Emy Ga : Pas le genre à accepter les diktats !
10 janvier 2020 // Mode & Design // 7234 vues // Nc : 120

Emy Ga a levé le voile sur sa collection Nosy Mena, le 6 décembre dernier lors de la soirée de gala Modus Mode. Une collection où l’on découvre qu’en plus d’être une véritable showgirl, la styliste est aussi une activiste de la cause environnementale.

Emy Ga a déboulé dans le monde de la mode comme une météorite. En un an seulement, cette styliste de 21 ans, originaire de Toliara, a enchaîné les défilés et est devenue une référence dans le milieu du fashion. Le 6 décembre dernier, elle a dévoilé sa collection Nosy Mena (Île Rouge), fruit de sa collaboration avec la make-up artist Rebecca Camara, à l’occasion de la soirée de gala Modus Mode donnée à l’Alliance Française d’Antananarivo.

À travers cette collection, elle défend une cause qui lui tient à cœur : la protection de l’environnement. « Le nom de cette collection fait référence à ce que Madagascar est devenue, c’est-à-dire une île rouge détruite par les feux de brousses. J’assimile la création de Nosy Mena à une forme d’activisme. C’est une façon d’incit les gens à protéger nos terres. » Emy Ga a créé six lmodèles à partir de chutes de tissus, dans les tons rouges, marron, jaunes et orange qui rappellent l’état actuel de l’île après les ravages causés par les feux de brousses.

Depuis le mois d’août dernier, ses créations se veulent écoresponsables. « Ma prise de conscience ne s’est faite que très récemment. L’industrie de la mode est la deuxième plus polluante du monde. Je ne peux pas me permettre d’exercer mon métier sans prendre en compte l’impact que mes activités ont sur le monde. J’essaye de réduire mon empreinte écologique en utilisant des chutes de tissus. »

Si certains se servent de leurs mots pour raconter leur histoire, Emy Ga utilise ses créations pour se livrer. C’est ce qu’elle a fait avec sa première collection baptisée Tiokan’antimo (Vent du Sud), qu’elle a dévoilé en 2018. À travers ses créqtions, la styliste évoque ses origines tuléaroises et son ascension difficile dans l’univers de la mode en jouant avec des imprimés. « Je suis arrivée de Toliara il y a deux ans. J’ai galéré pendant un an pour percer dans la mode parce que je me suis fait exploiter et j’ai vécu des choses qui m’ont détruite. Cette collection était un rappel de mes origines. Je viens du Sud où les gens sont forts et ne baissent pas les bras à la première difficulté. C’est ce qui m’a aidée à me relever. »

Emy Ga est aussi une styliste anticonformiste qui aime faire le show et qui refuse de céder aux diktats de la mode. Pour cette jeune femme transgenre qui est « en pleine transition », il est important de soutenir les gens dans le processus d’acceptation de leur corps et d’aider la société à adopter un regard plus ouvert et tolérant face à la différence. La collection Sambetoa (On est tous là) a été créée à cet effet. « Qu’on soit gros, maigres, petits, grands, garçons ou filles, on a le droit de s’habiller comme on veut. La mode est faite pour tout le monde, et tout le monde s’habille comme il veut. Je suis contre toutes formes de diktats. » Pour Emy Ga, la mode n’est pas définie par un genre ou une morphologie et comme le montre la collection  Sambetoa, caractérisée par une dizaine de lmodèles fluides et colorés qui conviendront autant aux garçons qu’aux filles.

Après cette année qui est allée à mille à l’heure, Emy Ga prévoit de s’accorder un petit break pour faire le point et mieux préparer son retour. « Quand je reviendrai, je vous promets du spectacle ! » À bon entendeur !

Propos recueillis par  Miora Randriamboavonjy

Laisser un commentaire
no comment
no comment - Bred Madagasikara Banque Populaire : Un an de présence sur le marché

Lire

21 février 2026

Bred Madagasikara Banque Populaire : Un an de présence sur le marché

Bred Madagasikara Banque Populaire célèbre le premier anniversaire de son implantation à Madagascar, sous le slogan « 1 an à vos côtés ». L’établissem...

Edito
no comment - Prêt à offrir

Lire le magazine

Prêt à offrir

Février a ce petit talent sournois : il raccourcit le calendrier, mais allonge sensiblement les factures. On nous dit que c’est le mois de l’amour. Celui où les coeurs s’affolent, où les mots doux résonnent un peu plus fort… et où les caisses, elles aussi, font des étincelles. La Saint-Valentin, si on y regarde bien, c’est un c’est Cupidon avec un partenariat commercial bien négocié. Et quelle mise en scène ! Les vitrines rougissent à qui mieux mieux, les roses voient leur prix grimper en fonction de l’intensité du sentiment, les chocolats prennent des formes de coeur — parce qu’un foie ne ferait pas rêver. Sans oublier les menus « spécial couple » et les offres taillées sur mesure pour les âmes sensibles. Finalement, le 14 février, l’amour se résume souvent à des coffrets cadeaux, des bougies qui sentent bon et des tables réservées longtemps à l’avance. Romantique ? Sans doute. Improvisé ? Pas vraiment.Mais après tout, est-ce vraiment un problème ? Quand on aime, on ne compte pas, dit l’adage. Ou plutôt, on compte moins. Moins les zéros sur l’addition, moins les ficelles parfois grossières du marketing sentimental. L’important n’est pas le prix, mais l’intention — même si l’intention a parfois besoin d’un terminal de paiement. La Saint-Valentin n’a pas inventé le commerce, elle l’a simplement officialisé. Elle donne une belle excuse à ceux qui aiment aimer en grand, et une porte de sortie élégante à ceux qui avaient, une fois de plus, oublié la date. Elle rassure aussi : l’amour devient visible, mesurable, publiable. Sans preuve matérielle, serait-il suspect ? Alors on célèbre. Ou pas. On offre. Ou on écrit. On dîne aux chandelles ou on partage un mofo gasy au coin de la rue. Parce qu’au final, l’important n’est pas ce que l’on dépense, mais ce que l’on investit.
Et là, désolé pour les commerçants, aucune carte bancaire ne fait l’affaire.

No comment Tv

Interview - Dee Andriambelo - Février 2026 - NC 193

Découvrez 𝗗𝗲𝗲 𝗔𝗻𝗱𝗿𝗶𝗮𝗺𝗯𝗲𝗹𝗼, artiste musicienne, dans le 𝐧𝐨 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭® NC 193 - Février 2026
Présente dans plusieurs projets musicaux, elle enchaîne les concerts à travers l’île. Préparant son prochain show avec le groupe de death metal 669, elle accorde une interview à 𝐧𝐨 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭®.

Focus

"Taom-baovao" de l'IFM

"Taom-baovao" de l'IFM, le samedi 24 janvier

no comment - "Taom-baovao" de l'IFM

Voir