Louis Zo Rabearison : Professeur de mouvement
2 juillet 2021 // Arts de la scène // 8982 vues // Nc : 138

Danseur, chorégraphe, pédagogue, il se consacre entièrement à sa passion depuis des années. Performer mais surtout transmettre constitue son univers. La danse reste pour lui avant tout une question d’émotions et de ressentis.

Louis Zo Rabearison est ce qu’on appelle un amoureux du mouvement. C’est d’ailleurs son rôle au sein de l’ONG Zara Aina. Il est professeur de mouvement et responsable de la programmation éducative et artistique auprès des enfants des bas quartiers. Il se focalise sur l’approche pédagogique et les recherches spécifiques sur la danse. « Ces enfants ont une approche totalement différente de ce qu’on appelle mouvement. Pour eux, je crée de nouvelles bases afin qu’ils s’imprègnent mieux de cette discipline. J’adapte certains mouvements du quotidien comme le fait de marcher, de ramasser quelque chose par terre ou de se prendre la main… Mais je cherche également la façon dont une personne peut s’épanouir à travers la danse. »

Pour lui, enseigner, transmettre et échanger sont des valeurs essentielles. Au sein de l’ONG, il met en place différents programmes artistiques que ce soit pour le théâtre ou pour la danse. Ces deux disciplines contribuent au développement personnel, améliorent la concentration, la rigueur… une sorte de thérapie. « Elles ont des points communs surtout dans la façon de faire ressortir les expressions, les émotions, les gestuels… Je travaille en étroite collaboration avec le professeur de théâtre. » Cette initiation à la danse n’est pas uniquement dédiée aux enfants mais aussi aux danseurs, aux enseignants de danses, aux animateurs d’activités parascolaires et aux étudiants. Il a donc animé un atelier lors du Grand Stage Elatra qui s’est tenu au mois de mai dernier. Différentes thématiques sont abordées comme le concept de rythme, le corps et le mouvement et l’intention de mouvement.

Cette passion pour la danse, il l’a héritée de sa mère, professeure de danse contemporaine, mais aussi de son père, professeur de sport. « Quand j’avais 4 ans, ma mère m’amenait à ses cours. Petit à petit, je me suis pris de passion. À 6 ans, elle m’a fait faire de la danse classique et de la gymnastique… En fait, j’ai quasiment pratiqué toutes les disciplines sportives sauf les sports de combat. » À l’adolescence, il se consacre quelque temps à la natation mais l’appel de la danse est le plus fort et après le bac, il s’y replonge. Il étudie les techniques de la danse contemporaine au Rarihasina à Analakely pendant trois ans, mais découvre également la danse de salon durant ses années universitaires.

Hyperactif, il aime les nouvelles expériences ce qui l’amène notamment à intégrer un groupe de danse traditionnelle. « J’ai également repris la danse classique à l’Esca (École Sacré-Cœur Antanimena) auprès de Madame Aimée Razafimahaleo. C’est elle qui m’a poussé à revenir aux bases tout en pratiquant en parallèle la danse moderne et le modern jazz. J’ai ainsi dirigé la Cie Tsiry qui fusionne les danses classique, malgache, contemporaine et le hip hop. » Tout cela lui permet aujourd’hui de s’épanouir et de retrouver cette envie de performer. Zo Rabearison voudrait poursuivre une collaboration à long terme avec tous les danseurs du Grand Stage Elatra. « Nous avons comme objectif de créer quelque chose de pérenne, tous ensemble. Nous voudrions participer à différents événements comme des festivals, que ce soit ici ou ailleurs. » Danser, c’est travailler en permanence avec le monde.


Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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