La Taverne des Pirates : Tout feu, tout flamme
1 septembre 2025 // Gastronomie // 7229 vues // Nc : 188

Marc Barthélémy de La Taverne des Pirates à Sainte-Marie a déterré un truc du Moyen Âge pour épater la galerie. Son flambadou fait fureur à Nosy Boraha depuis juillet dernier. Une technique vieille de mille ans remise au goût du jour, et les gourmands adorent le show.

Depuis juillet dernier, les convives de La Taverne des Pirates, à Sainte-Marie, repartent avec des étoiles dans les yeux… et des flammes dans leurs souvenirs. L’explication est quelque peu curieuse. Le patron de l’établissement, Marc Barthélémy, a redonné vie à un ustensile culinaire presque oublié, le flambadou. Oui, c’est ce cône en métal fixé à une longue tige, originaire du sud-ouest de la France et utilisé depuis le Moyen Âge, qui – chauffé dans les braises – fait couler de la graisse embrasée sur la viande ou le poisson, créant une pluie ardente qui caramélise et parfume les chairs. Un geste spectaculaire autant qu’une saveur inimitable.

Revenir à un millénaire en arrière, en quelque sorte. « Redonner vie au flambadou, c’est une façon de faire voyager l’imaginaire. On aime penser qu’il a pu accompagner les banquets des pirates, ici même », confie Marc Barthélémy. Et de fait, les brochettes flambées au romarin servies à la Taverne illustrent à merveille cette volonté d’offrir plus qu’un repas : un véritable spectacle culinaire. Le romarin qui s’embrase diffuse des arômes méditerranéens qui se mêlent aux effluves du feu de bois et rappellent la convivialité des tablées d’antan.

Remettre au goût du jour une technique culinaire qui date du Moyen Âge est un pari fou, surtout à mille lieues du Languedoc. Mais pour Marc Barthélémy, choisir Sainte-Marie comme décor n’a rien d’anodin. Le Nosy Boraha, nom d’antan de l’île de Sainte-Marie, a été jadis un repère de prédilection des pirates. Un véritable écrin pour ces bandits de mer. « Le flambadou, c’est le lien entre les traditions européennes et nos produits locaux : le zébu, le poisson, la volaille. On marie deux mondes, deux histoires », explique Barthélémy, qui revendique ce métissage comme une signature. L’esprit pirate s’exprime ici dans le feu, dans l’authenticité rustique et dans la liberté d’inventer.

Et la magie opère. Le public n’est pas resté de marbre. La première fois que le flambadou s’invite à table, les smartphones sortent aussitôt pour immortaliser la scène. Les vidéos circulent sur les réseaux sociaux, les sourires s’illuminent. « C’est cette volonté de surprendre qui nous distingue », sourit le patron. À préciser que cette alchimie est née d’une rencontre entre Marc Barthélémy, un homme du Languedoc, terre où le feu et les herbes aromatiques sont rois, et un chef malgache, dépositaire des saveurs de Sainte-Marie. Une complicité qui donne à cette cuisine son identité singulière.

À la question de savoir s’il s’agit de revisiter la gastronomie malgache, Marc rectifie aussitôt : « Pas revisiter, mais sublimer. » Sublimer, c’est le mot. La Taverne des Pirates ne cherche pas à réécrire l’histoire, mais à la mettre en scène, à lui donner des flammes et des parfums. Et à Sainte-Marie, ce n’est pas seulement une table qu’on réserve, mais une expérience, entre légende, convivialité et feu sacré.

Solofo Ranaivo

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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