Le 28 novembre, le Cercle des Cheminots au PK-0 accueillera la première édition de l’événement Ebène & Or. Mode, gastronomie, danse et créations artistiques s’y croiseront pour raconter une Afrique plurielle. À l’origine de cette soirée, Afrik Style Altesse veut surtout remettre l’identité culturelle africaine sous les projecteurs. Talom Kouam Junior, promoteur de l’événement, nous en dit plus.

« Une nuit, plusieurs cultures et une seule passion », qu’est-ce que cette formule raconte de l’événement ?
Elle résume vraiment notre vision. Nous voulons réunir plusieurs cultures africaines autour d’une même soirée, sans chercher à les uniformiser. L’Afrique est immense et chaque pays possède ses codes, ses traditions, son savoir-faire. Ebène & Or veut justement montrer cette richesse. La mode sera l’un des principaux moyens d’expression, avec des stylistes qui présenteront des créations inspirées de différentes identités culturelles. Il y aura aussi la gastronomie, les danses traditionnelles et plusieurs présentations artistiques. L’idée est que, pendant une seule nuit, le public puisse voyager d’une culture à une autre. Nous voulons aussi rappeler que cette diversité peut être une force. Au fond, nous avons plusieurs histoires, mais une même envie de faire vivre notre culture. Le thème pour cette première édition est « Une nuit, plusieurs cultures et une passion. »
Pourquoi avoir choisi Madagascar pour lancer ce concept ?
Madagascar n’est pas un choix fait au hasard. Afrik Style Altesse est présent sur les réseaux sociaux depuis 2018 et nous avons déjà participé à plusieurs événements culturels dans le pays. Nous avons donc une certaine expérience du public malgache et de la manière dont les événements autour de la culture africaine peuvent être accueillis ici. Pour cette première édition, nous avons voulu commencer là où nous sommes déjà implantés. Madagascar possède lui-même une grande diversité culturelle. Cela crée forcément un terrain intéressant pour parler de l’Afrique dans son ensemble. Nous avons d’ailleurs déjà travaillé avec des acteurs locaux lors de soirées gastronomiques ou culturelles. Cette première édition est donc à la fois un lancement et une continuité. On plante la première graine ici, puis on verra jusqu’où l’arbre peut pousser.
Qui se trouve derrière Afrik Style Altesse et quel parcours vous a conduit à créer aujourd’hui votre propre événement ?
Afrik Style Altesse a été fondé en 2017 par le docteur Ginette Malaïka. La structure est arrivée sur les réseaux sociaux en février 2018 et j’en suis le promoteur depuis 2023. Pour ma part, je suis ingénieur en génie industriel, mais la mode et la culture ont toujours été des passions. Depuis que j’ai repris le relais, nous avons participé à plusieurs événements. Il y a eu la Fashion Night à Soarano et une soirée gastronomique africaine avec l’Afrik’a Table en 2025, la deuxième édition du Buffet du NIL en 2026. Certains événements ont été organisés par nous, d’autres nous ont associés comme partenaires. Cette année, nous avons voulu franchir une étape et créer notre propre concept.

Comment faire dialoguer autant de cultures africaines dans une seule soirée sans tomber dans le simple catalogue folklorique ?
C’est justement l’un des points auxquels nous avons beaucoup réfléchi. Nous ne pouvons évidemment pas représenter toutes les ethnies et toutes les communautés en une soirée. Mais nous pouvons laisser les créateurs travailler sur cette diversité. Un vêtement peut par exemple réunir plusieurs symboles, plusieurs emblèmes ou plusieurs références culturelles. Cela permet d’éviter de mettre une communauté au-dessus d’une autre. Nous voulons d’abord parler des peuples et des pays, puis montrer leurs différentes richesses. L’identité africaine ne se résume pas à une seule image. Même à Madagascar, la diversité est considérable. Nous voulons donc donner aux stylistes suffisamment de liberté pour raconter cette pluralité avec leur propre langage. C’est là que la création devient intéressante, parce qu’elle permet de réunir ce que l’histoire a parfois séparé.
Quels critères ont guidé la sélection des stylistes, artistes et partenaires ?
Nous avons lancé un appel à candidatures et défini plusieurs critères. L’expérience compte, évidemment, mais nous avons surtout regardé la création, son authenticité et le message qu’elle transmet. Un vêtement peut être très beau, très luxueux, mais nous nous demandons surtout ce qu’il raconte. Si quelqu’un porte cette création à Madagascar, ou même en Chine, est-ce qu’on peut encore percevoir une identité culturelle derrière le vêtement ? C’est cette dimension qui nous intéresse. Nous avons reçu plusieurs candidatures et nous avons dû faire une sélection en fonction des critères, des disponibilités et des possibilités de participation. Nous avons aujourd’hui des profils venant notamment de Madagascar et de Côte d’Ivoire, avec d’autres collaborations en cours de finalisation. Le casting est donc pensé comme un véritable voyage culturel.
Entre défilés, gastronomie, danses, documentaire et performances, quel voyage avez-vous imaginé pour les invités ?
La soirée commencera à 19 heures avec un cocktail d’accueil qui donnera déjà le ton. Nous voulons retrouver des saveurs qui évoquent les cultures africaines et le fait maison, avec notamment du mofo gasy, des beignets koki et bananes, du kuikui, du kilishi, du bissap, du jus de gingembre, du tamarin ou encore du ranon’ampango. Ensuite, les invités découvriront un documentaire consacré à l’ébène et à la vision portée par le concept. Il y aura des danses, des défilés de mode et différentes présentations artistiques. Le grand buffet permettra ensuite de poursuivre cette découverte avec des plats représentant plusieurs pays et communautés. Et nous gardons encore quelques surprises. L’objectif est vraiment de faire travailler les sens. On ne vient pas seulement regarder une scène, on vient découvrir, goûter, écouter et se laisser embarquer.
Cette première édition est-elle appelée à devenir un rendez-vous qui circulera ensuite dans d’autres pays africains ?
C’est clairement notre ambition. Nous voulons qu’Ebène & Or devienne un rendez-vous annuel, avec une deuxième édition encore plus aboutie. Pour l’instant, nous commençons à Madagascar parce que c’est ici que nous avons nos attaches et notre expérience. Mais nous n’excluons absolument pas d’autres pays par la suite. L’équipe elle-même est déjà très diverse, avec des Camerounais, des Malgaches, des Congolais, des Ivoiriens, des Gabonais et d’autres profils. Cette diversité nous donne une vision assez large du continent. Et pourquoi pas, demain, intégrer davantage les pays du Maghreb ou organiser l’événement ailleurs ? Tout dépendra de l’accueil et des collaborations. Une première édition, c’est une porte que l’on ouvre. Après, il faut voir qui entre et jusqu’où la fête peut aller.
Propos recueillis par Solofo Ranaivo