Ce jingle — « Davalt Records ! » — résonne comme un coup de tonnerre à la fin des clips de Parish ou Tanjona Randrianarivelo. Derrière cette signature sonore devenue incontournable se cache Davida Alain Tatasoa, alias Papa Davalt. Producteur humble, dénicheur de talents hors pair, il vient d'être récompensé cette année par YouTube avec le trophée des 100 000 abonnés et une dotation mensuelle de 1 500 euros.

Tout commence en 2023 par un coup de tête, un smartphone au poing et des économies personnelles investies dans les premiers clips. Le premier pari s'appelle Parish. Le public accroche immédiatement, les compteurs s'affolent. Deux ans plus tard, Davalt Records gère une écurie de plus de quarante artistes, répartis sur trois studios animés par trois réalisateurs attitrés. En juin dernier, les Music Awards Afrique ont sacré Davalt Meilleur Producteur du continent. Le trophée YouTube a suivi. « Cet argent sert à payer le loyer de notre complexe de création », confie-t-il avec le sourire tranquille de quelqu'un qui réinvestit avant même de fêter.
Le modèle économique de la maison relève de la pure philanthropie artistique. Contrat de trois à cinq ans, totalement gratuit au départ. Studio, logement, nourriture, clips, gestion des dates — tout est pris en charge. « 90% des artistes viennent me demander de l'aide. Je refuse ceux qui ont déjà les moyens. Ce que je cherche, c'est le talent brut », explique-t-il.
L'investissement ne devient rentable que bien plus tard, quand l'artiste monte sur les grandes scènes ou monétise ses réseaux. Côté création, Papa Davalt avoue trouver sa meilleure inspiration dans l'intimité de ses toilettes — c'est là qu'ont mûri les mélodies de hits comme Pour toujours de Goulam, 51 millions de vues au compteur. Sur l'IA, il tranche net : « On ne copiera jamais le génie humain. »
Son prochain grand défi se joue à Antananarivo avec le Glitch Malagasy. Un nouveau studio en cours d'aménagement, bardé d'écrans LED synchronisés, de lumières immersives et d'un salon de beauté intégré pour parfaire l'image des artistes avant le signal Action. Des sessions live d'envergure internationale sont dans les tuyaux. « Le matériel est déjà là, installé », déclare-t-il, l'œil brillant. « J'attends simplement le bon partenariat médiatique pour lancer le premier flux. » Un homme dans l'ombre, qui prépare une entrée en pleine lumière.
Tatiana Randriamanakajasoa