Fanantenana : C'est dans la boîte
19 mai 2026 // Cinéma // 27 vues // Nc : 196

Sacré meilleur acteur aux Novegasy Awards 2026 pour son rôle de Jaona dans Pik’afo, Fanantenana Ranaivosata s’impose comme l’un des visages les plus prometteurs du petit écran malgache. Entre exigence du plateau et regard lucide sur son industrie, il avance — instinct en bandoulière.

Il y a, chez certains acteurs, quelque chose qui ne s’apprend pas. Une présence. Une manière d’occuper le cadre, comme si la caméra les attendait depuis toujours. « Chez Fanantenana, cela saute aux yeux », a souligné le maître de cérémonie quand il avait annoncé le sacre de cet artiste, au mois de mars. « Le talent est ma seule boussole », dit Fanantenana, sans chercher à enjoliver. Pour cet acteur formé à l’école du terrain, on ne s’improvise pas comédien. On le devient, à force de travail, certes, mais surtout parce qu’il y a, au départ, cette étincelle difficile à nommer. Son regard sur le cinéma malgache est sans concession. Oui, les équipements progressent, les tournages gagnent en qualité, les standards techniques s’alignent peu à peu. Mais il manque encore l’essentiel qu’est la formation. Le septième art ne repose pas uniquement sur des caméras dernier cri.

Le déclic date de 2019. Nourri par le théâtre — cette école de la rigueur et de la respiration —, encouragé par un entourage qui croit en sa polyvalence, il se lance. Quelques rôles, des apparitions, puis vient la feuilleton Pik’afo, dans laquelle il interprète Jaona. Un personnage social, ancré, presque charnel. Et cette phrase qu’il répète comme un credo : « Dans le cinéma, une image vaut mille mots. Pas besoin de blablas. » Derrière la lumière, pourtant, la mécanique est plus rude. Le cinéma, dit-il, est un marathon. Apprendre ses textes, répéter, encore, parfois trois fois la même scène, conserver le “feeling” malgré la fatigue. Une discipline presque militaire, qui n’a rien de glamour — contrairement à ce que l’on imagine souvent, à tort.

À côté des plateaux, il y a une autre vie. Études en communication, entrepreneuriat dans l’événementiel et la restauration. Et puis cette routine, presque ascétique : chaque matin, face au miroir, il travaille ses expressions. Cherche le geste juste et fait des auto-corrections. « Le cinéma doit rester une affaire de passion avant d’être une affaire d’argent », martèle-t-il. Et, dans un coin de phrase, presque comme une promesse qu’il se fait à lui-même : « Je n’enterrerai pas mon talent. »

Tatiana Randriamanakajasoa

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Tourisme : Voyager sans ravager

Lire

21 mai 2026

Tourisme : Voyager sans ravager

À Antananarivo, le tourisme veut désormais laisser autre chose que des traces de pas. Les 22 et 23 mai 2026, le Jardin Antaninarenina accueillera la t...

Edito
no comment - Travail, travail, travail… mais lequel ?

Lire le magazine

Travail, travail, travail… mais lequel ?

Le 1er mai, à Madagascar, certains se lèvent à l'aube pour aller… travailler. Pas par oubli du calendrier, mais par nécessité. Il y a quelque chose de presque philosophique là-dedans. Depuis des décennies, le monde entier célèbre ce jour comme une victoire arrachée de haute lutte — Chicago, 1886, le sang des ouvriers sur les pavés, la semaine de huit heures comme horizon promis. Belle histoire. Sauf qu'ici, à Antananarivo comme à Tamatave, la question n'est pas tant de combien d'heures on travaille, mais bien de combien de travaux on jongle simultanément. Prenez ce vieux Mamy. Fonctionnaire le matin, revendeur de crédit téléphonique l'après-midi, et le week-end — discret, mais régulier — petit élevage de poulets en banlieue. Trois activités, un seul homme, zéro fiche de paie qui suffise. Ce n'est pas de l'ambition, c'est de la survie érigée en système. On appelle ça « avoir plusieurs cordes à son arc », expression polie pour désigner une réalité que beaucoup connaissent sans jamais nommer.Car le vrai travail malgache, celui qui fait tourner les familles, se passe rarement sous les projecteurs des statistiques officielles. Il est informel, inventif, insaisissable. Un peu comme ce personnage de Sisyphe — mais version optimiste : Sisyphe qui, en remontant son rocher, aurait trouvé le moyen de vendre des cacahuètes sur le chemin. Alors pour ce 1er mai, fêtons le travail — tous les travaux. Celui qu'on déclare et celui qu'on tait. Celui du contrat et celui du débrouillard. Avec une pensée particulière pour tous ceux qui, aujourd'hui encore, n'auront pas le luxe de s'arrêter pour célébrer. La fête du Travail leur appartient aussi. Peut-être même surtout.Solofo Ranaivo

No comment Tv

Interview - Ferme de la Jungle - Avril 2026 - NC 195

Découvrez la Ferme de la Jungle, dans le no comment ® NC 195 – avril 2026
Nichée à Ambohimanarina, en plein cœur d’Antananarivo, la Ferme de la Jungle de Rajaonarivony Christian offre une escapade nature surprenante : eau, verdure et animaux rares sur près de 5 hectares. Pêche, pique-nique, visites guidées… le site peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Focus

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada, le samedi 21 et dimanche 22 février au Tana Water Front

no comment - Tournoi Komba Overcome de Tekken Mada

Voir