La Maison du Numérique : Apprendre, c’est gratuit, comme l’internet !
16 mai 2024 // Assos // 6010 vues // Nc : 172

La connexion y est gratuite. C’est un lieu pour apprendre, et surfer à Ambatonakanga. La Maison du Numérique a ouvert ses portes en novembre 2023, pour être lancé le 20 février 2024. Fenitra Ravelomanantsoa, fondateur, n’esquive pas les défis du milieu dans un pays encore en plein essor numérique comme Madagascar. Head of Cloud Privacy chez Google, il s’assure de la sécurité et de la confidentialité des données, à Zurich, tout en supervisant les activités de cette nouvelle maison pour les étudiants.

Qu’est-ce que la Maison du Numérique ?
La Maison du Numérique est un espace dédié à offrir gratuitement un accès au numérique et des formations au numérique aux enfants, adolescents et étudiants. Notre objectif est de permettre à chacun de profiter des opportunités offertes par le domaine, quelle que soit l’origine sociale. Quand j'ai redécouvert Madagascar, 20 ans après l’avoir quitté avec ma famille, j'ai été frappé par le nombre d'enfants déscolarisés.
La pandémie du Covid a aggravé la situation, beaucoup d’enfants ne sont pas retournés à l’école. Cette situation m'a profondément touché et je me suis senti investi d'une mission : aider ces jeunes à construire un avenir meilleur. Le numérique est un outil de développement puissant et je suis convaincu que l'accès au numérique est vital dans une société de plus en plus numérisée.

C'est pourquoi j'ai eu l'idée de fonder une Maison du Numérique à Antananarivo, un lieu où les enfants et jeunes Malgaches pourraient accéder et apprendre à utiliser les outils numériques et à développer leurs compétences. Mon objectif est de donner à ces jeunes la chance de s'épanouir et de trouver leur place dans le monde de demain. Le numérique peut éveiller leur curiosité, leur donner accès à une multitude de connaissances et les préparer aux métiers de l'avenir.

Prioriser les jeunes ?
La Maison du Numérique est une structure unique à Madagascar - et nous pensons qu’il l’est aussi dans le monde. Notre mission est double : faciliter l’accès au numérique à tous où les jeunes peuvent utiliser gratuitement des outils informatiques et internet pour apprendre et se connecter au monde, et former au numérique les jeunes générations pour qu'ils puissent utiliser et créer les usages numériques de demain. Nous proposons diverses offres de formations. Nos cibles prioritaires sont les enfants issus de milieux défavorisés, les jeunes filles et les étudiants. Les premiers mois d'existence de la Maison du Numérique ont été très positifs. Ils ont confirmé le besoin criant en matière d'accès au numérique et de formation dans notre pays. Chaque mois, nous accueillons et accompagnons environ 550 utilisateurs, des enfants de 7 ans aux jeunes de 35 ans. Une anecdote m'a particulièrement marqué. Un jour, nous avons accueilli un groupe d'enfants qui découvraient deux choses pour la première fois de leur vie : l'ascenseur et l'ordinateur. Leurs joies et émerveillements étaient indescriptibles, et ça a même réveillé les bureaux voisins.

Un concept peu commun pour un projet uniquement social ?
La Maison du Numérique a pour objectif de donner un accès au numérique au plus grand nombre. Cependant, nous sommes conscients que notre capacité d'accueil est limitée. C'est pourquoi nous avons instauré un système d'accès limité en cas d'affluence, c’est-à-dire deux heures par étudiant. Ce n'est pas une solution idéale, mais elle nous permet de faire profiter le plus grand nombre de nos services. J'ai entièrement financé l'ouverture de la Maison du Numérique à Ambatonakanga. Il était important pour moi d'aller vite et de profiter de l'énergie du moment pour concrétiser ce projet qui me tient à cœur. Depuis, nous avons eu la chance de nouer des partenariats précieux avec des acteurs clé du numérique à Madagascar comme ailleurs : Telma, notre partenaire officiel, nous offre la connexion internet dont bénéficient nos utilisateurs et nous accompagne dans la stratégie de notre développement. Il y a également le groupe Envoi nous ont offert des ordinateurs reconditionnés que nous mettons à la disposition de nos utilisateurs, Google nous offre son système d’exploitation et nous fait bénéficier de ses offres de formations aux métiers du numérique, Madagascar Data Camp (MDC), ANKY et SAYNA nous aident à former et à accompagner nos utilisateurs aux différents aspects du monde numérique. Et la Circonscription Scolaire Antananarivo Renivohitra (CISCO) nous aide à atteindre notre public cible en nous mettant en relation avec les écoles de la capitale. Les bénévoles jouent également un rôle crucial dans le fonctionnement de la Maison du Numérique. Ils encadrent les utilisateurs, animent des ateliers et contribuent à la maintenance informatique. Et je tiens à les remercier chaleureusement pour leur engagement et leur dévouement.

Des projets ?
Nous souhaitons d'abord étendre notre capacité d'accueil à Antananarivo. Pour cela, nous sommes à la recherche d'une salle plus grande qui nous permettra de recevoir plus d'utilisateurs. Notre ambition est également d'ouvrir deux nouvelles Maisons du Numérique dans deux grandes villes de Madagascar. Pour mener à bien ces projets, nous avons besoin du soutien de l’écosystème numérique et de toutes les bonnes volontés. Soutenir la Maison du Numérique, c'est contribuer à réduire la fracture numérique et à offrir à tous les jeunes Malgaches la chance de réussir. L'avenir de Madagascar se trouve entre les mains de ses enfants et de ses jeunes. C'est pourquoi il est essentiel de leur donner accès à une éducation de qualité et aux outils qui leur permettront de réussir. Mais nous ne pouvons pas le faire seuls. Nous avons besoin de votre aide.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa
Facebook : La Maison du Numérique
Contact : contact@mgvaovao.com 
Mme Noro, Responsable La Maison du Numérique : +261 38 37 773 93 / +261 33 12 279 42

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Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

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