Felana Randrianarisoa « Le tourisme au village est facteur de développement »
6 novembre 2022 // Assos // 6389 vues // Nc : 154

Accueil Villageois Malagasy (Avima) est une association villageoise œuvrant pour la promotion du tourisme durable et solidaire. Felana Randrianarisoa, sa responsable, nous en dit plus sur cette structure à vocation économique et sociale qui multiplie les actions pour le développement de villages.

Pourriez-vous nous parler d’Avima ?
Avima est une association villageoise œuvrant dans et pour la promotion du tourisme durable et solidaire. Nous sommes présentes sur six sites dans le Vakinankaratra, cinq dans l’Atsimo-Andrefana et deux dans le Diana.
L’objectif de la structure est de permettre un développement territorial via la commercialisation de produits touristiques communautaires à Madagascar.
Dans chacune des localités, nous formons des paysans - regroupés au sein d’une association locale - en matière de restauration, d’hébergement, d’animation, guidage en randonnée et surtout en langues étrangères.
Ce sont ces riverains eux-mêmes qui sont chargés entièrement de l’accueil des touristes.
Les touristes sont hébergés dans des gîtes ou des maisons d’accueil aménagées par les paysans eux-mêmes. Ils consomment aussi des produits du terroir, concoctés selon les spécialités locales.

D’où vient ce projet ?
Il s’agit à la base d’un projet né en 2008 d’une coopération décentralisée avec les régions Auvergne, en France, et Vakinankaratra. Lorsque cette collaboration a pris fin en 2016, nous avons noué un partenariat avec le Programme d’appui à la gestion de l’environnement (Page) de l’Agence de coopération allemande (GIZ), dans les localités où cette dernière opère, à savoir les régions Diana et Atsimo-Andrefana. Ces partenaires techniques et financiers nous avaient déjà soutenu dans le financement de formations et pour notre communication. Il faut rappeler que le but de ce type de tourisme est aussi d’autonomiser les structures villageoises et les paysan. De 2020 à 2022, alors que le secteur du tourisme avait été mis à l’arrêt en raison de la crise sanitaire due à la covid-19, le programme Page/GIZ avait continué à soutenir les paysans dans le cadre de la protection de l’environnement.

Votre vocation est autant sociale qu’environnementale…
L’environnement est une pièce maîtresse du tourisme durable et un des points majeurs de nos actions. Nous sommes convaincus que le manque d’activité génératrice de revenus dans les villages se répercute en négatif sur l’environnement. Ainsi, nous plantons des arbres fruitiers et forestiers, nous nous sommes également lancés dans l’apiculture. Nous nous soucions du développement de chaque localité où l’association est implantée. Pour un séjour Avima vendu, 10 % du prix va dans le développement territorial, comme la distribution de kits scolaires et le renforcement de la sécurité nutritionnelle infantile. Nous contribuons également à des projets de plus grande envergure comme la construction de ponts, le reboisement, la rizipisciculture, l’aviculture, la création de greniers associatifs.

« 10 % du prix du séjour va directement au développement du village »

Comment cela se passe-t-il côté touristes ?
Nous les accueillons dans des maisons typiques de chaque localité. L’équipe en place leur propose des plats locaux à base de produits frais de saison. Et comme on parle de tourisme, nous les emmenons à la découverte de la vie culturelle et économique des villages. Certains vont participer au repiquage de riz, à la pêche avec les enfants, ou encore faire l’artisanat. Nous organisons aussi des circuits et randonnées à la carte, avec option trekking sur les hauts plateaux pour les plus endurcis. Ce sont les paysans eux-mêmes qui se chargent de toutes ces activités. Le soir, des animations artistiques – musique et danse – sont également offertes.

Les touristes reviennent-ils maintenant que les frontières sont rouvertes ?
Le tourisme solidaire et durable attire naturellement les touristes, mais bien sûr il faut combler le trou de deux ans qui a été provoqué par la pandémie. Après plusieurs mois de réouverture des frontières, nous constatons avec soulagement que la tendance est à la hausse. Le nombre de touristes par village varie entre deux et une dizaine par mois. Le séjour est généralement de quatre à dix jours. Nous travaillons de très près avec les tour-opérateurs qui nous programment dans leurs circuits. Nous figurons par exemple dans le grand circuit Antananarivo-Tsingy de Bemaraha : les touristes effectuent un séjour de 24 heures à Anjazafotsy-Betafo, avant de rejoindre ce parc national au nord de la région Menabe. Enfin, nous avons un site Web où l’on peut se renseigner sur nos offres, nous contacter et réserver en ligne. Grâce à nos partenaires, nous avons pu participer à des salons internationaux dédiés au tourisme, à Madagascar comme à l’étranger. C’est par le bouche à oreille mais aussi à travers ces événements que nous nous faisons connaître.


Propos recueillis par Solofo Ranaivo

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Lire

13 juin 2026

Restauration : Palissandre joue la carte de la liberté

Liberté. Le mot est lâché, et il résume tout. Vendredi 12 juin, l'hôtel Palissandre à Faravohitra a dévoilé sa nouvelle carte — un exercice annuel que...

Edito
no comment - Exister en malgache

Lire le magazine

Exister en malgache

Juin à Madagascar, c'est un mois qui déborde. La langue, l'enfant, l'indépendance — trois célébrations bousculées dans trente jours, comme si le calendrier avait, lui aussi, quelque chose à dire. Et si ce n'était pas un hasard ? Ces trois commémorations racontent, au fond, la même histoire : celle d'un peuple qui cherche, depuis 1960, à exister pleinement sur ses propres termes. Pas seulement dans les discours officiels et les défilés — dans la vie réelle, quotidienne, celle qui se joue désormais aussi sur un écran.Car le vrai terrain de la souveraineté culturelle s'est déplacé. Il est numérique, algorithmique, et aussi impitoyable. Une langue absente du web est une langue que le monde n'entend pas — et qu'il finit par oublier. Le malgache, parlé par trente millions de personnes, riche d'une histoire linguistique qui traverse les siècles et trois océans, mérite mieux que l'invisibilité numérique. L'initiative Wikiteny — atelier consacré à l'enrichissement des contenus en malgache sur internet — est allée dans ce sens. Ce type d'initiative doit être multiplié, amplifié, soutenu. Sans attendre.C'est là, précisément, que la langue rejoint l'économie. Une identité qui ne se raconte pas, c'est une culture qui ne se monétise pas — un savoir-faire qui reste sans vitrine. Madagascar exporte sa vanille, ses textiles, sa biodiversité unique. Mais que fait-on de l'autre richesse, l'immatérielle, celle qui ne figure dans aucune balance commerciale et qui, pourtant, vaut de l'or ? Soixante-quatre ans après l'indépendance, la vraie souveraineté se joue peut-être là : dans la capacité à dire qui nous sommes, en malgache — et à faire en sorte que le monde l'entende. Haut et fort.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Making of shooting mode – juin 2026 – NC 197

Retrouvez le making of shooting mode du no comment® magazine, édition Juin 2026 - NC 197
Prise de vue : Le Sohimanga Restaurant
Collaborations : Tanossi – Via Milano mg – HAYA Madagascar - AKOMBA GARMENT MG - CARAMBOLE
Make up : Réalisé par Samchia
Modèles : Elianah, Eyevan, Diamondra, Sitraka, Endrikaja, Mitia, Taniah, Tafita
Photos : Andriamparany Ranaivozanany

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir