Fanantenana : C'est dans la boîte
19 mai 2026 // Cinéma // 2856 vues // Nc : 196

Sacré meilleur acteur aux Novegasy Awards 2026 pour son rôle de Jaona dans Pik’afo, Fanantenana Ranaivosata s’impose comme l’un des visages les plus prometteurs du petit écran malgache. Entre exigence du plateau et regard lucide sur son industrie, il avance — instinct en bandoulière.

Il y a, chez certains acteurs, quelque chose qui ne s’apprend pas. Une présence. Une manière d’occuper le cadre, comme si la caméra les attendait depuis toujours. « Chez Fanantenana, cela saute aux yeux », a souligné le maître de cérémonie quand il avait annoncé le sacre de cet artiste, au mois de mars. « Le talent est ma seule boussole », dit Fanantenana, sans chercher à enjoliver. Pour cet acteur formé à l’école du terrain, on ne s’improvise pas comédien. On le devient, à force de travail, certes, mais surtout parce qu’il y a, au départ, cette étincelle difficile à nommer. Son regard sur le cinéma malgache est sans concession. Oui, les équipements progressent, les tournages gagnent en qualité, les standards techniques s’alignent peu à peu. Mais il manque encore l’essentiel qu’est la formation. Le septième art ne repose pas uniquement sur des caméras dernier cri.

Le déclic date de 2019. Nourri par le théâtre — cette école de la rigueur et de la respiration —, encouragé par un entourage qui croit en sa polyvalence, il se lance. Quelques rôles, des apparitions, puis vient la feuilleton Pik’afo, dans laquelle il interprète Jaona. Un personnage social, ancré, presque charnel. Et cette phrase qu’il répète comme un credo : « Dans le cinéma, une image vaut mille mots. Pas besoin de blablas. » Derrière la lumière, pourtant, la mécanique est plus rude. Le cinéma, dit-il, est un marathon. Apprendre ses textes, répéter, encore, parfois trois fois la même scène, conserver le “feeling” malgré la fatigue. Une discipline presque militaire, qui n’a rien de glamour — contrairement à ce que l’on imagine souvent, à tort.

À côté des plateaux, il y a une autre vie. Études en communication, entrepreneuriat dans l’événementiel et la restauration. Et puis cette routine, presque ascétique : chaque matin, face au miroir, il travaille ses expressions. Cherche le geste juste et fait des auto-corrections. « Le cinéma doit rester une affaire de passion avant d’être une affaire d’argent », martèle-t-il. Et, dans un coin de phrase, presque comme une promesse qu’il se fait à lui-même : « Je n’enterrerai pas mon talent. »

Tatiana Randriamanakajasoa

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Septembre arrive toujours trop tôt. Comme cet invité qu'on n'a pas invité mais qui sonne quand même à la porte, sourire aux lèvres, valise sous le bras — sauf que là, c'est vous qui faites les valises. Les vacances tirent leur révérence, et avec elles, ce sentiment léger et un peu fou qu'on n'arrive jamais vraiment à décrire mais qu'on reconnaît immédiatement. Ce pincement au coeur, ce vide étrange qui s'installe le dernier soir, quand les étoiles semblent plus belles que d'habitude et que le lendemain matin, il va falloir partir.Ce sentiment, vous n'êtes pas les premiers à le ressentir. Demandez à vos parents. À vos grands-parents. Ils sont tous passés par là, et certains ont même eu la chance que des artistes le mettent en musique pour eux. En 1960, Gary Geld composait « Sealed with a Kiss », cette ballade douce-amère sur les amours estivales qui s'étirent jusqu'à l'automne. C. Jérôme en a fait « Le dernier baiser », et des générations entières ont pleuré discrètement dessus. Joe Dassin avec « L'été indien », Richard Anthony avec « J'entends siffler le train » — même idée, même pincement, autre mélodie. Et plus près de nous, Silo chantait « Eo am-pisarahana » avec cette façon malgache de dire les adieux qui fait mal au bon endroit. Les mots changent, la langue change, mais le sentiment reste identique depuis que les humains passent des vacances et finissent par rentrer.Alors oui, c'est normal. C'est même rassurant, quelque part. Cela dit, ne vous faites pas trop d'illusions non plus. On se promet des choses, le dernier soir — on se dit qu'on se retrouvera l'année prochaine, au même endroit, avec les mêmes gens. Mais l'école — le temps, je plaisante à moitié — peut tout changer. L'autre aura-t-il toujours le même regard ? Les parents choisiront-ils encore cette destination l'été prochain ou décideront-ils soudainement que la montagne, c'est très bien aussi ? Questions sans réponses, réponses sans garantie. Heureusement, vous avez ce que vos aïeux n'avaient pas — les réseaux sociaux, les messages vocaux, les stories et les appels vidéo à minuit. La distance est moins cruelle qu'avant. Le coeur lourd, lui, reste le même. Bonne rentrée quand même.

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