Seconde Main : Des mains qui donnent une seconde vie
11 août 2024 // Mode & Design // 7232 vues // Nc : 175

Des pièces fines, uniques, modernes. Ce sont des vestes, des vêtements de tous les jours, qu’on ne peut s’empêcher d’apprécier. Parce qu’elles se différencient, et apportent ce petit truc original à nos tenues : la marque Seconde Main, c’est aussi une mise en valeur du savoir-faire malgache, chose dont Jessica Solomon, sa fondatrice, est convaincue. Depuis 2021, ses ateliers produisent des pièces hors du commun, celles qu’on retrouve à Antsahavola, et ailleurs.

Seconde Main pour artisanat ?
Seconde Main est née de mon désir d'allier esthétique et valeurs profondes, c’est une réaction à la découverte de l'extraordinaire talent des artisans malgaches et de la disponibilité des ressources sous-utilisées. En 2021, j'ai décidé de répondre au besoin de valoriser les savoir-faire locaux à l’international, tout en trouvant une solution aux déchets textiles qui s’accumulent. Transformer deux besoins en solution est pour moi une fierté. Notre gamme respecte à la fois les traditions et répond aux exigences contemporaines du marché. La création chez nous, est un dialogue continu entre mon équipe – qui, au départ, donnaient leurs noms aux pièces – et moi, débutant par mes idées initiales, mais évoluant grâce aux contributions de chaque artisan. Cette approche collaborative garantit que chaque pièce est non seulement esthétiquement plaisante mais également chargée de l'âme de celui ou celle qui l'a façonnée, faisant de nos vêtements des témoignages de l'artisanat collectif.

Donner une seconde vie et raconter une histoire…
Nous choisissons délibérément des matériaux qui ont une histoire, tels que le denim upcyclé ou les chutes d'usine, transformant ce qui était destiné à être déchu en quelque chose de précieux. Cela reflète notre engagement envers la durabilité, et notre respect pour l'environnement, et fournit une nouvelle vie et une nouvelle valeur aux matières négligées pour créer une nouvelle économie. Notre veste en jean tressée “Fitia” m’a marqué. C’est une pièce qui symbolise parfaitement l'essence de notre marque : elle illustre notre capacité à fusionner le haut de gamme et la responsabilité environnementale dans une création qui défie les attentes traditionnelles de la mode. Entièrement tressée à la main, elle illustre une mode qui redonne le temps au temps et qui respecte la matière. D’ailleurs, nous vous invitons à découvrir notre univers à Akāny à Antsahavola, une boutique que nous partageons avec d’autres créateurs malgaches. C’est expérimenter la mode qui ne se contente pas d'habiller mais qui raconte une histoire, soutient des communautés, et célèbre l'artisanat dans toute sa richesse.

Justement, la mode et vous. Racontez-nous l’histoire ?
Ma passion pour la mode a germé pendant mes études à Paris, un épicentre de la haute couture et de l'innovation textile. J'ai été captivée par l'importance du design et du savoir-faire dans la création de pièces qui ne sont pas seulement belles, mais aussi porteuses de valeurs et capables d'impacter positivement la société. Ce désir de transformer la mode s'est finalement concrétisé à Madagascar.

Je me consacre exclusivement à Seconde Main, orchestrant une synergie entre les techniques artisanales traditionnelles et une vision moderne du design, ce qui permet de créer des vêtements et accessoires uniques qui racontent une histoire tout en valorisant les matériaux réutilisés. C’est plus qu'une marque, c'est un atelier où chaque pièce est infusée avec l'intégrité de ceux qui la fabriquent. Nous sommes une communauté qui valorise chaque étape de la création, assurant que nos pratiques enrichissent tant ceux qui fabriquent nos vêtements que ceux qui les portent.

Quelques mots sur Artisanal Couture ?
Choisir Madagascar comme siège de notre atelier n'était pas un hasard, j’y vis depuis maintenant 6 ans, pour une aventure professionnelle d’abord, puis personnelle. J’ai un véritable attachement à ce pays et j’ai envie de transmettre ma vision de Madagascar au monde. Investir dans le développement économique local et préserver des compétences traditionnelles en voie de disparition via des pratiques respectueuses de l'environnement et des gens est pour moi la seule façon de voir l’avenir. À l'avenir, Seconde Main s'engage à étendre sa portée bien au-delà de nos collections actuelles. Au-delà de notre gamme qui vise à créer des séries commercialisables pour démocratiser l’upcycling, nous avons également lancé cette année notre gamme “Artisanal couture” pour continuer de créer en parallèle des exigences du marché et laisser libre cours à notre part artistique. Nous avons également créé FAKA RUGS, une marque de tapis tissée entièrement à la main à partir de chutes d’usine de chez COTONA, à Antsirabe que nous remercions pour le partenariat.

Propos recueillis par Rova Andriantsileferintsoa

Facebook : SECONDE MAIN
Contact : Jessica Solomon,
+261 32 03 326 08

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Les lieux restent presque immuables. On y retrouve les mêmes pièces, des fois un peu usagées, des fois rafraîchies à la hâte. Les mêmes scènes, les mêmes rues, les mêmes places, les mêmes studios improvisés, les mêmes cafés où l’on refait le monde jusqu’à la dernière goutte de café noir. Le décor est planté. Et chaque année, on y rajoute des histoires. Une nouvelle année sans bruit. C’est le cas de 2026. Elle ne prétend pas bouleverser l’ordre établi. Elle n’a pas pour ambition de repeindre en entier le décor. Elle applique juste une nouvelle couche sur une fresque déjà bien fournie. Une couche de plus, ni la première ni la dernière. Et c’est très bien ainsi. La culture, après tout, ce n’est pas un feu d’artifice annuel. C’est une accumulation. Un empilement de récits, de gestes, de tentatives fragiles ou lumineuses.On imagine souvent cela : le même théâtre, la même cour d’école transformée en espace de spectacle, la même salle municipale qui sent le bois et la poussière. Et pourtant, chaque année, on y a perçu autre chose. Une oreille différente. Une nouvelle boule de rage. Un espoir plus petit, plus discret. Le lieu n’a pas changé mais l’histoire oui. Et tout dépend de cela. Alors, 2026 ne sera pas une page blanche. Elle inscrira une ligne de plus. Elle aura ses marges griffonnées, ses ratures, ses fulgurances. Certains artistes iront jouer aux mêmes endroits, mais avec d’autres choses à dire. Car on raconte jamais deux fois la même histoire, même quand on croit se répéter. Et puis, c’est plutôt rassurant. De savoir que les lieux tiennent bon. Qu’ils attendent. Qu’ils encaissent le passage du temps alors que nous, on continue à raconter, à chanter, à jouer, parfois même à douter. Le décor est encore là. Les histoires changent. Lentement mais surement, c’est comme cela que se construit le grand récit culturel malgache.

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