Fifaliana Brown : Violon rebelle !
6 mai 2024 // Musique // 14558 vues // Nc : 172

Elle est dotée d’une beauté, d’une voix et d’un talent remarquables. Fifaliana Rakotomandimby, de son nom d’artiste Brown, est une violoniste autodidacte de 24 ans. Son jeu de violon ainsi que son interprétation envoûtante la distinguent comme une véritable perle dans le monde de la musique.

Les vidéos où elle combine le violon avec le chant, jouant des morceaux tels que « Natural Woman » d’Aretha Franklin ou « Tsy hirenireny » de Jaojaoby ont suscité un engouement considérable sur les réseaux sociaux. Contrairement à la perception commune selon laquelle les violonistes se limitent au classique, Brown défie cette idée avec un style qui lui est propre, teinté d’une légère touche rebelle. Elle affirme : « Il n’y a pas que le classique. Moi, je m’aventure dans le jazz, le soul, le gospel, le rap et bien d’autres genres. J’apprécie également le bà-gasy, malgré sa complexité ». Autodidacte, elle a découvert le violon vers l’âge de 14 ans, en tant que soliste dans une association. À l’origine, Brown était davantage attirée par la guitare basse et la batterie. « En tant que chanteuse classique, il y avait des musiciens dans l’association. Un jour, un violoniste est parti et nous avons eu accès gratuitement aux violons. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de m’y intéresser ».

Après avoir quitté cette association, elle a été invitée par Ravo Rabaonarison, leader de Quator Squad depuis 2021, à rejoindre Madagascar Orchestra, un regroupement de musiciens engagés dans la quête de l’excellence musicale. « J’ai repris le violon vers 2019 en jouant pour Jaws Band après une petite pause. C’est en 2020 que j’ai décidé de monter sur scène sous mon propre nom, Fifaliana ».

Depuis qu’elle a rejoint Madagascar Orchestra, Brown a consacré davantage d’efforts à perfectionner sa technique du violon, prenant conscience des erreurs passées. « J’ai dû réapprendre beaucoup de choses, ce qui est vraiment difficile en tant qu’autodidacte, car on ne sait pas toujours si les techniques trouvées sur internet sont les bonnes » explique-t-elle. Pour progresser, elle échange avec d’autres violonistes et a même suivi deux Master class dispensées par un violoniste français confirmé, de passage à Madagascar. En tant que violoniste, Brown est régulièrement sollicitée pour remplacer ses pairs ou pour des collaborations artistiques. « Un jour, le rappeur Willis NBL m’a contactée après avoir visionné l’une de mes vidéos. Il m’a demandé si je pouvais jouer du rap. Ayant un style ouvert en violon, j’ai accepté ». Par ailleurs, elle anime également des évènements privés, notamment des mariages et des baptêmes. Sans avoir à faire beaucoup de publicité, sa réputation se propage essentiellement par le bouche à oreille. À côté de cela, Brown propose uniquement des cours particuliers de violon sur demande des élèves. « Avec mon cousin, j’ai co-fondé une école proposant des cours de musique. Malgré un emploi du temps chargé, j’enseigne le violon lorsqu’un ou une élève exprime le besoin ».

Malgré ses années d’expériences, l’apprentissage des bonnes techniques reste un défi constant pour la jeune autodidacte. « Je suis constamment en quête d’amélioration de mes compétences techniques, ce qui demande beaucoup de temps et d’efforts. Je me réfère ainsi a de nombreux livres pour progresser ». Aussi, elle aspire à laisser une empreinte durable dans le monde du violon et de porter haut les couleurs de Madagascar à l’échelle internationale. « Actuellement, je travaille sur un projet avec Kaira Futur pour sa page Lettre aux inconscients sur Facebook. Il se charge du contenu écrit tandis que je me consacre à la partie son et musique ». En conclusion, Brown incarne l’union harmonieuse entre la grâce et la musique. Comme le disait si bien Ralph Waldo Emerson : « Dans chaque note jouée, réside la beauté intemporelle de l’âme ».

Propos recueillis par  Cédric Ramandiamanana
Facebook : Fifaliana Brown
Contact : +261 34 04 630 26

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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