, marketées. On ne va pas jouer les passéistes professionnels, mais tout de même. Car jadis — mot dangereux, je sais — les angano travaillaient l’imaginaire comme un artisan polit une pierre brute. Ils enseignaient sans en avoir l’air. Ils faisaient peur, parfois. Rire, beaucoup. Grandir, surtout. Heureusement, depuis quelque temps, des créateurs de jeux vidéo et de films d’animation gasy réinvestissent ces figures. Avec des libertés narratives, quelques retouches ici et là, certes. Mais l’essentiel demeure : les personnages respirent encore. Alors, en ce 20 mars, la question n’est pas de savoir si le conte survivra à l’ère du scroll infini. Elle est plus simple — et plus vertigineuse : que restera-t-il de nous si nos enfants ne rêvent plus dans notre langue ?

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