
Pour s'informer et se divertir, Kim Jah a tranché depuis longtemps. Le web, pas la télé. Randriamihaja Fetra Mandimbisoa — Kim Jah pour les intimes, connu depuis 2015 avec le tube Dila en featuring avec Jhuni — appartient à cette génération qui a naturellement envoyé les médias traditionnels en retraite anticipée. Père de deux enfants, il refuse de reproduire le rituel familial d'antan, ce silence plat imposé par le JT du soir où toute la maison devait s'arrêter de vivre. « Je n'ai jamais fait comme mon père. Aujourd'hui, c'est sur les réseaux que je trouve les infos de mon quotidien », confie-t-il. Chaque plateforme a son rôle bien défini chez lui — Facebook pour la communauté et le contact direct, YouTube pour les documentaires d'une heure et demie qu'il dévore, Spotify pour la découverte musicale. L'époque du matraquage radio est révolue. Place aux algorithmes.
Ce penchant pour le web ne date pas d'hier — il a même précédé le succès. À l'époque où Dila commençait à circuler, ce n'est pas un gros budget média classique qui a lancé le titre.
Un post Facebook, une mise en ligne YouTube, et ce sont les chaînes traditionnelles qui sont venues piocher dans le flux. La leçon était donnée. « Pourquoi subir la rigidité des programmes télé quand on a tout dans la poche ? », glisse-t-il. Sur TikTok, un challenge vieux de six mois appartient déjà à la préhistoire — ça va vite, ça vit, et ça ne demande pas à personne l'autorisation. Après une période plus discrète, Kim Jah prépare son retour avec KIM Jah Organique, une déclinaison acoustique de son univers. Pas de prime time, pas de fioritures — l'annonce se fera là où l'histoire a commencé, en direct sur vos applications préférées.
Tatiana Randriamanakajasoa