Lapa RN7 : Bienvenue au palais
5 octobre 2020 // Sortir // 5272 vues // Nc : 129

Concerts, expositions, restauration… le Lapa RN7 veut promouvoir toute cette richesse culturelle et artistique de Madagascar. Un lieu de vie où tous les sens sont en éveil.

Situé à Soanierana, le Lapa RN7 est un mélange de galerie d’art, de restaurant et de salle de concerts. Ouvert en juillet dernier, en plein confinement, l’établissement a été créé à l’initiative de cinq amis d’enfance, Tex, Tahina, Rina, Naty Kaly et Noah, tous membres de l’association Jamerla basée à la cité Ampefiloha. « L’association œuvre pour le développement et la promotion de la culture dont les projets Rangotra, Kozy25, Taninjakana et maintenant Lapa », explique Noah. Certains sont des artistes, d’autres spécialisés dans l’organisation d’événements culturels. Baignant dans le milieu depuis des années, ils ont compris les difficultés que rencontrent les artistes malgaches et ont voulu leur offrir une infrastructure où s’exprimer. Pourquoi Lapa (palais) ? « On voulait un nom facile à prononcer et porteur de mémoire. Nous nous sommes renseignés auprès de chercheurs malgaches pour savoir si dans un palais royal traditionnel, il y avait un lieu dédié aux fêtes. Il y en avait un, mais compliqué à prononcer, alors on s’est rabattu sur palais. »

L’espace est aménagé pour pouvoir accueillir des activités destinées aussi bien aux enfants, aux jeunes qu’aux adultes. « L’interculturalité est une des valeurs que nous essayons de mettre en avant. Nous avons remarqué qu’un des blocages au développement de ce pays est le manque de dialogues entre les ethnies. Comme nous sommes sur une île et que la grande majorité n’a pas les moyens de voyager, nous essayons de faire voyager à travers nos activités. » La programmation est riche et variée représentant toutes les expressions artistiques : danse, peinture, musique, slam… Un voyage culturel pour montrer la diversité de la richesse locale.

On a ainsi Avy any Madagasikara, dédié à la musique actuelle, Ankizy an-dapa pour l’éveil artistique des enfants de 4 à 5 ans, Ranty pour les expositions de peinture, photographie, sculpture ou installation, Kozy Vain en live pour l’humour, Perf pour les performances de danse, de vidéo mapping, de cirque ou encore Trans Île Vanille pour mettre en valeur la musique traditionnelle, façon mandry ampototse (fête dans le Sud où les groupes de tsapiky jouent toute la nuit) ou baly majofo (bal poussière dans le Nord).

Chaque programmation est une véritable découverte. Mais le Lapa est aussi le palais des délices. La bonne bouffe tient une place importante car la cuisine, c’est aussi de l’art, non ? Le Kaly an-dapa, c’est donc un mélange de saveurs : du magret de canard séché, du foie gras, des rillettes de canard, du pintadeau ritra à la malgache, des camarons flambés au vieux rhum, des grillades… De quoi satisfaire tous les palais ! Tana ne sera pas la seule ville à bénéficier de toute ces activités car des Lapa seront bientôt érigés sur d’autres routes nationales.

Propos recueillis par Aina Zo Raberanto

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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